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Commentaire linéaire "Le réquisitoire du vieillard", Chapitre 2, Supplément au voyage de Bougainville, Diderot

Lettre type : Commentaire linéaire "Le réquisitoire du vieillard", Chapitre 2, Supplément au voyage de Bougainville, Diderot. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  5 Janvier 2020  •  Lettre type  •  1 049 Mots (5 Pages)  •  360 Vues

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Le Supplément au Voyage de Bougainville est un compte philosophique écrit par Diderot en 1772 et paraît en 1776. Le texte est la suite de Voyage autour du monde de l’explorateur Français Louis-Antoine de Bougainville. Deux personnages indistincts A et B discutent du fameux livre. À la suite de leur exploration des Terres Tahitiennes, Bougainville et ses hommes repartent en Europe. Le chapitre 2 présente le discours d’un vieillard qui donne son avis sur les mœurs européennes et la colonisation.

Quels sont les enjeux du discours du vieillard ?

Il critique d’abord l’influence dévastatrice que les Européens ont eu sur Tahiti puis il appuie sur l’incompréhension provoquée chez les tahitiens.

Le discours du vieillard commence directement avec une apostrophe « Et toi » puis avec une périphrase péjorative « Chef des Brigands » qui désigne Bougainville. Le mot « Brigands » désigne bien les Européens pour qui le vieillard porte déjà une haine profonde dès le début de son discours, il les voit en effet comme des bandits, des criminels. Son dégoût des Européens s’exprime dans la phrase suivante avec l’utilisation de l’impératif « écarte » qui est doublé d’un adverbe de manière « promptement ». Il distingue formellement les Européens et les tahitiens tout au long du texte et par exemple ici avec l’opposition des déterminants possessifs « ton » et « notre ». La phrase suivante insiste sur le mythe du bon sauvage, qui présente tout indigène comme heureux, innocent et naïf, avec l’anaphore « nous sommes » suivie d’un adjectif mélioratif « nous sommes innocents », « nous sommes heureux », « nous suivons le pur instinct de la nature ».

 Diderot appuie ensuite sur les actions horribles qu’ont commit les Européens en terre Tahitienne en les opposant avec la pureté de ceux-ci « tu ne peux que nuire à notre bonheur » le présent de vérité générale appuie sur l’action forcément négative des Européens sur ces innocents indigènes. Il continue en insistant sur l’utilisation des lois naturelles de Tahiti que les Européens ont voulu remplacer par les mœurs Occidentales « Nous suivons le pur instinct de la nature, et tu as tenté d’effacer de nos âmes son caractère. » Il critique ici le fait que les Européens ont voulu imposer par la force leurs mœurs, coutumes et lois, qui bien évidemment ne peuvent s’appliquer qu’en Occident selon la théorie des climats par exemple. Diderot commence la phrase suivante avec un présent de vérité générale « Ici tout est à tous » cette maxime est opposée avec la phrase suivante « tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien ». L’auteur critique ici le droit de propriété qui est un pilier essentiel de la société Européenne, il la ridiculise même en utilisant l’expression « je ne sais quelle ». L’esprit de conquête impérialiste des Européens est ici encore pointé du doigt car il ne s’exerce pas seulement sur un territoire mais même sur des vies humaines, comme l’exprime l’auteur avec un chiasme « tu as partagé ce privilège avec nous, et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras, tu es devenu féroce entre les leurs ». Ici, Diderot souligne grâce aussi à un parallélisme de construction le comportement dévastateur des Européens qui apportent le chaos partout où ils passent. Il utilise la phrase « elles sont revenues teintes de votre sang » pour signifier que les modes de pensée Européens et leur esprit dévastateur commençait déjà à s’étendre dans les Terres innocentes de Tahiti par le biais de ses filles. Le vieillard, suivant son rôle de devin, prédit l’esclavage de son peuple avec l’antithèse « Nous sommes libres / notre futur esclavage ». Bougainville étant revenu depuis 5 ans à peine, Diderot envisageait déjà la mise en esclavage de ce peuple lointain.

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