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L'attribut

Fiche : L'attribut. Recherche parmi 224 000+ dissertations

Par Emilie65  •  29 Janvier 2019  •  Fiche  •  7 688 Mots (31 Pages)  •  40 Vues

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Les attributs

L’usage actuel réserve le terme d’attribut à la fois un type générique de fonction et aux constituants de forme variable qui remplissent cette fonction. Placé dans le groupe verbal, on donne ainsi le nom d’attribut à une fonction syntaxique assumée par un mot ou un groupe de mots, par l’intermédiaire d’un verbe attributif (ou « verbe d’état » : être, demeurer, devenir, paraître, rester, sembler, etc.). Le mot attribut exprime une qualité, une manière d’être, un état ou une propriété que l’on « attribue », ou encore une identité que l’on pose (valeur de qualification, de classification, d’identité, d’appartenance à une classe), à propos d’un autre terme de la phrase, le sujet ou le complément d’objet direct, par l’intermédiaire d’un verbe. Du point de vue de la logique classique,  opposant sujet à prédicat, l’attribut relève du prédicat qui est le commentaire du sujet : il apporte l’information essentielle de la phrase plutôt que le verbe, et est un commentaire du sujet et n’est pas déplaçable ou supprimable. On distingue au moins deux constructions fréquentes : il existe des attributs du sujet (« Cet acteur est devenu une vedette ») et des attributs de l’objet (« On considère cette vedette comme un grand acteur ») : ils ne partagent pas les mêmes propriétés. On distingue une troisième construction rare : L’attribut du COI : « Un impresario astucieux a fait de cet acteur une vedette ».

La relation entre l’attribut et le terme dont il dépend est sémantiquement hétérogène.

I- DESCRIPTION SYNTAXIQUE

A - Formes de l’attribut

  1. Attribut du sujet et complément d’objet direct

On l’a dit, l’attribut entre dans un groupe solidaire de trois éléments : le sujet, le verbe et l’attribut. Il constitue de fait un élément obligatoire du groupe verbal. Aussi partage-t-il avec le complément d’objet direct plusieurs propriétés :

  • il est appelé par une classe définie de verbes
  • Il figure dans le groupe verbal à droite de la tête et n’est pas déplaçable
  • Sa position peut être occupée également par un infinitif ou une complétive : « Je regrette de venir / L’idée est de refaire tout », « Je vois qu’il dort / Son espoir est que je parte »
  • Il est pronominalisable par le pronom personnel neutre ou le pronom relatif régime « le », « que », « en…un », dans une mise en relief : « Il l’a vu » (l’ = mon frère), « il l’est » (l’ = médecin, intelligent), « Heureux qu’il était », « Qu’a-t-il vu ? », « Qu’est-il ? », « Il en a vu un », « Il en est un »

En français cette pronominalisation de l’attribut en « le » est neutre en genre et en nombre (« *Je la/les devins »).

Cependant des différences importantes entre l’attribut et le COD :  

  • Un adjectif ne peut jamais être COD : « *Chris a rencontré gentil »
  • Un nom seul (sans déterminant) peut fonctionner comme un adjectif en fonction d’attribut du sujet et non de COD : « Gérard est [un] médecin », « *Gérard a connu médecin ».
  • En effet, contrairement au complément d’objet qui peut parfois disparaître, l’attribut ne peut être supprimé et est obligatoire (= fonction essentielle, au plus haut degré). Toute phrase dont on supprime l’attribut devient agrammaticale : « *Il devient », « *Il est considéré comme », « *Cet homme semble », « Il paraît charmant » / « *Il paraît » , « Paul fume », « *Paul est »
  • L’attribut du sujet se pronominalise toujours en « le », pour les deux genres, au singulier et au pluriel : « les filles sont devenues expertes » => « Expertes, elles le sont devenues »
  • L’attribut du sujet peut être représenté par l’adverbe « ainsi » : « Chang est vraiment méfiant, il est devenu ainsi depuis qu’on lui a volé son scooter ».
  • L’attribut peut être groupe adjectival ou groupe nominal : « *Je vois heureux ». S’il est groupe adjectival, il s’accorde en genre et en nombre avec le sujet, s’il est groupe nominal, il est souvent dépourvu de déterminant (« il est médecin / marin »), ce qui lui ôte son autonomie référentielle.
  • la variété des parties du discours susceptibles de jouer le rôle d’attribut du sujet.
  • La nature du sous-ensemble de verbes qui se construisent avec un attribut du sujet : le COD est relié au sujet par un verbe d’action et le sujet et le COD sont relativement distincts avec une supériorité du sujet sur le COD ≠ l’attribut est relié au sujet par un verbe d’état et on peut envisager une égalité entre sujet et attribut du sujet.
  • Les verbes qui appellent un attribut ne sont pas passivables (« *Une ouvrière est devenue par Marie », « Une personne obèse est devenue par Georges ») ; corrélativement, dans les phrases au passif, les verbes au participe passé tendent à devenir attributs : « il est aimé », « la maison est habité ».

  1. Les verbes attributifs

La fonction attribut est conférée par une classe fermée de verbes appelés verbes attributifs. On parle traditionnellement de verbes d’état. Qu’est-ce qu’un état ? C’est ce qu’on est. Ces verbes partagent la propriété de ne pas pouvoir être mis au passif, qu’il s’agissent de verbes intransitifs : « Il semble très aimable », ou de verbes transitifs : « Je le trouve très aimable ». Dans ce dernier cas en effet, la présence de l’attribut rend impossible la transformation passive. Il se forme ainsi un groupe ternaire, constitué du sujet ou du complément d’objet, du verbe et de l’attribut ; chacun de ses membres est étroitement solidaire.

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