Etude linéaire Lettre X Lettres d'une péruvienne Françoise de Graffigny
Commentaire de texte : Etude linéaire Lettre X Lettres d'une péruvienne Françoise de Graffigny. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar Z • 12 Janvier 2026 • Commentaire de texte • 990 Mots (4 Pages) • 299 Vues
ÉTUDE LINÉAIRE N°6 : Lettre X – Lettres d’une Péruvienne de Françoise de Graffigny
ŒUVRE INTÉGRALE : Lettres d’une Péruvienne (1752)
INTRODUCTION
Amorce : Découvrir un pays inconnu, c’est souvent perdre ses repères et devoir apprendre à regarder autrement.
Présentation de l’œuvre : Le roman met en scène Zilia, une jeune Péruvienne arrachée à son pays, qui découvre l’Europe et en particulier la France. Le regard étranger de l’héroïne permet à l’autrice de questionner les mœurs européennes et la manière dont on juge l’autre.
Présentation du passage : Au début du roman, Zilia est séparée de son fiancé Aza lors de la conquête espagnole et conduite en Europe. Après un long voyage maritime, elle arrive enfin en France, pays qu’elle idéalisait à distance. La lettre X correspond précisément à ce moment clé : Zilia vient de débarquer et découvre pour la première fois la France, ainsi que les réalités matérielles et humaines de ce nouveau monde. Le passage étudié relate d’abord le choc de l’arrivée, puis l’épisode du miroir, avant de s’achever sur une réflexion plus distanciée.
Problématique : On peut alors se demander comment se construit le regard de Zilia sur ce nouveau monde lorsqu’elle se découvre étrangère.
Annonce du plan : : Pour répondre à cette question, nous analyserons d’abord les effets du dépaysement (lignes 1 à 10), puis l’anecdote du miroir (lignes 11 à 18), avant d’étudier la redéfinition de la posture de voyageuse de Zilia (lignes 19 à 20).
MOUVEMENT 1 (LIGNES 1 A 10) : LES EFFETS DU DEPAYSEMENT |
Dans un premier temps, Zilia exprime une forte frustration face à son arrivée en France. Elle oppose clairement l’arrivée telle qu’elle l’avait imaginée à la réalité qu’elle découvre. Le champ lexical affectif (« l’objet de mes désirs », « le bonheur que je m’en étais promis ») montre qu’elle associait la France à une promesse de bonheur. Cette attente est immédiatement déçue par la négation « je n’y vois encore rien », qui marque la rupture entre l’espoir et l’expérience réelle.
Cette déception s’accompagne d’un choc sensoriel violent. Zilia décrit une accumulation de perceptions nouvelles à travers une énumération de verbes de perception : « me frappe », « me surprend », « m’étonne ». Elle est placée en position de pronom complément d’objet, ce qui souligne qu’elle subit ce qu’elle voit. Le champ lexical de la confusion (« impression vague », « perplexité », « incertaine ») montre qu’elle a perdu tous ses repères. Cette désorientation est telle qu’elle finit par douter du seul repère qui lui reste, ses propres sens, comme le montre l’expression « je doute presque de ce que je vois ».
Face à cet intense dépaysement, Zilia tente cependant de réagir en s’appuyant sur son sens de l’observation. Elle cherche d’abord à définir ce qu’elle voit à l’aide de périphrases, comme « la maison flottante » ou « une ville bâtie sur le rivage de la mer », qui signalent son regard d’étrangère. Elle reprend ensuite ses repères incas et entame une analyse comparée des deux univers, notamment à travers l’examen des passants et la structure binaire « si celles-là… celles-ci… ». Son regard reste donc ethnocentré, puisqu’elle juge la France à partir de sa culture d’origine, ce qui montre qu’elle tente encore de se rassurer à l’aide de ses repères d’origine..
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