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Les Fausses Confidences De Marivaux

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Par   •  4 Février 2012  •  1 147 Mots (5 Pages)  •  18 739 Vues

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Les fausses confidences, acte II, scène 13, Marivaux

Introduction

En 1737, Marivaux fait représenter pour la première fois une comédie intitulée Les Fausses Confidences. Le titre est programmatique : après un ballet tourbillonnant de faux-semblants et de fausses déclarations, les personnages de cette pièce finissent par s’avouer leur amour et acceptent de s'engager dans les noeuds du mariage. Dans la scène 13 de l’acte II, Araminte met à l'épreuve son jeune intendant, dont elle sait qu’il l’aime, mais qui ne lui a rien révélé sur les conseils de Dubois en lui faisant rédiger une fausse lettre d'amour au comte, également épris d’elle. L’écriture de la lettre est donc au cœur de ce dialogue qui multiplie fausses confidences et déceptions. Cet accessoire permet ainsi la mise en place d’un dispositif efficace, qui joue des illusions pour qu’éclate mieux la vérité. Tout d'abord il conviendra de montrer comment Marivaux dote, en dramaturge habile, la lettre d'un rôle dramatique important, pour ensuite s'interroger sur la portée comique de la scène : derrière le masque des postures et des poses, n'est-ce pas la vérité du cœur qui cherche à éclater ?

I) Un dispositif scénique efficace

Marivaux se montre, dans la scène 13 de l’acte II, roué et expérimenté dramaturge. Grâce au dispositif de la lettre, il parvient à construire une scène à l'efficacité dramaturgique indéniable.

A. La montée de la tension

Tout d'abord, la lettre joue un rôle essentiel dans la montée de la tension au fil de la scène. Elle accroît ainsi le suspens et l’attente du spectateur. En effet, plus l'écriture de la lettre progresse, plus le spectateur attend que Dorante dévoile son amour. Les signes de malaise de Dorante ne cessent de se multiplier et de s’intensifier au fil de la scène. C’est d'abord sa voix (« d'un ton ému ») qui le trahit, puis son esprit (« toujours distrait ») et enfin sa main (« la main vous tremble »). Face à ces signes physiques du trouble, le spectateur attend que la parole se libère. Une véritable course contre la montre s'installe. Le champ lexical de la précipitation (« achevez ; achevez ; Hâtez ; subitement ») traduit l’impatience d’ Araminte : elle guette la libération de la parole et l’aveu de Dorante (« est-ce qu’il ne parlera pas? »). La lettre fait monter la tension mais engendre aussi la déception : elle n'a pas, dans notre extrait, apporté « de quoi le (Dorante) convaincre » de parler. L'aveu est différé ; l'impatience du spectateur, entretenue.

B. Un spectateur en position de supériorité

De plus, le dispositif de la lettre est efficace car il place le spectateur en position de supériorité. En effet, ce dernier en sait plus que les personnages. Il en sait plus que Dorante qui ignore qu'Araminte entend le mettre à l'épreuve. Dorante questionne (« Comment, Madame ? »), tandis que le spectateur sait. De même, ce dernier reçoit les confidences de Dorante en apartés (« Ciel ! Je suis perdu ») tandis qu'Araminte qui les attend - ne les attend ne les entend pas et se trouve condamnée à susciter de manière pressante l'aveu sans l'obtenir. Les impératifs (« Hâtez-vous») ainsi que la modalité interrogative (« Qu'est-ce que cela signifie ? »),

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