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Puis-je douter de moi?

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Par   •  3 Décembre 2017  •  Dissertation  •  1 204 Mots (5 Pages)  •  783 Vues

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Puis-je douter de moi ?

Le doute, c’est d’abord une intervention, une réponse qui provient d’une différence qui semble être essentielle à la pensée. Mais il n’est pas limité à l’altérité, il ne peut s’agir, en réalité, que d’un soupçon qui remet en cause toute la valeur globale de la réflexion et l’assurance d’un savoir acquis. Le doute se manifeste, par exemple, lors d’un contrôle dans le train. Il s’agit d’un acte anodin qui permet à l’agent de vérifier si nous sommes la personne décrite sur le billet et si nous correspondons à celui que nous prétendons être en étant assis dans ce wagon. Le contrôleur a l’habitude de remplir cette tâche puisqu’en effet il s’agit là de son métier. Pourtant, nous pouvons aussi admettre que cet acte relève une absurdité complète. Nous sommes dans ce lieu, avec pour objectif d’arriver au point B et nous lui tendons notre billet, nous lui assurons alors que nous sommes la personne à qui cela appartient. Pourtant comment en être certain ? Comment arriver à savoir si nous sommes bien l’individu désigné sur notre carte d’identité ? Suffit-il que je sois moi pour prétendre être moi-même ? Pour autant, le terme « moi » et le terme « moi-même » désignent une même personne. Alors, comment pourraient-ils être en réalité suffisamment éloignés, voire distincts pour qu’un doute puisse m’immiscer entre eux ? C'est ce qu'il conviendra d'examiner.

Si douter correspond à émettre un soupçon sur la validité d’une assurance, alors nous pouvons remettre en cause l’image que nous donnons au quotidien. A chaque moment de notre vie, pour chaque milieu que nous fréquentons et avec chaque personne à laquelle nous nous confrontons, nous nous assimilons un masque différent. Notre multiplicité s’explique par l’altérité, c’est-à-dire que sans elle, nous porterions probablement le même masque. Pour apprendre à connaître une personne, il faut donc la fréquenter dans des situations différentes : entouré de ses amis, de sa famille, dans la foule, chez elle, sur son lieu de travail, etc. Prenons pour exemple un adolescent. Cet individu n’agit pas de la même façon avec son père et avec ses amis. En face d’une figure parentale, il joue le rôle du fils, parfois désobéissant pour correspondre à l’image de l’enfant rebelle. Le père, lui, s’impose l’autorité, il soumet son fils aux règles des structures de parenté. Si un soir, son fils rentre tard, alors il se verra obligé de le sanctionner même si de nature compréhensive, le père aurait pris le temps d’écouter son fils et ne l’aurait pas lésé. C’est lorsque nous adoptons un point de vue extérieur que nous prenons part des différentes facettes qui le compose. Ceci est une responsabilité. Il doit rentrer dans la peau du personnage pour être conforme à ce qu’impose la société.

La personne que je suis vraiment ne peut pas être comprise, elle est trop différente et trop complexe pour être saisie. Nous nous conformons donc à celui qui est en face de nous. Selon Sartre, « Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même ». Celui à qui nous nous adressons ne voit que ce que nous montrons dans l'instant présent. Cela lui permet de se faire une idée, de se construire une image de ce que nous sommes. Pourtant nous ne sommes pas que ce masque-là. L’Autre nous fait changer de comportement. Il nous empêche d'être nous-même car il ne peut pas nous comprendre. Il est parfois difficile à un individu de se comprendre lui-même ; pour comprendre l'autre c'est encore plus difficile, il y a trop d'éléments à prendre en considération. C'est pourquoi la connaissance de soi passe par la médiation du regard et du jugement d'autrui.

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