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Estimez-vous Qu'écrire Des Fables Soit Une « Entreprise Futile » ?

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Par   •  9 Mars 2015  •  517 Mots (3 Pages)  •  1 740 Vues

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I. Naïveté et profondeur des « morales »

Bien des fables conduisent à des morales naïves ou rebattues (« le travail est un trésor »

dans « Le laboureur et ses enfants », « Je conclus qu’il faut qu’on s'entr'aime » dans « L’âne et

le chien »), qui ne peuvent instruire que les plus jeunes. Certaines morales peuvent même être

dénoncées comme immorales (voir les fables du corpus). La forme généralement brève et

l’irréalité des personnages et des situations (bestiaire ou univers du conte) font suspecter la

démarche d’un genre qui prétend accéder à une vérité universelle à partir d’un cas singulier et

fictif, voire invraisemblable. Cet argument peut être étayé par une comparaison avec d’autres

genres didactiques que l’élève aura aussi étudiés pendant l’année : l’essai et le dialogue

philosophique.

D’autres arguments plaident au contraire pour la pertinence du contenu des fables : la fable

est parfois un discours politique crypté (la fable « Les loups et les brebis » a été affichée par les

Révolutionnaires ; Hugo intitule « Fable ou histoire » son poème des Châtiments où il dépeint

Napoléon III sous les traits d’« un singe d’une peau de tigre [vêtu] », etc.) et le choix du genre

se justifie souvent par la censure ou la prudence. La fable, plus descriptive que prescriptive, a

par ailleurs acquis avec La Fontaine une haute valeur satirique (l’élève peut s’appuyer ici sur le

texte d’Anouilh qui lui est soumis).

II. Légèreté et puissance du genre

Les fables, avec leur bestiaire, leur style précieux proche de la conversation, leur humour,

sont la plupart du temps empreintes d’une légèreté qui trahit un désir de plaire plutôt que

d’instruire : La Fontaine ne s’en cache pas dans sa longue préface à l’édition de son premier

livre de fables, et le mot « plaisir » revient deux fois dans le court avertissement de Jean

Anouilh (texte B). Leur brièveté, leur dominante narrative, la simplicité de leurs intrigues en font

des œuvres peu exigeantes pour le lecteur (voir la deuxième phrase du texte B).

La Fontaine répond lui-même à ces objections : cette légèreté, la défiance à l’égard du trop

de sérieux, confèrent au genre le « charme » qui le rend persuasif et en fait donc une

argumentation plus efficace que les discours théoriques dont l’austérité peut rebuter le lecteur.

Pour développer cet argument,

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