Romans de l’énergie – création et destruction
Analyse sectorielle : Romans de l’énergie – création et destruction. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar Gabriel Mallez • 11 Février 2026 • Analyse sectorielle • 954 Mots (4 Pages) • 11 Vues
M. Masquelier - classe de 103
Oral du baccalauréat - explications linéaires 2025-2026
Romans de l’énergie – création et destruction
Texte 1
Honoré de Balzac, La Peau de chagrin
« La tentation du suicide »
Partie 1, « Le Talisman »
Introduction :
Nous sommes au début du roman de Balzac, écrit en 1831. Nous suivons le parcours d’un personnage que l’auteur, qui fait parler un narrateur externe, appelé « l’inconnu ». Mais ayant lu l’ensemble du roman nous savons qu’il s’agit du personnage principal, Raphaël de Valentin. Dans la première scène, au tripot, il a joué son dernier napoléon, ainsi perdu sa dernière chance, et se considère désormais acculé au suicide. Ses pas errants le conduisent insensiblement à la Seine. Balzac interrompt alors le récit pour développer une réflexion d’ordre philosophique sur le suicide.
Lecture
Le texte est composé de deux parties distinctes :
- la prise de parole directe de l’auteur qui présente une réflexion sur le suicide
- la reprise du fil de la narration (à partir de « L’inconnu… »)
Mais dans les deux parties le plan objectif et le ton neutre le disputent à l’effleurement d’une expérience personnelle de Balzac et au ton pathétique. Nous devrons donc nous demander comment définir la nature du texte de Balzac : étude philosophique ou drame tragique ?
Explication :
Explication :
- Présent de vérité générale pour introduire une réflexion philosophique « universelle »
- « Je ne sais quoi », expression idiomatique pour dire la difficulté à cerner une notion + la P1 « je » qui montre l’engagement de l’auteur.
- Adj. « grand » et « épouvantable » = clés de l’œuvre car carac. du genre tragique. Suite texte : hauteur de la chute. « grand homme » et non enfant ou homme banal. Type flou, mais rythme ternaire avec gradation : élévation suprême ((« bien haut / jusqu’aux cieux / paradis »). Mais paradis seulement « entrevu » 🡪 pas un grand de ce monde, mais tout homme ayant vraiment perçu la possibilité de sa grandeur, ou d’une grandeur.
- « Implacables », antéposé, attribut de « ouragans » 🡪 mise en valeur 🡪 fatalité inéluctable. Univers du genre tragique. Dans le même sens, antithèse, quasiment oxymorique, entre « paix de l’âme » et « bouche d’un pistolet ».
- Causes du suicide. L’adv. « combien » : sens exclamatif et interrogatif rhétorique (expliquer). 🡪 intérêt que l’énonciateur porte à ce qu’il énonce.
- Contraste entre le jeune talent confiné et la foule qui s’ennuie🡪 rappel du « mal du XIXème siècle » (l’ennui) et d’une de ses grandes causes identifiées par Balzac : la seule valeur de ce siècle est l’or.
- On glisse alors vers une réflexion précisément sur « l’artiste maudit » (voir plus tard dans l’année notam. Baudelaire) avec un sous-texte autobiographique (Balzac jeune).
- Association du suicide…et du poème. Regard d’un écrivain qui veut immédiatement transformer la matière de l’existence en matière littéraire : antithèse de « poème » (poein, créer) et de « suicide » : la destruction de soi devient objet de création. En pleine période romantique, le sublime rend compte de la capacité de l’homme à dépasser ses limites.
- Expliquer l’étymologie de « mélancolie » si vous voulez.
- L’adresse au lecteur (« Où trouverez-vous ») souligne la volonté de le faire réfléchir. Le récit, loin d’être un pur divertissement, un conte, a pour visée de l’amener à réfléchir sur le monde qui l’entoure et dont les journaux rendent compte chaque jour.
- On perçoit ici une des forces de Balzac : sa capacité de mettre en exergue ce qu’il y a de sublime dans le réel. Son réalisme, loin de nous renvoyer à la médiocrité du banal, nous montre que les passions les plus communes sont aussi les plus terribles[1]. Mieux que le drame ou le roman, l’usage de la prose journalistique, dans sa sobriété, dans son « laconisme », fait paradoxalement surgir ce sublime plus violemment. On est ainsi amené à redéfinir l’opposition entre prose et poésie. La langue prosaïque des journaux rend compte d’un poème sublime.
En revenant sur les larmes de Laurence Sterne, Balzac s’interroge sur l’origine de l’émotion. Le pathétique ne vient pas toujours de la longueur d’une lamentation, mais peut tenir dans quelques mots laconiques derrière lesquels on doit deviner un drame caché.
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