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Credo de l'imam de la terre d’hégire

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Par   •  15 Décembre 2016  •  Étude de cas  •  28 543 Mots (115 Pages)  •  314 Vues

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Credo de l’imam de la terre d’hégire,

mâlik ibn ànas

-Qu’Allah lui fasse miséricorde-

Par la plume du Docteur

mouhammad ibn 'abdirrahmân al-khoumayyis

Avant-propos du traducteur

L’imam mâlik n’est plus à présenter[1]. Né en 93 de l’hégire et décédé en l’an 179, il appartient aux meilleures générations desquelles le Prophète mouhammad -à lui les éloges et la salutation- disait : « Les meilleurs des gens sont ceux de ma génération ; puis ceux qui les suivent ; puis ceux qui les suivent ! »[2]. Son nom complet est mâlik ibn ànas ibn mâlik ibn àbî ‘âmir al-aSbahî. Il est surnommé « l’imam de la terre d’hégire » puisqu’il vivait et dispensait l’enseignement à Médine, la ville vers laquelle le Messager d’Allah entreprit l’hégire sur ordre d’Allah.

Cependant, il semble que beaucoup de musulmans qui se réclament de son école, en ignorent la réalité, notamment sur le plan dogmatique…

Dans un article de l’AFP (Agence France Presse), signé Farouk Batiche et publié le 26 mars 2013, on apprend que Les autorités algériennes ont récemment autorisé un syndicat d’imams des mosquées pour leur permettre de protéger la pratique religieuse en Algérie, où domine le malékisme, une école de l’islam sunnite afin de contrer l’influence d’autres courants, notamment salafistes ?!? Pour le secrétaire général de ce premier syndicat : « Les Algériens observent le rite malékite. L’imam doit s’y conformer. Il n’a pas le droit de propager des idées venues d’ailleurs, salafistes, wahabites ou chiites »…

Et ce genre de propos est récurrent de la part des dignitaires religieux du Maghreb et du continent africain en général, reniant le credo des « Gens de la Tradition et du principe communautaire » (àhlou sounna wal jamâ’a), encore nommés « salafis » [3], sous l’insidieux prétexte de l’appartenance à l’école Malékite !

Mais le constat est que le malékisme auquel  il est fait référence, n’a de lien avec l’imam fondateur que dans l’étude de ses écrits sur la jurisprudence[4]; car sur le plan doctrinal, les érudits et les populations de l’Afrique du Nord sont majoritairement Acharites, ou purement et simplement des Mystiques (Soufis) sectateurs, qui ne jurent que par le Cheikh de la confrérie d’affiliation[5].

Et si l’imam àboûl hasan al-àch’arî (duquel se réclament les Acharites) est lui-même innocenté de ces interprétations gratuites des attributs Divins, pour être revenu à la voie et au dogme des anciens, vers la fin de sa vie, alors, l’imam mâlik n’a quant à lui, jamais adhéré à ces idées nouvelles et s’en est toujours tenu strictement à la Tradition, dans toute sa pureté !

Pour être plus explicite et plus direct encore, je dirai que l’imam mâlik est un haut représentant de ce que les malékites d’aujourd’hui dénoncent comme étant du « Wahabisme et du Salafisme »… Puisse Allah nous éclairer et guider nos cœurs sur le sentier de la droiture !

Les facteurs à l’origine de la corruption de la croyance malékite au Maghreb. 

  • Le mahdî ibn toûmart (mort en 524 de l’hégire). 

Considéré comme le fondateur de l’Empire des mouwahidoûn (les Almohades), il fut le premier homme à avoir corrompu la croyance malékite. De son vrai nom, àboû ‘abdillah mouhammad ibn ‘abdillah ibn toûmart, il s’autoproclama le mah(Le guide attendu de la fin des temps). Il avait des vues sur le pouvoir qu’il arracha à l’aube du cinquième siècle de l’hégire dans les terres du Maghreb et de l’Andalousie, aux Almoravides (et ensuite, aux Hammadides). Avant cela, il s’était rendu en Iraq pour enrichir sa culture religieuse et fut influencé par le Chiisme. Il avait une tendance à l’ascétisme et à la dévotion qui lui permit, de retour dans le Haut Atlas, de conquérir les cœurs de certains montagnards et incultes peu versés en Islam. Il leur donna quelques enseignements et s’autorisa même à leur montrer de faux miracles afin de les faire adhérer à sa conception de la religion. Il revendiqua notamment être le mahdî annoncé par le Prophète -à lui les éloges et la salutation- et ses adeptes lui vouaient une énorme considération. Il exposa sa doctrine dans un livre intitulé "Le meilleur qu'on puisse chercher" (à'azzou mâ youTlab). En raison des principes Acharites et philosophiques qu’il leur avait inculqués (notamment au travers de petits opuscules en langue Tamazight), ils versèrent  impunément le sang des musulmans en attentant à la vie de milliers d’habitants de la région qui étaient fidèles au traditionalisme. Accusés à tort d’être des mouchabbiha (Assimilateurs) et des moujassima (Anthropomorphistes), les musulmans sunnites en pâtirent de leur vie [6]. Ainsi, ibn toûmart fut à l’origine de l’extension de la croyance Acharite en terre du Maghreb, qui baignait auparavant dans un climat "salafî" (orthodoxe) [7].

al-marâkachî dit dans "al-mou'jab" (page 188) : "Il s'en tenait à l'école de àboûl hasan al-ach'arî pour la plupart des thèmes, sauf pour la confirmation des attributs (Divins). Il rejoignit en cela les Moutazilites dans leur négation, ainsi que pour d'autres questions peu nombreuses…". 

  • àboûl qâsim al-qouchayrî (mort en 465 de l’hégire) et àboû hâmid al-ghazzâlî (mort en 505 de l’Hégire).

L’une des raisons indirectes qui ont contribué à la corruption de la croyance malékite au Maghreb est, à partir du cinquième siècle de l’hégire, la pénétration du soufisme dans les rangs de ses adeptes par l’intermédiaire de deux hommes : àboûl qâsim al-qouchayrî (notamment au moyen de son Epître – risâla) et àboû hâmid al-ghazzâlî (notamment au moyen de son livre, traduit et distribué en français sous le titre de « Revivification des sciences de la religion ») [8].

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