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Commentaire de texte edit de milan

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Par   •  3 Octobre 2018  •  Commentaire de texte  •  1 822 Mots (8 Pages)  •  292 Vues

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TD Histoire du droit

Séance 2, l’Edit de Milan

PAYET Amelia, L1

COMMENTAIRE DE TEXTE

L’EDIT DE MILAN

Les sociétés démocratiques de notre ère sont basées sur un système d’organisation laïque et pluraliste pas toujours indubitable. De nombreux textes ont, en effet, permis aux communautés passées comme actuelles de développer un certain pluralisme religieux en leur sein.

Lors de l’apogée de l’empire romain, en Occident comme en Orient au cours du IIIème siècle, la religion majoritaire à cette époque est la religion polythéiste, mais l’on peut décréter que le culte entretenu par l’autorité était le culte à l’empereur, plaçant ces derniers au-dessus des Dieux et forçant ainsi l’ensemble des citoyens à les vénérer comme tels. On observe dans cet empire une absence totale de diversité religieuse, mais au contraire, des persécutions violentes envers les chrétiens notamment, refusant de se soumettre au culte public commun. L’édit de Milan présenté ici est l’un des premiers textes fondateurs de cette ouverture aux religions étrangères, on peut parler de texte novateur.

Au IVème siècle, Constantin règne sur l’empire d’Occident (306-337) aux cotés de Licinius (307-324) dans l’empire d’Orient. Les deux empereurs choisissent de s’unir en 313 dans l’objectif d’écrit un Edit destiner à prôner la paix religieuse dans l’empire en rendant la religion chrétienne licite. Constantin, premier empereur à se convertir au christianisme en 312, montre tout au long de son règne et d’avantage encore dans cet écrit, un fort engagement à la mise en place d’une liberté religieuse.

L’extrait que nous étudierons ici est tiré de l’Edit de Milan d’après Lactance, rhéteur à la cour de Constantin, du IIIème et début du IVème siècle.

L’Edit de Milan est, avant tout, une lettre circulaire adressée à l’ensemble des citoyens et des autorités de l’empire romain afin de véhiculer rapidement ce nouvel aspect de la société romaine.

Dans quelle mesure l’Edit de Milan montre-t-il une ouverture d’esprit et une rupture avec le système religieux romain du IIIème siècle ?

Afin de répondre à cette question, nous verrons que cet extrait montre au lecteur un aspect moral tourné vers la tolérance et comment celui-ci a su faire évoluer les mœurs. Nous verrons dans un second temps l’aspect novateur de cet édit sur le plan matériel avec un empire qui cherche à montrer sa bienveillance.

  1. UN EDIT DE TOLERANCE ET D’EVOLUTION DES MŒURS, L’ASPECT PSYCHOLOGIQUE

Souvent appelé édit de tolérance, l’Edit de Milan révolutionne le monde religieux de l’empire d’occident au IVème siècle. Prônant la liberté de culte et la légalisation du christianisme, il bouleverse les idéaux religieux d’Occident comme d’Orient. Ce sera alors la naissance d’un nouveau système politique et l’émergence d’un nouveau culte pour l’empire.

  1. VERS UN PLURALISME RELIGIEUX DANS L’EMPIRE ROMAIN

Depuis la naissance de l’empire romain en 27avJC environ, la religion est considérée comme une manière pour les empereurs d’exercer leur pouvoir sur les citoyens romains. En effet, la religion est considérée comme un marqueur d’appartenance à un peuple. Il n’y avait à l’époque aucune liberté de choix, on parlait alors d’une affaire de communauté : les citoyens devaient suivre la religion de leurs ancêtres, du groupe auquel ils appartenaient. En 313, c’est avec Constantin et son Edit de Milan que l’on passe dans l’empire d’Orient d’une religion « publique » à une religion personnelle. Avant toute chose, Constantin explique dans son texte qu’il désire installer dans son empire une liberté de culte pour toutes les religions. En effet, comme il le dit à la ligne 4, « le respect de la divinité » : la divinité est un terme qui englobe l’ensemble des croyances, des dieux, en lesquels l’homme peut croire, il ne vise donc aucune religion précisément. Il dit également « la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur choix » (l.5) qui montre bien qu’il propose à chaque citoyen romain de croire en la religion qu’il souhaite, mais surtout de pouvoir montrer et pratiquer librement celle-ci. « Tous ceux qui se trouvent sous notre autorité » (l.6) montre bien qu’il s’adresse à tous ces citoyens. Il précise qu’il ne pourra « refuser cette possibilité à quiconque » (l.9), autrement dit, Constantin et Licinius s’engagent tous deux à dissocier le terme de religion avec le terme de citoyenneté. A plusieurs reprises, ils appuient le fait que cette démarche religieuse et de laïcisation de l’empire s’adresse à tous les citoyens et à tous les cultes « celle qui lui croit convenir le mieux » (l.10), « la même possibilité d’observer leur religion et leur culte est concédée aux autres citoyens, ouvertement et librement » (l.23), « pas la moindre restriction à aucun culte » (l.25). Nous pouvons remarquer dans l’ensemble de l’extrait que Constantin utilise de nombreuses fois le terme « libre/liberté » pour montrer au peuple romain que c’est l’objectif qu’il souhaite atteindre : une liberté d’opinion, de croyance, de dieu. Cet édit est donc véritablement novateur dans la mesure où il considère la religion dans son sens général et non plus dans un objectif d’obligation à une croyance. On observe un changement de paradigme.

Si l’empire romain tend peu à peu vers le pluralisme et la liberté pour toutes les religions sur son territoire avec l’Edit de Milan, Constantin s’adresse tout de même plus particulièrement à la religion chrétienne. En effet, persécuté depuis le IIIème siècle dans l’empire, ce texte sera le moyen de rendre le christianisme licite.

  1. RECONNAISSANCE DU CHRISTIANISME

Si peu de citoyens romains se revendiquent chrétiens au IVème siècle (environ 10% de chrétiens), les chrétiens romains sont depuis plusieurs années persécutés et exclus de la société pour leur simple croyance non-conforme au culte de l’empereur. La majorité des chrétiens de cette époque proviennent des catégories populaires de l’empire et ne disposent donc d’aucun pouvoir afin d’imposer leur culte. Les persécutions récurrentes au sein de l’empire envers les chrétiens créés des discordent dans l’opinion publique, c’est pourquoi Constantin précise dans son Edit « problèmes relatifs à la sécurité et au bien public, le bien de la majorité » (l.2-3) : cela montre qu’il considère les chrétiens comme citoyens normaux, sans distinctions. Nous pourrions donc penser qu’avant d’être une conviction personnelle de l’empereur, cette décision est avant tout politique. Il affirme vouloir permettre aux chrétiens de pratiquer librement leur culte comme tout autre religion « aux chrétiens comme à tous » (l.5), « ceux qui ont la détermination d’observer la religion chrétienne de le faire librement et complétement » (l.18), « accorder auxdits chrétiens la permission pleine et entière de pratiquer leur religion » (l.20) : on peut voir qu’il insiste sur l’aspect d’entièreté, de complet, pour montrer qu’il n’y aura plus aucune limite à la religion chrétienne sur le territoire romain. « Nous leur accordons ce droit » (l.22) il utilise le terme de droit pour appuyer sur la naissante légitimité de la religion chrétienne et l’aspect officielle de cette religion qu’il considère comme nouvelle.

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