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Que Vaut-il Mieux : être Un Homme De désir Ou Un Homme De Volonté ?

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Par   •  25 Novembre 2012  •  2 504 Mots (11 Pages)  •  1 151 Vues

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Que vaut-il mieux : être un homme de désir ou être un homme de volonté ?

« Le désir est un attrait que l’on subit, la volonté un pouvoir que l’on exerce. » Dans cette phrase d’Edmond Goblot, la volonté apparaît comme une décision intérieure et réfléchie, effectuée de manière délibérée, alors que le désir viendrait d’une source extérieure, à laquelle la raison humaine ne pourrait s’opposer. Dans le cas de la volonté, c’est le sujet qui agit et décide, alors qu’il est assujetti par le désir. Ainsi, la volonté est souvent valorisée par rapport au désir, dans la mesure où elle serait guidée par la Raison tandis que le désir serait mené par les passions. Dans le langage courant, « avoir de la volonté », c’est émettre des décisions fermes, c’est être prêt à surmonter nombre d’obstacles en vue d’atteindre une ambition particulière, elle-même réfléchie. C’est être prêt au sacrifice afin d’arriver à un objectif précis. La volonté est par là souvent associée à l’idée de vertu. En revanche, celui qui cède à ses désirs est souvent perçu comme un jouisseur, qui satisferait ses désirs, parfois irréfléchis et démesurés, dans l’immédiat, privilégiant son plaisir personnel, dans lequel il trouverait son bonheur. Reste que l’homme ne peut vivre sans désir : l’homme se distingue dans le superflu, qui rend sa vie plus belle et plus agréable. Une existence sans désir est mortifère ; l’homme ne peut se contenter de subvenir à ses besoins. D’autre part, la volonté peut poursuivre un but insensé. Si elle est guidée par la Raison, la volonté n’est pas toujours morale : elle recherche parfois le mal. Dès lors, l’être humain doit-il privilégier la vertu ou son plaisir ? Nous nous attacherons à démontrer dans un premier temps qu’il vaut mieux être un homme de volonté, puis nous prouverons qu’il vaut tout aussi bien être un homme de désir. L’enjeu sera de montrer que l’être humain trouve son équilibre lorsqu’il a des désirs raisonnables.

Dans l’opinion commune, il vaut mieux être un homme de volonté. En effet, un homme de volonté est perçu comme un homme réfléchi et mesuré, disposant d’une certaine force morale. Bref, l’homme de volonté est vertueux.

La volonté est, il est vrai, une faculté de l’âme. Avoir de la volonté, c’est avoir en soi une force qui pousse à accomplir des actions, à consentir à des sacrifices, à surmonter des obstacles en vue d’atteindre une ambition précise. La figure du sage stoïcien illustre cette force morale de la volonté : la morale stoïcienne implique le sacrifice au nom de la vertu, objet ultime de la volonté des stoïciens. Afin de l’atteindre, les stoïciens sont prêts à mettre de côté leurs passions, leurs sentiments personnels et égoïstes, en se montrant indifférents à l’égard des choses qui ne dépendent pas eux, et en n’accordant de l’importance qu’à celles qui dépendent d’eux. « En serrant dans tes bras ton enfant ou ta femme, dis-toi : « J’embrasse un être humain. » S’ils viennent à mourir, tu n’en seras pas autrement bouleversé. », tel est le conseil d’Epictète dans le Manuel : l’homme doit être insensible à ce qui ne dépend pas de lui, s’en détacher, aussi difficile que cela puisse être, afin d’atteindre la vertu et par là le bonheur le plus pur. Cette morale du sacrifice est difficile ; une réelle force morale est nécessaire afin d’atteindre la vertu, qui en est le but ultime. Cette force morale, c’est la volonté : prête à tous les sacrifices, la volonté est une réelle faculté de l’âme.

La volonté poursuit toujours un but qui est lui-même toujours le fruit d’une décision intérieure et réfléchie. A l’inverse du désir, la volonté ne formule jamais son objet de façon spontanée ou impulsive. En effet, c’est la Raison qui guide la volonté, alors que ce sont les passions qui mènent les désirs. C’est le sens du mot « volontaire » dans le langage courant : est volontaire ce qui résulte d’un choix délibéré de la part de celui qui agit. Un débat juridique récurrent consiste en effet à s’interroger sur la volonté de celui qui a mal agi : son action est-elle volontaire ou involontaire ? Autrement dit, a-t-il commis une faute de son plein gré, de façon réfléchie et délibérée, ou bien parce qu’il était soumis à quelque influence extérieure que ce soit ? Ce débat illustre bien le fait que la volonté a toujours une ambition réfléchie. Quant au désir, il est souvent lié à l’instinct, et ne serait par là pas le résultat d’une décision délibérée. Il proviendrait d’une source extérieure à la conscience de celui qui l’émet ; il y aurait une cause qui préexisterait au désir, indépendante de l’être qui manifeste ce désir. Par exemple, certains désirs sont émis sous l’influence d’un phénomène extérieur : on peut ici prendre un exemple simple : la soif est un désir, car produit de phénomènes extérieurs à la conscience ; la soif (ou le désir de boire) est déclenchée lorsque l’on mange quelque chose de salé, ou lorsque l’on a fourni une activité physique intense. Ce n’est pas le fruit d’un choix délibéré de l’homme. La volonté, contrairement au désir, est la preuve d’une décision intérieure et réfléchie.

La volonté place l’homme dans l’espoir, alors que le désir fait souffrir. Celui qui désire est toujours dans une situation de manque ou de privation : le désir recherche un objet, mais à peine l’atteint-il qu’il se tourne vers un autre objet. Celui qui désire est perpétuellement insatisfait, car sa satisfaction est aussitôt suivie d’un nouveau manque, d’une nouvelle recherche. Le désir n’est jamais pleinement assouvi, il est en constant manque de quelque chose ; c’est en ce sens que l’homme de désir est malheureux. Le désir est source de souffrance, car il ne permet jamais d’atteindre une situation d’équilibre, de satisfaction, de bonheur. En revanche, la volonté place l’individu dans l’espoir de l’objet à atteindre ; d’autre part, une fois l’objet voulu atteint, elle ne se tourne pas de façon mécanique vers un nouvel objet. La volonté cherche la satisfaction d’un objet précis et ne suppose pas un renouvellement perpétuel, contrairement au désir. La volonté, en ce sens, ne fait pas souffrir ; lorsque l’objet voulu est atteint, elle laisse place au bonheur. Ainsi, il vaut mieux être un homme de volonté qu’un homme de désir, car l’ataraxie est possible dans le cas de la volonté, et non pas dans celui du désir qui, infini et illimité, n’atteint jamais de manière définitive son but.

La volonté, en tant que faculté de l’âme, ayant pour objet une décision

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