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Evolution du concept de psychotraumatisme et impact sur le statut des victimes

Dissertation : Evolution du concept de psychotraumatisme et impact sur le statut des victimes. Recherche parmi 274 000+ dissertations

Par   •  16 Mai 2022  •  Dissertation  •  1 319 Mots (6 Pages)  •  55 Vues

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Evolution du concept de psychotraumatisme et son impact sur le statut de victime.

La question du traumatisme, de ces mécanismes de développement, et de son étiologie ont de tout temps intéressées les chercheurs en psychologie. Au fil du temps, en lien avec les grands mouvements à l’oeuvre et les actualités socio-économique, de nombreuses théories et de nombreux modèles psychopathologiques ont vu le jour. Ici nous proposerons une présentation chronologique des différents courant de pensée qui se sont succédés du modèle psychanalytique aux modèles comportementalistes et cognitifs, nous présenterons succinctement la pensée de Freud et Ferenczi, puis d’Horowitz, de Mowrer, Foa et Kozak puis Jones et Barlow. Nous nous interrogerons ensuite sur l’évolution du concept à travers la variation de la nature du critère étiologique, les explications du développement différentiel des troubles psychotraumatiques et l’incidence de ces évolutions sur la représentation du statut de victime.

C’est à l’Allemand Oppenheim que nous devons le terme de névrose traumatique : en 1888, il l’utilise pour qualifier un ensemble de symptômes, souvenir obsédant, troubles du sommeil, cauchemars de reviviscence…, apparu chez des sujets victimes d’accident de train. Il attribue l’effroi comme cause principal des troubles. Dans Leçon sur les maladies mentales (1875), le professeur Charcot, récuse la notion de névrose et propose le terme de choc traumatique : ce n’est plus l’effroi mais le choc qui est à l’origine du phénomène de dissolution de la conscience et des différents troubles associés.

En 1895 Freud et Breuer dans Etudes sur l’hystérie proposent un modèle psycho-dynamique du traumatisme, dans lequel le vécu de l’évènement est à l’origine du traumatisme. Pour Freud cet évènement remonte à l’enfance et repose sur un acte de séduction. L’évènement est tel, qu’il ne permet pas de laisser libre cours à ses sentiments et l’enfant ou l’adulte n’est plus en capacité de réagir, il se retrouve figé par la puissance du choc procuré. Pour surmonté le choc le sujet a recourt au « clivage du conscient »: on assiste à une séparation du Moi, qui coexiste mais ne se dialectise pas et à un refoulement de l’évènement traumatisant. L’évènement primaire réapparait plus tard à l’occasion d’un évènement d’apparence banal et entraine chez le sujet une réaction de crise (attaque hystérique) qui semble complètement disproportionnée par rapport à l’élément déclencheur. Par la suite, Freud remet en cause le caractère effectif des agressions, il va alors s’intéresser au processus psychique à l’origine des traumatismes plutôt qu’à l’événement qui relèverait du fantasme. L’évènement n’a plus le pouvoir traumatogène qui est déplacé sur les dérivés de l’inconscient. Freud accorde alors aux motifs intrapsychiques la primauté étiologique. Cependant dès 1920 il revient sur sa position : c’est la violence du choc suite à un évènement bien réel, qui submerge les défenses de la personne et conduit à son incapacité à faire face. Le traumatisme provient de « l’effraction du pare excitation ». Ce n’est plus l’évènement, mais la manière dont la personne le vit qui a une valeur causale.

A la même période, Ferenczi, autre psychanalyste s’intéresse au concept du traumatisme. Il réinvestit l’évènement comme forme causale du traumatisme et reproche à Freud de surestimer le nombre de cas de fantasmes chez ses patients. Il étudie les traumatismes sexuels notamment ceux ayant eu lieu dans l’enfance. Il décrit le traumatisme comme un choc que la victime ne peut surmonter et comprendre et qui conduit à « un morcellement de l’être », le « clivage du moi » : une partie de l’être meurt pour permettre à l’autre de vivre. Chez l’enfant une partie est rempli de tendresse, l’autre a grandi trop vite et devient adulte en s’identifiant à l’agresseur. La victime présente également une forme de honte par rapport à son attitude pendant l’agression, alors même qu’elle est victime elle porte la responsabilité des faits.

Dans les années 80, l’école psychanalytique se rapproche des concepts cognitivistes, notamment à travers les travaux d’Horowitz. Le traumatisme résulte d’une divergence entre les schémas cognitifs connus et la réalité qui ne permet pas l’intégration de l’évènement. L’individu

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