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Toute Relation à Autrui Constitue-t-elle Un échange ?

Dissertation : Toute Relation à Autrui Constitue-t-elle Un échange ?. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  28 Octobre 2014  •  4 711 Mots (19 Pages)  •  1 768 Vues

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Toute relation à autrui constitue-t-elle un échange ?

Le monde actuel est très largement dominé par la mondialisation, la pluralité des échanges, qu’ils soient commerciaux ou politiques. Aussi, l’homme a accès à un large panel technologique qui lui permet d’échanger avec l’autre bout du monde instantanément. On peut ainsi dire que les frontières et la distance n’existent plus ; ce qui favorise largement les relations et les échanges. Pourtant, bien que l’on ait tendance à penser que toute relation à autrui constitue un échange, cette affirmation pourrait être la cause d’une analyse un peu hâtive des termes du sujet, qui cachent, finalement, une complexité sur laquelle il est nécessaire de s’attarder.

En effet, en définissant les termes du sujet la complexité apparaît.

Tout d’abord, le premier mot « toute » signifierait qu’il n’existe absolument aucune exception à la règle et par conséquent il suffirait de trouver une seule relation à autrui ne constituant pas un échange pour que cette affirmation soit entièrement faussée. Ensuite, le mot « relation » signifie qu’un lien unit au moins deux entités, au sens large du terme. Ici, on nous précise que ces points A et B sont « autrui » c’est à dire un sujet pensant, un être humain à proprement parler. Selon le philosophe Locke, « autrui » serait défini par sa conscience uniquement. Ainsi une relation entre deux personnes équivaudrait à une relation entre leur conscience respective. Aussi, l’utilisation du pronom invariable « autrui » exclut les phénomènes de groupe. Ainsi, dans le sujet présent, on ne considère par défaut que les relations entre deux sujets humains. Ensuite, nous vient le mot « constitue » du verbe « constituer » qui signifie que plusieurs facteurs s’assemblent pour créer un « tout », une « essence » homogène qui serait établie de façon stricte. L’étymologie du mot permet également d’en comprendre le sens : « constituer » vient ainsi du latin « cum » : avec ; et « statuo » : mettre debout. Ainsi, constituer voudrait dire élever, créer une chose à travers d’autres choses. Enfin, le mot « échange » ayant un sens très large. Pour concevoir un échange, il faut que les deux sujets soient à la fois donneur et receveur. L’échange peut être matériel ou immatériel. Aussi, il peut être un simple synonyme de « dialogue ».

Ces mots faisant partie du vocabulaire quotidien nous font ainsi poser beaucoup de questions : le fondement de la relation à autrui est-il forcément un échange ? Toute relation à autrui implique-t-elle une réciprocité évidente ? « Echange » est-il synonyme de « communication » ? N’y existe-t-il pas des relations à autrui unilatérales ? L’essence même de la relation n’est-elle pas la relation en soit ? La finalité d’une relation à autrui ne dépasse-t-elle pas le simple phénomène de l’échange ?

Répondre à ces questions revient à étudier les relations d’échange qui fondent la société, interdépendance inévitable entre les hommes ; mais aussi les relations à autrui qui ne sont pas « rythmées » par une logique d’échange ; ou encore une étude plus globale du terme « autrui », comme un indispensable à la création relationnelle où l’échange n’est pas essence.

Selon Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes « dès l’instant qu’un homme eut besoin du secours d’un autre (…) la propriété s’introduisit » et c’est autour de cette propriété, selon Rousseau toujours, que la société s’est construite, détruisant l’autarcie établie jusqu’alors. Ainsi, la propriété serait au cœur d’une société composée d’hommes interdépendants, et où l’échange constant créée les relations. Ici, Rousseau parle donc d’un échange marchand, dominé par un calcul d’intérêt personnel. Dans un échange marchand, que l’on pourrait qualifier d’économique c’est à dire tout ce qui traite de biens, de services et de commerces. Bien évidemment, il existe des lois internationales qui encadrent ces nombreux échanges, ces flux. Selon Marx dans son ouvrage Travail salarié et capital, la valeur marchande se situe entre le prix voulu par l’acheteur (le plus bas possible) et le prix voulu par le vendeur (le plus haut possible), mais est aussi dépendante de l’offre et la demande. Mais l’échange marchand n’est pas qu’un échange d’argent contre un bien. Ce principe s’appelle l’achat ou la vente, selon la position abordée dans l’échange. C’est néanmoins l’échange marchand le plus fréquent, répandu. Il existe pourtant bien d’autres formes d’échanges marchands tels que le troc. Smith dans ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations définit très bien le sens du troc « Donnez-moi ce dont j’ai besoin, et vous aurez de moi ce dont vous avez besoin vous-même ». On comprend donc que le troc joue avec les intérêts respectifs, des deux sujets étant à la fois donneurs et receveurs. Le principe du troc est très courant dans des temps actuels comme la crise, permettant d’échanger un bien déjà acquis contre un bien dont on a besoin, sans passer par le relais de l’argent. C’est en quelque sorte une manière d’acquérir sans dépenser de l’argent dans l’immédiat. Mais, toujours selon Smith, les relations de troc ne sont basées que sur l’interdépendance et le calcul de l’intérêt personnel, excluant toutes formes de sentiments humains et relationnels tels que la bienveillance ou l’altruisme. Le troc serait donc impitoyable et la valeur des objets dépendrait uniquement du niveau de besoin des deux sujets. Ainsi, le troc peut être inégal, voir très inégal. Poussons l’exemple à l’extrême : si un sujet A a expressément besoin d’eau, pour une question de vie ou de mort, et qu’il n’a qu’une montre en or sur lui ; alors le sujet B pourra jouer sur le niveau de besoin du sujet A, et troquer sa bouteille d’eau qui en réalité n’a pas de vraie valeur, contre une montre très chère. Selon Smith ce n’est pas un rapport humain, mais un rapport « égoïste » puisqu’ici, l’échange est inégal mais reste toutefois existant.

Mais l’échange ne s’arrête pas à un simple échange marchand. Echange peut être synonyme de communication. Evidemment, la communication est multiple, et va du simple panneau routier qui indique qu’en temps de pluie une route est glissante à une langue toute entière. La communication est, depuis la nuit des temps, un moyen pour les hommes d’avoir des relations entre eux. Dialoguer serait donc facteur de relations et inversement, avoir une relation constituerait à communiquer. Pourtant,

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