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Chambre d'isolement

Mémoire : Chambre d'isolement. Recherche parmi 231 000+ dissertations

Par   •  6 Octobre 2015  •  Mémoire  •  6 913 Mots (28 Pages)  •  896 Vues

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Dans le cadre des études en soins infirmiers, il est prévu de réaliser un travail de recherche nommé Travail de Fin d’Etudes (TFE) à partir d’un thème choisi par l’étudiant.

Le thème que j’ai choisi d’aborder est celui de la chambre d’isolement qui semble constituer une préoccupation croissante et une difficulté pour la prise en charge chez les soignants en psychiatrie. Cette mise en chambre d’isolement (MCI) n’en reste pas moins une vraie technique thérapeutique avec ses résultats, ses complications et surtout la difficulté d’en cerner les bonnes indications afin d’en éviter les excès.

J’ai effectué un stage d’une durée de quatre semaines dans un service de psychiatrie adulte en Ile de France spécialisé dans la prise en charge de patients souffrant de psychoses et cela a suscité chez moi de nombreuses interrogations en lien avec diverses situations que je n’avais jusqu’alors pas imaginé. En effet, j’ai été amené à prendre en charge des patients qui ont nécessité un isolement thérapeutique.

En tant que futur professionnel de soins infirmiers, j’ai choisi d’aborder ce thème parce que je souhaite travailler en services de psychiatrie et que je serai amené à gérer des mises en chambre d’isolement. Je souhaite en comprendre son sens thérapeutique, son efficacité, sa finalité et connaître les limites d’une telle prise en charge.

A partir de là et sans préjuger de ces situations, j’ai souhaité faire  une recherche afin de répondre à mon questionnement énoncé dans la problématique de mon travail.

La chambre d’isolement est une pièce destinée à accueillir des patients dont l’état psychique ou psychomoteur nécessite un isolement. C’est une chambre qui est fermée à clé et qui a pour vocation de prévenir et contenir les comportements auto ou hétéro agressifs des patients en grande souffrance. Elle limite ainsi la mobilité du patient par un « enfermement ». Ce paradoxe entre « l’enfermement » et le soin me suscite une réflexion : la mise en chambre d’isolement a-t-elle de réelles vertus thérapeutiques ?

La prise en charge des patients en psychiatrie a connu une évolution considérable au cours du siècle dernier. Les modalités de traitements chimiothérapiques sont venues en lieu et place des techniques qualifiées parfois de « barbares » pour prendre en charge les patients « aliénés » (douches froides, enchaînements, séquestrations…). Seulement, le recours à la chambre d’isolement est toujours utilisé à notre époque avec toutes les représentations négatives de l’acte. Je me suis alors demandé pourquoi on utilisait encore ce type de soin?

J’ai regardé un documentaire, diffusé sur une chaîne de télévision grand public, relatif aux prises en charge des patients en psychiatrie en France et j’ai été interpellé sur les modalités de soins notamment dans les Unités de Malades Difficiles (UMD) ou les patients très violents nécessitent au quotidien un isolement. Mais ces unités ne sont pas les seules à utiliser ce soin puisqu’il existe la plupart du temps au moins une chambre d’isolement dans tous les services d’hospitalisation de psychiatrie qui n’accueillent pas forcément des patients dits « dangereux ». Je me suis alors demandé pour quel type de patients nous avions recours à la chambre d’isolement. Et donc quelles en sont les indications ?

Au travers de mes lectures,  la chambre d’isolement aurait une fonction sécuritaire. Mais s’agit-il de sécuriser le patient, les autres patients ou les personnels soignants et autres intervenants ? N’y a-t-il pas là un risque de dérive et donc « d ‘enfermement abusif » en chambre ? Est-ce que cela ne peut pas renforcer à l’inverse les troubles psychiques du patient ?  Comme j’ai tendance à penser que l’être humain n’a pas vocation à vivre seul ou isolé, j’ai posé la question à un psychiatre qui m’a répondu que l’isolement est une mesure qui même thérapeutique n’en est pas moins sécuritaire et rend légitime l’indication. Si les indications sont justifiées et légitimes y a-t-il un cadre réglementaire ? Quels sont les droits du patient dans ces situations? Qu’en est-il des libertés individuelles de la personne ?

Je pense que le soignant a un rôle essentiel et doit utiliser cet acte que dans l’unique intérêt du patient sans lui nuire. L’isolement doit être utilisé comme un soin à part entière et une réflexion éthique en équipe semble indispensable. Il ne faut pas déshumaniser l’acte et il doit être évalué au cas par cas. Le soignant est acteur dans la surveillance, l’accompagnement, le soutien thérapeutique du patient isolé. Quel est son rôle ?

A partir de ce constat et en tant que futur infirmier, ma question de recherche est :

En service de psychiatrie adulte, la mise en chambre d’isolement est un soin thérapeutique, qu’en est-il de la perception des soignants ?

  1. Généralités sur la chambre d’isolement
  1. L’histoire de la chambre d’isolement

Parmi les divers traitements proposés en psychiatrie, le recours à la chambre d’isolement existerait depuis des années. Selon Dominique Friard[1]: « dès l'Antiquité, des écrits font allusion à la nécessité d'exercer un contrôle physique sur les personnes agitées ». Le principe étant « qu'un traitement brutal avait pour effet de faire sortir, par la peur, le malade de sa maladie ».

Ce type d’approche me fait penser à une expression commune : « traiter le mal par le mal » revendiquée comme efficace.

Dans son livre, Dominique Friard précise « qu’au Moyen-âge, le malade mental est le plus souvent " soigné " à domicile, il est en général nécessaire d'attacher le fou furieux. Le recours aux moyens de contention semble alors traduire la sollicitude des proches qui veillent à protéger le fou de lui-même tout en préservant la sécurité de chacun. Les moyens de contention permettent alors non pas d'isoler mais de maintenir le fou dans sa famille ou dans la communauté. »

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