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Qui est l'autre pour moi ?

Fiche de lecture : Qui est l'autre pour moi ?. Recherche parmi 248 000+ dissertations

Par   •  19 Novembre 2017  •  Fiche de lecture  •  1 943 Mots (8 Pages)  •  368 Vues

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  1. Qui est l’autre pour moi ?

              Afin de répondre à cette question nous devons d’abord définir le terme « autrui » qui signifie « l’autre que moi ». L’étymologie du mot est alter ego, signifiant « autre moi » Sartre aussi définit autrui comme un « autre moi qui n’est pas moi », nous avons donc une séparation entre le « moi » en tant que sujet, de l’autre, donc chaque personne est un être unique avec son propre ego à lui.

Emmanuel Levinas dans le texte 7, définit autrui pas seulement par « autre moi » mais « il est ce moi que je ne suis pas », autrui est donc un homme comme moi mais il n’est pas moi, il a sa propre conscience et j’ai la mienne. Ceci est évoqué dans le texte 4, de Gaston Berger où il affirme que « les autres ne peuvent violer ma conscience, mais je ne puis leur en ouvrir l’accès », donc chaque sujet a sa propre conscience qui n’est pas accessible aux autres. Mais comment expliquer alors le fait qu’autrui serait capable de me comprendre et donc en quelque manière accéder a ma conscience ? C’est ce que nous allons voir par la suite.

Autrui peut être définit aussi comme un « autre moi-même » nous avons un rapprochement ici entre moi et autrui, c’est un Homme comme moi. En effet autrui serait capable de me comprendre et vice versa, c’est le concept philosophique de la relation intersubjective.

Ce concept a été développé pour la première fois par Kant et qui est l’idée que les hommes sont des sujets capables de prendre en considération la pensée d’autrui, donc de se mettre à leurs places et par conséquences formés leurs jugements.

Prenons l’exemple évoqué dans le texte 4 de Berger pour illustrer cette notion. Si j’ai un ami qui souffre de quelque chose, je ne serais pas indifférent à sa souffrance, en effet, je soufrerais avec lui. Je peux essayer de le soulager mais je ne pourrais jamais me mettre totalement à sa place car « son épreuve lui reste strictement personnelle » je souffre avec lui mais de manière différente. J’éprouve ici de l’empathie, autrui ici devient par conséquence moi.

En conclusion, autrui pour moi est d’une part ce qui me rend unique, qui me donne mon identité personnelle car il n’est pas moi et d’autre part, autrui est une autre version de moi qui serait capable de m’interpréter.

  1. Que suis-je en mesure d’attendre de l’autre et réciproquement ?

             Dans La présence d’autrui, Gaston Berger dit qu’on « nait seul comme on meurt seul et les autres n’y peuvent rien » ce qui signifie que l’homme ne devrait rien attendre de l’autre, donc c’est un concept inexact pour quelques personnes. Tout de même on a besoin des autres car ils nous sont nécessaires, nous sommes en mesure d’éprouver de l’empathie, sympathie et de l’amitié envers autrui et vice versa. L’empathie appartient au domaine public et semble être un peu plus compliqué que les 2 autres sentiments. Les philosophes, psychologues et ethnologues possèdent chacun une explication différente de l’empathie, nous allons analyser celles des psychologues et des philosophes.

Les philosophes affirment qu’il y-a des vertus sociales et une sorte d’amour de soi à travers l’empathie qui nous séparent des animaux. On ne peut pas accéder à la conscience d’autrui donc il y-a une difficulté à comprendre ses peurs et ses inquiétudes, comme Gaston Berger disait : « Mon jardin secret est une prison ». Donc ce n’est pas par l’acte de se mettre à la place d’autrui ou d’éprouver les mêmes sentiments que lui pour vraiment le comprendre.

Pour les psychologues, il existe deux types d’empathies, l’empathie cognitive et l’empathie émotionnelle. Contrairement aux humaines qui possèdent ces deux types d’empathies, les animaux possède uniquement l’empathie émotionnelle. L’empathie, la pitié et la compassion n’est pas présente chez les enfants car ils ne sont pas encore conscients de la différence entre le mal et le bien, par exemple un bébé serait capable de frapper un chien sans être conscient des conséquences.

  1. Suffit-il d’éprouver la pitié et l’empathie pour respecter autrui ?

Rappel méthodologique : une réponse intelligente à la question demande de définir d’abord correctement les termes de la question. Qu’est-ce que la pitié ? Que signifie respecter ?

             Tout d’abord nous allons définir les termes pitié, empathie et respect. La pitié vient du latin « pietas » qui signifie « sentiment de compassion », Jean Jack Rousseau la décrit comme une compassion suscitée par le malheur d’autrui, comme le sentiment caractéristique de la nature humaine. Mais ce n’est pas une émotion en soi, c’est plutôt une expérience émotionnelle qui masque des émotions, notamment le mépris qui est composé de colère et de peur.

L’empathie c’est la capacité à comprendre l’autre. Ce terme a été créé par l’allemand Robert Vischer pour désigner le mode de relation d’une personne avec une œuvre d’art qui permet d’accéder à son sens.

Respecter autrui c’est le traiter avec considérations, lui porter une certaine estime par rapport à son âge, sa valeur intellectuelle ou son rang social. L’homme est censé respecter chaque être humain, mais on ne peut pas respecter un objet, seulement des êtres humains. Kant affirme qu’on peut éprouver de l’amour pour les animaux mais pas le respect, il affirme de même que la morale n’était pas une affaire de sentiments, donc le respect c’est faire un bon d’une réalité à l’autre. Chaque homme mérite d’être respecté quel que soit son rang social, je suis censé respecter l’autre car c’est mon alter ego, un autre moi-même. Dans Les Fondements de la métaphysique des mœurs, Kant dit « Tout homme a le droit de prétendre au respect de ses semblables et réciproquement il est obligé au respect envers chacun d’entre eux ». Il faut être son propre ami pour pouvoir offrir du respect et de l’amour aux autres, on ne peut pas respecter quelqu’un si on ne le connait pas ou si on ne cherche pas à le comprendre.
Le respect est fondé sur des valeurs morales, pour respecter autrui, il faut le traiter comme une fin ceci peut être illustré avec ce dicton qui montre bien les limites du respect : « Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse ».

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