Redonner du sens au travail - une aspiration révolutionnaire
Fiche de lecture : Redonner du sens au travail - une aspiration révolutionnaire. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar herbert21 • 16 Février 2026 • Fiche de lecture • 1 808 Mots (8 Pages) • 12 Vues
Redonner du sens au travail - une aspiration révolutionnaire
par Coralie Perez et Thomas Coutrot
Introduction :
L’on assiste a une ↑ des démissions CAR les salaires sont bas ET les conditions de travail sont mauvaises (↓sens du travail).
Les syndicats et salariés veulent redonner sens à leur travail pour 4 raisons : 1/création de richesses pour élites + stagnation pouvoir d’achat 2/déclinement du travail intéressant pour la majorité 3/sensation d’inutilité du travail 4/↑préoccupation écologique
-Démocratisation du travail fait-elle perdre sens au travail ?
Travail : activité organisée par laquelle les humains transforment le monde naturel et social et se transforment eux-mêmes.
Chapitre 1 : Qu’est-ce qui donne du sens au travail
« refus d’un travail insensé » : travail mort (relatif aux technologies) écrase le travail vivant (humains) →Cf. Marx
Le travail nécessite un effort, et cet effort peut se transformer en satisfaction OU à l’inverse de la souffrance (dépression, suicide...).
3 dimensions du sens au travail : (majorité de résultats positifs)
→1/ sentiment d’utilité : suis-je utile à travers mon travail ? Fierté de son travail ?
→2/cohérence éthique : travail bien fait ? Faire des choses que je désapprouve ? Assez d’application dans l’élaboration de ce que je dois faire ?
→3/ capacité de développement : puis-je développer mes compétences ? Liberté dans l’organisation ? Ennui ? Est-ce plaisant ?
-Hiérarchisation du sens : les professions peu qualifiées et les syndiqués en ont généralement moins MAIS les professions qui sont en contact avec le public (soin, professorat…) et travaillant dans une petite entreprise en ont davantage.
-Pendant le COVID, les caissier(ère)s, manutentionnaires, infirmier(ère)s, aides-soignant(es) ont vu leur sens au travail augmenter (contraire pour les professions d’art et spectacle).
Chapitre 2 : Un problème de riches ?
Les politiques publiques réduisent le travail à une rémunération en contrepartie d’une pénibilité (Cf. Homo œconomicus) →exemple : RSA, assurance chômage, prime pour l’emploi (2001).
D’où, le sens au travail n’appartiendrait-il qu’aux riches ?
→Opposition dès 1985 entre Homo faber (artisan qui produit objets beaux et durables) ET animal laborans (paysan ou ouvrier qui exécute tâches répétitives) par Hannah ARENDT – La condition de l’homme moderne –.
-MAIS le sens n’est pas que lié à l’argent → exemple : chercheurs du MIT ont employé 2 500 microtaskers et les ont répartis en 3 groupes (1/tâche utile 2/tâche neutre 3/tâche inutile), résultat : la production du premier groupe est de 23 % supérieure.
De plus, les cadres et ouvriers qui perdent le sens au travail souffrent autant (risque de dépression est multiplié par 2 pour les 2 CSP).
-On donne plus d’autonomie et de responsabilité MAIS on intensifie le travail. La subordination n’implique-t-elle pas le non-sens au travail ? Cependant, le travail vivant implique autre chose qu’un engrenage pécuniaire.
Chapitre 3 : Le management par le chiffre
-Dans les grandes entreprises, on redistribue les profits aux actionnaires plutôt que dans la préservation d’emploi.
-1950s : Peter DRUCKER formalise le « management par objectifs » remplaçant les tâches répétitives du taylorisme par des objectifs.
-Remarque : de 1998 à aujourd’hui, il y a déclin de l’autonomie des salariés et une inégalité de l’autonomie entre femmes et hommes.
-« Management désincarné »: le numérique distribue des tâches aux employés (« gouvernance par les nombres ») et il y a en continu une mesure de performance (ex : soignant(e)s doivent alimenter des logiciels (reporting) pour faire part de leur activité, ce qui empiète sur le temps qu’ils ont avec les patients).
→conduit à une dégradation du travail dans l’industrie, le commerce, le service à la personne, la santé, la police, l’enseignement…
-Il y a constamment du changement, que ce soit par un changement de l’organisation du travail, une restructuration, ou encore un plan de suppression d’emploi. Résultat : plus il y a de changement, moins le sens du travail est fort.
-Les établissements ne sont pour la plupart pas indépendants, certains sont sous-traités par les centres de décision. Cela fragilise le sens au travail.
Les salariés étant contraints par des objectifs chiffrés perdent le sens au travail et ont parfois l’impression de travailler pour rien.
Chapitre 4 : Travailler contre la nature
-La préoccupation écologique entre de plus en plus en ligne de compte dans le jugement du sens au travail : « conflit éthique environnemental ».
Les travailleurs peuvent rentrer en conflit avec les organisations écologistes, mais aussi s’aider. C’est le cas principalement pour les ouvriers et paysans ; le diplôme n’a quant à lui pas d’incidence dans le souci environnemental. Par exemple : Karim en décembre 2016 s’est filmé déversant de l’acide dans un crassier pour dénoncer ce qu’on lui demandait d’effectuer.
-Dans le travail prescrit, les travailleurs ne peuvent pas agir. Les syndicats sont donc utiles pour protester face au désastre écologique.
-Il y a également chez les cols blancs ce qu’on appelle des « conflits fonctionnels ». Ce sont les remords écologiques éprouvés par les cols blancs. Ces remords apparaissent grâce aux open space qui font prendre conscience du « conflit éthique environnemental ».
-Pour certains, le travail devient alors insoutenable et c’est ainsi que pas moins de 38% déclarent penser à changer de métier ou de qualification.
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