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Crise Des Finances Publiques

Dissertation : Crise Des Finances Publiques. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  13 Novembre 2012  •  1 669 Mots (7 Pages)  •  1 369 Vues

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La première observation qu’on peut faire sur cette question, c’est qu’entre 1999, date de création de l’euro, et la crise financière, en 2007, nous n’avons observé d’explosion de la dette publique dans aucun des pays de la zone euro. Les situations ont été diverses. Dans certains pays, le ratio de la dette publique sur le PIB a fortement diminué, dans d’autres il a un peu augmenté, au Portugal il a assez nettement progressé, mais il n’y a pas eu de mouvement général d’ensemble sur la dette publique au cours de cette période.

En revanche, l’arrivée de la crise a déclenché une très forte augmentation de l’endettement de tous les pays de la zone euro par un mécanisme très simple à comprendre : la crise a entraîné une baisse de la croissance ; la baisse de la croissance a entraîné un effondrement des recettes ; elle a aussi incité les différents gouvernements à augmenter la dépense publique pour soutenir l’activité économique. Baisse des recettes, hausse des dépenses : partout la hausse des déficits a entraîné une hausse de l’endettement. Tous les États ont connu cette hausse de l’endettement, mais elle a été particulièrement importante dans les pays périphériques. La hausse de l’endettement (ratio de la dette publique sur le PIB) a augmenté de 36,8% du PIB en Grèce, de 71,2% du PIB en Irlande, de 24% en Espagne et de 24,7% du PIB au Portugal. (Cf. Tableau 1. supra)

Pourquoi les finances publiques des pays périphériques se sont-elles dégradées dans de telles proportions ?

La réponse habituelle, allemande surtout, imputant cette dérive à une mauvaise gestion des finances publiques, ne paraît pas satisfaisante car, si on met de côté le cas particulier de la Grèce, aucun des autres pays n’a réellement mal géré ses finances publiques. La dégradation des finances publiques des pays périphériques tient à des causes beaucoup plus fondamentales dont la crise financière n’a fait qu’accélérer les conséquences. Ces causes résultent du système-même de l’euro et plus précisément de deux mécanismes inhérents au système de l’euro :

Le premier est l’intangibilité des taux de change entre les pays de l’euro, c’est-à-dire l’impossibilité de modifier les parités de change entre pays appartenant à la zone euro. Si vous conjuguez cette fixité des taux de change avec une évolution divergente des coûts salariaux entre les différents pays de la zone euro, il est évident que ceux qui ont vu leurs coûts salariaux augmenter plus que les autres ont perdu de la compétitivité. C’est exactement ce qui s’est produit : les coûts salariaux des pays périphériques ont augmenté beaucoup plus que ceux des pays du centre, ils ont perdu de la compétitivité et leurs exportations ont été ralenties. De ce fait, leur croissance a été freinée, leurs finances publiques se sont dégradées et, point important, leur balance des transactions courantes s’est déséquilibrée. Voilà pour le premier mécanisme.

Le deuxième mécanisme résulte du principe sur lequel la BCE est fondée. La BCE s’est vu confier une seule mission : la stabilité des prix. Il est donc naturel qu’elle recherche une politique de l’euro fort afin de réduire les tensions inflationnistes au sein de la zone euro. D’une manière plus précise, la BCE vise le taux de change le plus élevé supportable par les pays les plus compétitifs de la zone euro. Ce taux de change, qui convient à l’Allemagne, est évidemment beaucoup trop élevé pour les pays périphériques.

Ces deux mécanismes entraînent une baisse de la compétitivité des pays périphériques, donc une baisse de leurs exportations, une dégradation de leurs finances publiques et un déséquilibre de leur balance des transactions courantes.

Je voudrais ajouter deux précisions au développement précédent :

Si la dette augmente aussi vite, c’est aussi parce que le pays a perdu sa solvabilité budgétaire, c’est-à-dire la capacité de rembourser sa dette. On montre qu’un pays perd sa solvabilité budgétaire lorsque son déficit public est supérieur au produit du taux de croissance de son PIB nominal par le ratio de sa dette publique sur le PIB. En prenant comme base les résultats de l’année 2010, le tableau suivant indique quelle est la réduction du déficit public nécessaire pour que le pays retrouve sa solvabilité budgétaire.

Or à partir du moment où un pays n’a plus la capacité de rembourser sa dette, les marchés lui imposent des taux d’intérêt très élevés, entraînant une hausse des charges d’intérêt donc une hausse des coûts budgétaires, ce qui déséquilibre encore plus les finances publiques de ce pays qui entre ainsi dans un cercle vicieux : le déséquilibre entraîne une nouvelle hausse des taux d’intérêt et ainsi de suite.

Par ailleurs, cette baisse de la compétitivité dont j’ai montré les causes a entraîné une modification de la répartition de la production au sein des pays périphériques en augmentant la part non exportée de la production et en réduisant de manière complémentaire la part exportée de la production. Cette modification de la répartition est allée de pair avec un déséquilibre de la balance des transactions courantes, donc avec un endettement extérieur.

Comment peut-on résoudre les problèmes des pays périphériques ? Les deux solutions

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