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Cours de systèmes politiques comparés

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Par   •  12 Février 2026  •  Cours  •  25 848 Mots (104 Pages)  •  11 Vues

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ACD - Laurence Morel

Systeme politique comparé (Université de Lille)

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Laurence Morel

Analyse comparée des démocraties

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PARTIE1-DÉMOCRATIEETAUTOCRATIE 2 sur 71

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CHAPITRE1-LESCRITÈRESDE

DISTINCTION

Section 1 - La comparaison des régimes, une tradition fondatrice de la science politique occidentale

La science politique occidentale nait dans la Grèce Antique comme réflexion sur le meilleur régime, cette science politique est à la confluence de la philosophie politique et du comparatisme. La comparaison des régime est abordée au départ par les premiers penseurs politiques soit Aristote et Platon, c’est une démarche première dans la science politique. Le comparatisme permet de commencer à dégager des explications du politique dans une discipline qui ne permet pas de faire de l’expérimentation directe.

I. A la confluence de la philosophie politique et du comparatisme

A. La philosophie politique

Si on veut expliquer ou définir la philosophie politique, il faut expliquer la philosophie. Etymologiquement, en grec, cela veut dire l’amour de la sagesse, du savoir, car le terme ‘sophia’ en grec signifie les deux. Cela traduit une conception du monde et du savoir, le savoir conduit à la sagesse. Cet amour du savoir porte la philosophie à réfléchir au monde qui nous entoure. La philosophie s’intéresse en particulier à trois notion: le vrai, le bien et le beau. Les grandes questions c’est: qu’est ce que le vrai? Qu’est ce qui le différencie d’une chose réelle? Qu’est ce qui prouve qu’on existe? etc… Les branches de la philosophie qui s’intéressent au vrai et au réel sont parfois appelées la logique et la métaphysique. Ensuite, le beau, y a-t-il des critères qui définissent qu’une chose est belle? Est ce naturel ou le fruit d’un art, de la création humaine? Est ce que tout le monde peur concorder sur le beau ou est on dans le relativisme total? Et enfin le bien, l’objet d e la philosophie éthique, est ce que ce qui est bien à un moment donné est universel ?

L a philosophie politique est une branche d e la philosophie éthique, c’est la branche qui s’intéresse au bien de la cité (la polis), la communauté. La philosophie politique qui émerge en Grèce au Vè siècle avant JC, s’interroge sur le bien de la cité et c’est là qu’arrive la question du régime: quel est le meilleur régime pour la cité ? Chaque cité a-t-elle besoin d’un régime

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différent ? L’autre branche de la philosophie étique est la philosophie morale qui s’intéresse à l’individu. Il ne s’agit plus de la polis mais de l’individu, de son bonheur. E n pratique, les philosophes antiques tentent à mêler philosophie politique et philosophie morale parce qu’ils pensent que les deux sont liés dans le sens où le bien de la cité n’est pas réalisable sans le bien de l’individu. Une bonne cité ne peut pas exister sans un bon citoyen. Quelque soit le régime ou les institutions choisies, il ne fonctionnera pas bien si les citoyens ne sont pas vertueux. Inversement, u n individu ne pourra être complètement heureux s’il ne vit pas dans un bon régime.

B. Le comparatisme

C’est une méthode d’investigation, pour observer la réalité. Ainsi, chez les penseurs grecs, la réflexion sur le meilleur régime est loin d’être purement spéculative. Les premiers philosophes grecs parlaient aux gens dans la rue. Le comparatisme apparait comme la méthode naturel pour recenser, classer et expliquer les différents types de régimes. Aristote est le premier grand comparatiste des régimes et il va récolter avec ses élèves des informations sur les institutions des polis grecques. Il va expliquer les différences de régimes et se demander pourquoi telle vie a tel régime. Il va commencer à dégager des possibles facteurs explicatifs qu’il empruntent à tous les domaines (économie, géographie, histoire, géologie, climat, etc…). Cette méthode comparée a été théorisé bien plus tard par E. DURKHEIM. Il explique que le comparatisme c’est l’expérimentation indirecte, cette forme est la seule expérimentation possible en sciences sociales. Elle se distingue de l’expérimentation directe qui n’ait possible que dans les sciences de la nature. L’expérimentation indirecte est le substitut de l’impossible expérimentation indirecte en ce qui concerne les sciences humaines.

L’expérimentation directe c’est celle en laboratoire, ou sur le terrain qui consiste à provoquer un phénomène pour voir ce qu’il se passe et établir un lien de cause à effet entre deux phénomènes. Mais en philosophie politique on ne peut que comparer des faits déjà existants et établir des corrélation entre tel facteur et la question qu’on veut expliquer, la comparaison permet d’observer des régularités, des débuts d’explications, des hypothèses, etc…

II. Les premières typologies de régimes

Les philosophes politiques grecques et en particulier Platon ont structuré la réflexion sur les régimes politiques dans le monde occidental et encore aujourd’hui.

A. Platon

PLATON classe les régimes en fonction de deux critères. Le premier critère est le nombre de gouvernants et il distingue trois cas: un gouvernant (monarchie), petit nombre d’individu (aristocratie), la multitude (la démocratie). Le second critère c’est l’existence de lois qui s’imposent aux gouvernants, peuvent-ils faire tout ce qu’ils veulent ou doivent-ils prendre des décisions qui respectent des principes supérieurs (lois)? Sont-ils au dessus des lois ou doivent ils les respecter dans leurs comportements individuels?

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Pour PLATON, le meilleur régime c’est la monarchie constitutionnelle (ou limité) qui se distingue de la monarchie absolue, c’est le gouvernement d’un seul (monarque, philosophe) qui respecte des lois et agit dans le cadre de la loi.

Limités par la loi

Non limités par la loi

Monarchie

Aristocratie

Démocratie Démocratie

Oligarchie

Tyrannie

La loi selon PLATON peut cependant s’avérer inadaptée dans certains cas et constitue un cadre rigide pouvant nuire à la qualité de l’action publique. L’action politique c’est comme gouverner un bateau, il faut pouvoir faire exactement la manoeuvre pour affronter la situation et la loi empêche l’art politique de s’exprimer complètement, elle ne donne pas la flexibilité nécessaire à la politique. Toutefois elle est nécessaire pour empêcher les abus de pouvoir. Il faut alors que celui qui détient le pouvoir ait une supériorité réelle en terme de connaissance et de morale. La démocratie est le moins bon des régimes bornés par des lois mais le moins pire des mauvais régimes et en terme de qualité c’est le seul régime qui a le même nombre dans tous les cas. Les autres régimes changent de noms quand ils sont bornés par des lois ou non. Le gouvernement de la multitude ne pourra jamais produire de décision excellente, les individus ne sont pas assez compétents et donc ne pourra produire ni un grand bien ni un grand mal.

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