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Le Jeu De L'Amour Et Du Hasard, Acte III Scène 6, Marivaux

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Par   •  25 Mars 2012  •  1 732 Mots (7 Pages)  •  8 209 Vues

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Le Jeu de l’amour et du hasard, acte III, scène 6, Marivaux.

Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux appartient au mélange des registres comique et tragique. Marivaux est un grand auteur français du XVIIIème siècle. Il écrit surtout des pièces de théâtre comme L'île des esclaves en 1725, La surprise de l'amour en 1722, ou encore la pièce d’où provient l’extrait que nous allons étudier, Le Jeu de l'amour et du hasard parue en 1730 au Théâtre-Italien. La plupart des nombreuses comédies de Marivaux reprennent des personnages de la Commedia dell’ Arte, comme par exemple Silvia ou Arlequin, deux des personnages principaux dans Le Jeu de l’amour et du hasard. Dans cette œuvre, deux maîtres et leurs valets vont inverser leurs statuts pour permettre à chaque maître d’observer son prétendant, mais sans savoir que celui-ci fait de même. Dans cet extrait nous ferons face à l’aveu des deux valets sur leur véritable identité, ce qui va mettre fin au jeu. Cet extrait illustre le génie comique de Marivaux ; la situation va tout d’abord prêter à rire : du quiproquo à l’aveu, Arlequin va libérer Lisette de ses propres scrupules en lui parlant. Ces confessions vont manifester chez ce duo d’amour le plaisir des mots ; à aucun moment Lisette et Arlequin ne perdent leur bonne humeur, malgré leur déception. Et ceci se trouve être ce qui les distingue de leurs maîtres.

Comment Marivaux par cette scène comique met-il en avant l’intérêt dramatique de ce duo d’amour ?

Nous étudierons tout d’abord l’intérêt dramatique de la scène exposant un double aveu difficile et plongé dans un quiproquo, puis nous verrons en quoi cette scène est comique et comment le spectateur en prend plaisir.

Au début de la scène, un quiproquo est très présent et impose aux valets de se courtiser. Nous pouvons voir ceci en particulier par le vouvoiement : « Enfin, ma reine, je vous vois et je ne vous quitte plus », « Et vous ne devez point douter de ma tendresse ». Nous pouvons noter que le dialogue s'oriente vers l'aveu en trois étapes. La première, ralentie par Arlequin, le conduit à révéler sa véritable identité à Lisette. La deuxième étape, plus riche, nous livre les réactions de Lisette et la surprise comique d'Arlequin de n'être pas chassé par celle-ci. Enfin, tout s'explique dans la troisième étape lorsque Lisette se démasque à son tour : « Arlequin ; je suis prise pour dupe : le soldat d’antichambre de Monsieur vaut bien la coiffeuse de Madame ». La périphrase du « soldat d’antichambre » montre la vivacité d’Arlequin, qui semble montrer qu’il est assez opportuniste et calculateur en voulant rester en bons termes avec Lisette. Dans ce double aveu, Marivaux utilise à la fois le contraste et la symétrie ; Lisette se distingue d'Arlequin par sa finesse : « Tant d’abaissement n’est pas naturel. ». De plus, après l'aveu du valet, elle prolonge son incognito pour se moquer et profiter un peu de lui : « Faquin ! », « Mais voyez ce magot ». La symétrie produit ici un effet comique, celui de la répétition. En effet, Lisette reprend de manière parodique l'image du soldat et du capitaine employé par Arlequin pour faire entendre qu'il n'est qu'un valet. Arlequin prend sa revanche sur Lisette en l’appelant plaisamment « magotte » après qu'elle l'ait qualifié de « magot », à la suite de son aveu.

Si Arlequin et Lisette font de manière burlesque l'aveu qu'ils sont contraints de faire, c’est que cet aveu met en danger leur amour-propre. En se séparant de leur masque de maître, ils renoncent à regret aux plaisirs du pouvoir dont ils ont pu profiter. Tous ces plaisirs prennent fin et Arlequin résume ce retournement de situation d’une manière assez comique ; il s'inquiète de l'amour de Lisette qu'il va personnifier : « un mauvais gîte lui fait-il peur ? Je vais le loger petitement ». Enfin, il s’adresse à Lisette au conditionnel : « Hélas, Madame, si vous préfériez l'amour à la gloire, je vous ferais bien autant de profit qu'un Monsieur ». Ainsi, il souligne bien la différence entre un valet et un maître tout en essayant de lui dire qu’il ne changera pas de comportement pour autant. De plus, craignant de perdre l'être aimé, Lisette et Arlequin se retardent avant de s'avouer leur identité. La première partie de l'extrait est de ce point de vue particulièrement comique ; l'embarras d'Arlequin (« Ahi ! Ahi ! je ne sais plus où me mettre. ») est mis en évidence par ses apartés et ses tentatives maladroites pour « [Préparer] cette affaire-là ». Ce retardement est souligné par la Lisette qui le presse à répondre « en un mot », « d'achever » de révéler qui il est.

Par ailleurs, cette scène présente une mise en abyme de la situation des maîtres. En effet, nous pouvons voir un parallélisme de situation avec celle-ci : l’aveu est fait par l’homme, pendant que les femmes gardent la maîtrise de la situation. Nous pouvons également interpréter cela comme une revanche des valets par rapport aux maîtres, car ils avaient tenu jusque-là la promesse

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