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La condition humaine, André Malraux

Mémoires Gratuits : La condition humaine, André Malraux. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  23 Février 2012  •  10 270 Mots (42 Pages)  •  1 573 Vues

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« La condition humaine » d'André Malraux est une oeuvre, qui fut publiée tout d'abord en extrait à Paris dans La nouvelle Revue française et dans Marianne, puis elle fut publiée en 1933 aux éditions Gallimard, ce qui valut à l'auteur le prix Goncourt en cette fin d'année. André Malraux était un grand écrivain français, et devint de 1958 à 1969 ministre de la Culture.

« La condition humaine » est ancrée dans le passé. En effet, l'histoire se déroule à Shanghai en 1927 lors de l'insurrection des communistes, alliés à ce moment au Kuomintang. Nous sommes plongés au coeur de l'action grâce au suivi des instigateurs de l'insurrection, mais aussi de ceux qui sont contre eux. Il nous est présenté la prise de Shanghai par les communistes et le Kuomintang, ainsi que la répression de ce dernier face aux communistes qui ont gardé les armes. Il en résultera la mort de plusieurs héros et autres « combattants ».

Dans un premier temps, nous verrons en quoi ce roman est idéologique et politique, puis nous regarderons en quoi il est métaphysique et psychologique.

Le roman d'André Malraux a un contenu politique. Les différentes actions politiques sont inspirées par trois courants : le parti communiste chinois, allié au parti communiste de l'Union soviétique (Komintern), le Kuomintang (nationalistes) et les capitalistes. Rappelons qu'historiquement, le Komintern (qui est l'abréviation de l'expression « Kommounistitcheski Intematsional ») fut fondé en 1919 lors de la fondation de la troisième Internationale et avait pour but d'étendre le communisme dans d'autres pays que l'URSS. Cette internationale communiste à l'image de ses ancêtres (la Première ayant été animée par Karl Marx et Friedrich Engels) fut une association de mouvements révolutionnaires de différents pays dominés inspirés par le marxisme. Ainsi, le Komintern est représenté en Chine, à Han-Kéou, avec pour délégués les pro-staliniens Borodine, Vologuine et Possoz.

Nous commencerons par les actions politiques menées par les communistes. En effet, dès les premières lignes de l'oeuvre, il nous est décrit un meurtre : celui d'un trafiquant d'armes assassinat commis par Tchen, dans le but de récupérer des papiers de transactions illégales d'armes afin d'équiper une partie des troupes insurrectionnelles de Shanghai. Puis ils volent lesdites armes, des pistolets Mauser, et les distribuent aux militants. Le Kominter s'est allié au Kuomintang, mené à ce moment-là par le général Chang-Kai-Shek, et qui avance avec ses troupes sur Shanghai au printemps 1927. Afin de préparer son arrivée, les communistes entament l'insurrection de Shanghai, qu'ils conquerront et « livreront » aux nationalistes. Par la suite, les dirigeants staliniens souhaitent que les militants rendent les armes, mais les communistes chinois (en particulier Kyo et Tchen) refusent (contrairement au Komintern et à Katow qui est un partisan de l'URSS et donc favorable à cette initiative) de les déposer. En effet, depuis que le Kuomintang fut dominé par Chang-Kai-Shek, son armée connut de rapides succès. En septembre, elle s'empara de Han-Kéou, important centre industriel, où le gouvernement chinois se déplaça. Mais un clivage existait entre le Kuomintang et les communistes. Ceux-ci connaissaient un avantage à Han-Kéou où le gouvernement national était dominé par un de ses rivaux favorables à la gauche et où siégeaient le comité central du parti communiste et la délégation de l'Internationale communiste [Komintern]. Han-Kéou était donc le centre de la gauche révolutionnaire, temporairement alliée au Kuomintang. C'est pourquoi on peut dire que Kyo et Tchen représentent l'Opposition de gauche, ou opposition russe, qui est trotskiste et qui suggère une révolution permanente afin que les idées communistes se propagent dans le monde entier. Dans un même temps, Tchen et deux de ses acolytes, Souen et Peï, vont tenter un premier attentat contre Chang-Kai-Shek, mais qui échouer...Puis dans la même journée, mais le soir, Tchen, seul, va réaliser un attentat suicide, qui aurait réussi si sa cible avait été dans sa voiture. Ces derniers actes conduiront à l'extinction provisoire du parti communiste chinois par le nationalisme: l'opposition encore dissimulée éclata à Shanghai en un épisode sanglant qui marqua la rupture de Chang-Kai-Shek avec les communistes. Le nationalisme représenté politiquement par le Kuomintang fera de plus brèves apparitions, bien que les impacts de celles-ci soient considérables. En effet, il est tout d'abord fait allusion dans le texte aux troupes de Chang-Kai-Shek qui se rapprochent de Shanghai et conquièrent de nouvelles provinces, dans le but principal d'empêcher le régime actuel de réorganiser le système politique féodal. Comme il est dit précédemment, ce parti s'associa au parti communiste chinois. Son intérêt était purement militaire et politique : ni les communistes ni les nationalistes chinois ne voulaient de retour à leur ancien système. C'est ainsi que le parti nationaliste soutint les communistes et les aida quelque peu. De plus, le Kuomintang, par cette alliance s'assure un allié d'un poids considérable : l'URSS. Mais ce n'est pas pour autant que les nationalistes apprécient les communistes. C'est pourquoi, à la première occasion, Chang-Kai-Shek fait disparaître ce parti et ses militants : c'est cette répression qui nous est décrite par Malraux... Pour finir, nous allons voir quelle fut la part du capitalisme. Celui-ci est représenté par les coloniaux, Anglais comme Français, ainsi que par les banques (en particulier les Américaines et les Françaises) tout au long du roman. Les principales actions menées sont orchestrées par Ferral. Celui-ci, qui est resté dans un capitalisme colonial conquérant et audacieux, exprime sa volonté de puissance, et use de la colonisation pour faire sa gloire. C'est pourquoi, pour sauver son entreprise, qui est en péril suite à « l'effondrement des cours du caoutchouc » (page 212, évocation d'un « krach »), il fait une alliance indirecte avec Chang-Kai-Shek: les liens entre le Consortium et une grande partie du commerce chinois ont participé efficacement à la prise du pouvoir par le général. Ce qui assure à Ferral un nouveau projet qui devrait redresser ses affaires.

L'oeuvre d'André Malraux fait référence à plusieurs idéologies. En effet, l'auteur fait des références soit directes, soit indirectes à différents idéaux. On distingue ici trois grandes idéologies : le communisme, le capitalisme et le nationalisme.

Le communisme, incarné dans

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