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L'amour Un Besoin Vital

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Par   •  19 Janvier 2015  •  3 130 Mots (13 Pages)  •  459 Vues

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« Généralement, les autres m’aiment bien », « je suis performant dans mon travail », « même si la vie devient difficile, je trouverai les moyens de l’affronter »… Ce genre de conviction manifeste une bonne estime de soi et procure à l’individu bien-être et capacités d’action.

Longtemps en Occident, l’humilité a été un idéal. Emmanuel Kant pouvait ainsi écrire : « L’amour de soi, sans être toujours coupable, est la source de tout mal. » Puis l’individu est devenu la valeur primordiale de nos sociétés, et avec lui son ego. Si Blaise Pascal pouvait écrire : « Le moi est haïssable », quelques siècles plus tard, la formule était ironiquement complétée par Paul Valéry : « Mais il s’agit de celui des autres. » L’estime de soi est aujourd’hui devenue une aspiration légitime aux yeux de tous, considérée comme une nécessité pour survivre dans une société de plus en plus compétitive. La question de l’estime de soi s’est même posée à certains responsables politiques. Ainsi, l’État de Californie avait décrété qu’il s’agissait d’une priorité éducative et sociale de premier ordre (California task force to promote self-esteem and social responsability, 1990) soulignant que « le manque d’estime de soi joue un rôle central dans les difficultés individuelles et sociales qui affectent notre État et notre nation ». Depuis, de nombreuses études ont été conduites sur les bénéfices exacts d’une bonne estime de soi (1).


Les données les plus clairement attestées concernent le bien-être subjectif : l’estime de soi est un facteur robuste de bien-être émotionnel. Elle est aussi un important facteur de résilience face à l’adversité. Par contre, si l’on explore de manière plus spécifique les relations entre bonne estime de soi et résultats obtenus à différents types de performances spécifiques, le rapport n’est pas évident. Ainsi, dans le domaine de la réussite scolaire, la dimension d’autocontrôle est un bien meilleur prédicteur de succès scolaire que l’estime de soi. Il en est de même chez l’adulte. Les rapports sont plus nets en sens inverse : les succès obtenus dans le milieu scolaire ou professionnel sont très valorisants pour l’estime de soi (ce qui semble évidemment très logique). Il existe par contre un résultat très net en faveur des sujets à bonne estime de soi : ils sont capables de persister face à la difficulté beaucoup plus longuement que les sujets doutant d’eux-mêmes, tentés d’abandonner rapidement. Autre donnée intéressante : face à des problèmes qui s’avèrent insolubles, les sujets à haute estime de soi se désengagent plus vite, et identifient plus rapidement qu’il est inutile de s’enliser dans ce que l’on nomme en psychologie expérimentale la « persévérance névrotique ». 


Qu’est-ce que l’estime 
de soi ?


« L’estime de soi ? Eh bien, c’est comment on se voit, et si ce qu’on voit, on l’aime ou pas… », me disait un jour un jeune patient. 


L’estime de soi est une donnée fondamentale de la personnalité, placée au carrefour des trois composantes essentielles du soi : comportementale, cognitive et émotionnelle. Elle comporte des aspects comportementaux (elle influence nos capacités à l’action et se nourrit en retour de nos succès) et cognitifs (elle dépend étroitement du regard que nous portons sur nous, mais elle le module aussi à la hausse ou à la baisse). Enfin, l’estime de soi reste pour une grande part une dimension fortement affective de notre personne : elle dépend de notre humeur de base, qu’elle influence fortement en retour. Les rôles de l’estime de soi peuvent d’ailleurs être compris selon cette même grille de lecture : une bonne estime de soi facilite l’engagement dans l’action, est associée à une autoévaluation plus fiable et plus précise, et permet une stabilité émotionnelle plus grande.


Mais doit-on parler d’une ou de plusieurs estimes de soi ? Le concept d’estime de soi présente les mêmes difficultés que celui d’intelligence : la multiplicité de ses sources et de ses manifestations le rend particulièrement difficile à cerner clairement. Tout comme il semble exister plusieurs formes d’intelligence, il est bien possible que l’estime de soi, plutôt qu’une dimension unique, soit la résultante de plusieurs composantes.


Chez l’enfant, elle recouvre souvent au moins cinq dimensions : l’aspect physique (« est-ce que je plais aux autres ? ») ; la réussite scolaire (« suis-je bon élève ? ») ; les compétences athlétiques (« est-ce que je suis fort(e), rapide, etc. ? ») ; la conformité comportementale (« les adultes m’apprécient-ils ? ») ; la popularité (« est-ce qu’on m’aime bien ? »).


Ces dimensions ne se distribuent pas forcément de manière homogène : un enfant peut, par exemple, présenter une estime de soi élevée dans les domaines de l’apparence physique, de la popularité et de la conformité, mais s’évaluer négativement en matière de résultats scolaires et de compétences athlétiques. Un autre phénomène cognitif intervient également : l’importance accordée à chacun de ces domaines. Si l’enfant se juge favorablement sur le plan scolaire mais estime que ces compétences ne sont pas si désirables que cela dans le milieu où il évolue, l’estime de soi n’en sera alors pas confortée pour autant.


Se positionner « au-dessus de la moyenne »


Il est probable que ces composantes sont assez proches chez l’adulte : il faut simplement remplacer la réussite scolaire par le statut social ; quant aux compétences athlétiques, importantes dans la cour de récréation (savoir se défendre ou échapper aux grands) ou lors du cours de gymnastique (ne pas se déshonorer aux yeux des autres), elles le sont moins dans les couloirs de l’entreprise ou autour de la table familiale. Elles peuvent cependant redevenir importantes pour un adulte dans certains milieux (travailleurs manuels) ou contextes spécifiques (comme les vacances, où les capacités physiques sont remises en avant au travers du sport ou de la mise à nu partielle des corps). Dans tous les cas, se positionner par rapport aux personnes de son environnement immédiat représente l’un des mécanismes fondamentaux d’ajustement de l’estime de soi. L’ensemble des études confirme que pour la plupart des individus, il apparaît en effet capital de figurer « au-dessus de la moyenne ». Jerry Suls et ses collègues, chercheurs à l’université de l’Iowa, ont montré

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