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Compte rendu de la conférence De Robert Castel

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Par   •  11 Mars 2012  •  1 456 Mots (6 Pages)  •  531 Vues

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COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE DE ROBERT CASTEL

Robert Castel est un sociologue français, formé à la fois à l’école de Pierre Bourdieu et de Michel Foucault. La plupart de ses travaux portent sur la précarité, l’exclusion et l’insécurité sociale. Il est directeur d’étude à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

S’appuyant sur le fait qu’on nombre croissant de français reste sans ressources, Robert Castel va tenter lors de cette conférence d’aborder le monde du travail et ses différentes dérives telle que la précarité. Il a précisé en début de conférence qu’il n’était pas praticien de travail social et qu’il ne peut rendre compte des difficultés concrètes.

I) Panorama historique

Entre 1945 et 1975, de nombreuses mesures, réglementations et lois affirment la pertinence de l’emploi. Depuis le début des années 1970, nous avons affaire à une mutation du régime capitaliste (sortie du capitalisme industriel imposé depuis le 19e siècle). La sécurité de l’emploi se développe. Le rapport salarial devient le « statut de l’emploi » (droit à la santé, assurance travail, protection sociale, retraite…). C’est une société inscrite dans une dynamique de progrès économique et social. Une définition du salaire minimum apparait (SMIC) et c’est alors la mise en place d’une société assurantielle face à une société d’insécurité permanente. Nous allons vers un relatif équilibre entre intérêts du marché (productivité, compétitivité des entreprises) et les intérêts du monde du travail acceptant la subordination salariale. En effet, le développement économique avait permis le triplement de la productivité, des revenus salariés et de la consommation. Le droit du travail a donc progressé. On observe un développement considérable du travail social qui se spécialise et se professionnalise. Cependant certains membres de la société restent exclus de ces avancées sociales.

Dès 1973, ce relatif équilibre est rompu. Nous entrons alors dans un nouveau régime capitaliste plus sauvage et moins régulé où règne une concurrence exacerbée en lien avec la mondialisation et ce, sous l’hégémonie du capital financier international. Désormais les droits sociaux acquis auparavant apparaissent comme des obstacles au développement du marché. Il faut les restreindre pour libérer ce dernier d’où les prémices d’une dégradation des conditions salariale.

II) Dynamique de précarisation

Deux manifestations principales peuvent expliquer ces dégradations. D’une part par l’installation du chômage de masse, et d’autre part par la dégradation du statut professionnel. L’ancien statut de l’emploi n’est plus garanti par la durée. La précarité se développe à l’intérieur de l’emploi et se rajoute au chômage de masse. Cette notion de précarité apparue vers fin des années 70 et début des années 80 n’est plus la même réalité qu’auparavant. En effet, avant pensée comme un état provisoire de l’emploi, il est maintenant possible que la précarité devienne durable voire permanente. Le passage de l’emploi précaire à l’emploi durable n’est donc plus systématique. Si ce processus se prolonge, avoir un travail précaire ne sera plus considéré comme atypique. Il faut craindre une institutionnalisation de la précarité.

Ces transformations des conditions de travail et la survalorisation absolue du travail laissent naître la notion de « travailleurs pauvres » depuis une dizaine d’années. Ce terme désigne les chômeurs de longue durée qui subissent de nouvelles conditions salariales en se situant en dessous de la catégorie des salariés. Les garanties que pouvait apporter l’emploi s’amoindrissent et l’apport d’un salaire peut ne plus suffire a couvrir tous les besoins primaires. Le cumul d’un travail et d’aides sociales est possible dans ces conditions (RSA Activité pas exemple).

L’hypothèse émise par Robert Castel est que si cette évolution perdure, une société de pleine activité pourrait voir le jour par opposition à une société de plein emploi trop couteuse à un régime capitaliste comme le notre. L’état de pleine activité évite les assistés. Cela conduit ces nouveaux travailleurs à ne pas être exigeants sur les conditions, les rétributions et la durée de travail.

III) Conséquence sur le travail social

Le type de population concerné par le travail social a évolué. Ces évolutions sont en lien avec les transformations intervenues dans l’ordre du travail, c'est-à-dire lors de l’apparition du terme de précarité. Vers le milieu des années 80, c’est au tour du terme de « galère » de faire son apparition en désignant notamment « les jeunes qui flottent aux marges

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