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Étude du roman Le vol d'Icare de Raymond Queneau

Commentaire de texte : Étude du roman Le vol d'Icare de Raymond Queneau. Recherche parmi 262 000+ dissertations

Par   •  1 Janvier 2014  •  Commentaire de texte  •  1 288 Mots (6 Pages)  •  1 420 Vues

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‘’Battre la campagne’’

(1968)

Recueil de poèmes

Commentaire

Dans ce recueil paru un an après ‘’Courir les rues’’ mais sans doute écrit pendant la même période, Raymond Queneau usa de la même technique pour décrire le monde rural (qu'il n'aimait pas), ses paysages, ses maisons et ses habitants. Malgré son aversion, la même tendresse, un peu plus ironique peut-être, se dégage peu à peu de ces pages.

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“Le vol d'Icare”

(1968)

Roman de 250 pages

À Paris, vers 1895, quelques romanciers sont en quête de leurs personnages. En effet, il advient parfois à ceux-ci de sortir du manuscrit qui les élaborait et d'aller se promener dans le vaste monde où il leur arrive d'autres aventures. D'autres? ou les mêmes?

Corentin Durendal, personnage d'un roman que son auteur destine à tuer sa femme à coups de hachoir, ne se sent pas, comme on dit, profondément motivé, et préfère, au grand dam de son créateur, prendre le large !

Icare, le jeune héros d'un roman à peine commencé de l'écrivain Hubert Lubert, emporté hors de son manuscrit natal par un fort coup de vent, apparaît brusquement dans le monde réel, et décide de vivre sa propre vie. Commence alors une poursuite rocambolesque dans les rues de Paris puisque plusieurs personnes sont à ses trousses, dont un détective privé, Morcol, engagé par Hubert Lubert. Icare fait la connaissance d'L.N., demi-mondaine qui devient couturière, et qui lui enseigne les agréments de l'absinthe et de l'amour. Il y rencontre aussi d'autres personnages ayant la même origine que lui, échappés de son propre roman (comme sa «fiancée» Adélaïde) ou d'œuvres concurrentes. Passionné par la mécanique, s'intéressant à l'avenir des moyens de transport, il apprend à monter à bicyclette, à conduire les automobiles, et même à piloter une machine volante qui lui est fatale.

Commentaire

Écrit comme un scénario de cinéma, avec des parties narratives presque inexistantes, le texte (où Raymond Queneau avait renoncé à ses habituelles jongleries langagières) est composé de dialogues, introduits ou entrecoupés par de brèves «indications scéniques», et l’enchaînement des scènes est abrupt. Il défile à une vitesse extrême, ce scénario de film «parlant» donnant l'impression de sautiller comme une bande de cinéma muet.

Paru huit ans avant la mort de son auteur, le dernier roman de Raymond Queneau fut donc bien délibérément le dernier. Il semble qu'au faîte d'une œuvre abondante et dense, l'écrivain ait voulu réunir tout ce qu'il savait faire et tout ce qu'il aimait en un somptueux bouquet final : hommage au cinématographe ; condensé du récit et vivacité des dialogues ; présence de personnages fort divers, dont un héros en voie de développement et plusieurs femmes énergiques ; allusion à l'Exposition universelle de 1889, qui rappelle la passion encyclopédiste ; allusions aux impressionnistes et aux coloristes qui rappellent la passion de l’auteur pour la peinture ; affrontement entre des écrivains, qui symbolise la passion littéraire... Si sa signification profonde n'a pas vraiment été élucidée, on peut cependant risquer quelques remarques.

Ainsi, tout au long de l’œuvre, Raymond Queneau semble avoir tenté de répondre à la question : «Qu'est-ce qu'un personnage de roman?», qui formait déjà la trame du ‘’Chiendent’’, et qui se trouve ici explicitement posée. Que ceux de son ultime ouvrage soient eux-mêmes des «personnages de romans» n'est certainement pas dénué de sens. En outre, sa première œuvre, ‘’Le chiendent’’, s'ouvrit sur un «être plat» qui prit, peu à peu, de la consistance, au fur et à mesure qu'il accéda à la pensée, tandis que ‘’Le vol d'Icare’’ s'achève sur un être qui, étant sorti de sa condition imaginaire, retourne à l'inexistence en s'aplatissant sur le sol.

On peut également noter que, au moment où, avec la découverte de la «mise en abyme», le «roman dans le roman» devenait une tarte à la crême, Raymond Queneau proposait un «roman sorti du roman». Or il était assez dans son caractère de prendre, à sa façon brillante et discrète, le contre-pied des doctrines à la mode.

Enfin,

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