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Commentaire du poème Invitation Au Voyage de Baudelaire

Compte Rendu : Commentaire du poème Invitation Au Voyage de Baudelaire. Recherche parmi 275 000+ dissertations

Par   •  22 Janvier 2013  •  1 666 Mots (7 Pages)  •  1 563 Vues

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Ce commentaire parle de l’invitation au voyage écrit par charles baudelaire. L'Invitation au voyage est tiré du receuil Les Fleurs du mal. Les Fleurs du mal est un recueil poétique de Baudelaire publié en 1857, reprenant toutes ses créations depuis 1840. L’ouvrage a été retouché en 1861 après avoir été condamné en justice pour immoralité, puis complété à titre posthume en 1868 pour sa dernière édition. Baudelaire y évoque ses tourments internes, la fêlure qui meurtrit son âme, la lutte sans fin entre le Spleen et l’Idéal qui le consume inexorablement. Ce dernier extrait la beauté du mal transformé par le travail poètique l'expérience douloureuse de l'âme humaine en proie aux malheurs de l'existence. Les Fleurs du mal est divisée en six sections et d'une prologue (Au Lecteur) :

1ere partie: le Spleen et Idéal comprenant 85 poèmes

2eme partie: les Tableaux Parisiens comprenant 30 poèmes

3eme partie: Le vin comprenant 5 poèmes

4eme partie: les Fleurs du mal comprenant 9 poèmes

5eme partie: la Révolte comprenant 3 poèmes

6eme partie: pour finir La mort comprenant 6 poèmes

L'Invitation au voyage, le poème étudié, fait partie de la première partie le Spleen et Idéal. Cette partie montre la déchirure du poète entre l'envie d'aller vers l' "Idéal" et de ne pas sombrer dans le "Spleen" (ici son angoisse). Celui-ci a été inspiré par Marie Daubrun : l'amour est ici spirituel et non sensuel. Il ne s'agit pas d'un voyage mais d'une promesse de voyage épanouissant le rêve.

. La quête de ce pays lointain se confond un moment avec l’évocation de la femme aimée. Baudelaire s’adresse à elle car il est sûr qu’elle communie à sa vision inspirée. Il s’agit d’une rêverie devant des tableaux de Vermeer et de Ruysdael. En effet cette contrée pourrait bien être la Hollande, « Pays singulier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pourrait appeler l’Orient de l’Occident, la Chine de l’Europe, » écrira plus tard Baudelaire dans les Petits Poèmes en prose. C’est un moderne « embarquement pour Cythère » où il s’agit d’aller vivre avec la femme aimée, muse du poète, loin des dures.

Nous constatons la présence d’une correspondance à dominante urbaine, il s’agit du miroir où se reflète la beauté qui invite au voyage. Elle se situe dans le deuxième sizain des vers 7 à 12. « Dans les ciels brouillés », comme les yeux de Marie Daubrun, nous retrouvons une authenticité des éléments comme le feu, l’eau, dans l’oxymore, « les soleils mouillés ». « Les yeux brillants » des vers 11 et 12 connotent l’éclat, le feu à travers les larmes suggérées par « les soleils mouillés » d’une contrée mystérieuse. On retrouve cette même correspondance du feu et de l’eau dans la dernière strophe, « soleil couchant », « canaux. Nous avons également une correspondance entre le regard et le paysage qui exerce la même fascination sur le poète. Cela est renforcé par l’adverbe d’intensité « si mystérieux », thème du regard associé au sentiment d’amour. La femme est l’inspiratrice du voyage « idéal », « virtuel. On retrouve le thème du bonheur en harmonie avec la profusion des sensations des vers 18 et 19, 21 et 22. Le raffinement des sens s’exprime par l’association entre les reflets et les parfums. Le champ lexical de la vue domine, « les yeux brillants » au vers 12, « les meubles luisants », au vers 15, « poli par les ans », au vers 16 et « les miroirs profonds », au vers 22.

La structure même de l'Invitation au Voyage est originale, en effet tout au long du poème alternent deux pentasyllabes suivis d'un heptasyllabe, ce qui renvoie au rythme de la valse, irrégulier et donc propice au rêve et à l'évasion, et introduit une certaine musicalité, laquelle est renforcée par les vers « Là, tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté » qui reviennent par trois fois de façon régulière, à la manière d'un refrain.

Le poème est placé sous le signe du rêve, introduit dès le deuxième vers « Songe à la douceur » par le verbe songer, qui nous apprend qu'il s'agit, non pas d'un voyage, mais d'une promesse de voyage. Le poème commence donc sur le rêve et l'on constate qu'il s'achève sur le sommeil avec le vers 30 : « le monde s'endort ».

On peut parler de l'Invitation au Voyage comme d'un tryptique, en effet le « refrain » du poème met en évidence trois strophes, qui sont en fait trois tableaux remplis de symboles et complémentaires les uns des autres. Le premier tableau commence par l'invitation en question, qui aboutit à l'évocation d'un ailleurs idéal. Le second tableau dépeint un intérieur, une chambrée qui renvoie au plaisir amoureux et sensoriel. On constate d'ailleurs que ce

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