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Incipit : Oran de Albert Camus

Dissertation : Incipit : Oran de Albert Camus. Recherche parmi 263 000+ dissertations

Par   •  4 Mars 2015  •  1 516 Mots (7 Pages)  •  604 Vues

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Introduction :

L'oeuvre de Camus pourrait s'ordonner autour de deux pôles : l'absurde, dont l'oeuvre représentative reste L'Étranger (1942), et la révolte, avec La Peste (1947), mouvement de pensée d'après lequel il existe une valeur qui donne à l'action son sens et ses limites: la nature humaine. Le texte que nous avons à étudier est l'incipit de La Peste, roman publié en 1947. Ce début est conçu d'une façon pouvant être dite classique, dans le sens où, telle une exposition, il est destiné à nous livrer toutes les informations que doit livrer un incipit de roman (temps, lieu, personnages, action).

Nous nous demanderons donc dans quelle mesure cet incipit correspond aux canons du genre et nous donne les outils nécessaires à l'analyse et à la compréhension de l'oeuvre. Pour ce faire, nous analyserons dans un premier temps la description qui est faite de la ville d'Oran ; et dans un deuxième temps, nous verrons quelle description est faite de la vie à Oran.

Analyse :

I) La description de la ville d'Oran

Oran est une ville d'Algérie que Camus connaît parfaitement bien mais qu'il n'apprécie absolument pas. Aussi, écrit-il en 1939 : « Tout le mauvais goût de l'Europe et de l'Orient s'y est donné rendez-vous ».

A. Une ville "laide"

Le narrateur - on sait qu'il s'agit du docteur Rieux qui parle puisqu'il s'agit de la chronique qu'il écrit pendant l'évolution dramatique du fléau - présente d'emblée la ville comme « laide ». Cet adjectif qualificatif très péjoratif place Oran sous le signe du négatif. Le lecteur entre dans un univers sombre, lugubre, qui ne fait qu'annoncer un drame à venir. La suite du texte ne fait que confirmer cet aspect. En effet, nous relevons les anaphores de la préposition « sans », marquant l'absence, la privation - « sans pigeons, sans arbres et sans jardins » -, et de l'adverbe de négation « ni » - « ni battements d'ailes, ni froissements de feuilles ». Il ne semble pas y avoir de place pour l'inutile, dans cette ville commerçante et affairiste. Oran semble donc dépourvue de toute vie, voire inhumaine. A cet égard, le fléau qui va s'y abattre, la peste, sera inhumain, d'où le caractère prophétique de cet incipit. Cette noirceur annonce irrémédiablement la noirceur à venir : le texte repose donc sur le registre tragique.

B. Un point de vue critique sur une ville "neutre"

Outre le fait que cette ville semble dépourvue de toute poésie, voire de toute vie, elle apparaît comme banale, tout à fait ordinaire : il n'y a pas de monuments, donc pas de traces d'un riche passé historique et culturel ; elle est on ne peut plus ordinaire. Afin d'accentuer cette banalité, le narrateur mentionne que « le changement des saisons ne s'y lit que dans le ciel », tellement le cours de la vie y est monochrome, sans relief. C'est alors l'occasion pour le docteur Rieux d'exposer un point de vue fort critique sur Oran. Il décrit en effet les conséquences - généralement négatives- de chacune des saisons sur la vie à Oran. Notons alors le large emploi d'expressions péjoratives : « incendie », « maisons trop sèches », « cendre grise », « ombre des volets clos », « déluge de boue » :

- Le printemps revêt un aspect commercial, grâce à l'expression « petits vendeurs » : on vend des fleurs sur les marchés, que les vendeurs ramènent des « banlieues », étant donné que les fleurs ne poussent pas en ville, et a fortiori à Oran, qui semble dépourvue de couleurs ;

- L'été se caractérise par un excès de chaleur, une chaleur insupportable, qui pousse les habitants à vivre enfermés, dans « l'ombre des volets clos » ;

- L'automne se caractérise quant à lui par un excès d'eau, entraînant des « déluges de boue » ;

- L'hiver est la saison la plus supportable.

Ainsi, seul le climat permet de voir l'évolution des saisons, tellement le cours de la vie à Oran est monochrome. Néanmoins, force est de constater que ce climat se caractérise par ses excès : si le cours de la vie y est sans relief, le temps est particulièrement excessif, marqué par des changements brutaux et violents. Ainsi, cette présentation de la ville se veut critique : aucun point positif n'apparaît. Loin d'être accueillante, Oran repousse la vie. Nous verrons que, plus tard, elle tue toute trace de vie, dans le sens où l'épidémie de peste s'abattra sur elle.

II) La description

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