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Comment Un Personnage Principal Existe-T-il?

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Par   •  2 Novembre 2012  •  1 729 Mots (7 Pages)  •  799 Vues

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Introduction

Amorce : L'imaginaire des lecteurs de romans abrite une galerie de personnages d'une diversité extrême, êtres fictifs qui pourtant s'imposent à nous et peuvent nous être plus familiers que des personnes réelles.

Annonce du plan : Cette existence romanesque n'appartient-elle qu'aux personnages exceptionnels, à ces héros qui ont été capables de « réussir » dans l'univers du roman qui les accueille, sachant que réussir et exister, lorsqu'il s'agit d'un personnage de roman, ne peut avoir la même signification que dans la vie réelle ? Les personnages ordinaires, humbles ou en situation d'échec, seraient-ils, eux, dépourvus de cette capacité à « exister » ?

I. Pour exister, le personnage de roman doit « réussir »

L'existence d'un personnage romanesque tient-elle à sa réussite ? Force est de reconnaître que le roman a besoin de personnages « héroïques », tout comme la tragédie ou le drame ont besoin de protagonistes hors norme.

1. De quelle réussite s'agit-il ?

La réussite peut prendre diverses formes.

On pense d'abord à la réussite sociale, qui se mesure par la reconnaissance du personnage par la société ou, plus concrètement, par la fortune : c'est le cas d'Octave Mouret dans Au Bonheur des dames, qui a su donner une nouvelle dimension au commerce et contemple son magasin à la fin d'une folle journée de vente avec la satisfaction d'un général vainqueur ou d'un « despote ». C'est aussi celui de Georges Duroy, dans Bel-Ami de Maupassant, qui connaît une fulgurante carrière de journaliste, anoblit son nom en Du Roy, épouse une riche héritière et se sent comme un « roi qu'un peuple [vient] acclamer ».

Mais, de façon plus large, la réussite peut prendre la forme d'un destin exceptionnel qui va jusqu'au bout de lui-même, par opposition aux existences ordinaires, condamnées aux compromis. Julien Sorel, dans Le Rouge et le Noir de Stendhal, fils d'un modeste charpentier dans un village de province, même s'il ne réussit pas vraiment puisqu'il meurt décapité, a connu, au fil du roman, une destinée à la hauteur de ses capacités exceptionnelles. En effet, le simple fait d'avoir satisfait à son ambition personnelle et d'avoir choisi lui-même son destin est pour lui une réussite.
Avant lui, le Jean Valjean des Misérables de Hugo, forçat évadé devenu M. Madeleine, industriel et maire d'une ville de province dont le seul souci est de faire le bien, finit certes misérablement. Mais, s'il ne « réussit » pas au sens étroit du terme, son destin exceptionnel et sa réconciliation avec lui-même peuvent s'apparenter à une « réussite ».

Le mal aussi a ses héros, personnalités hors du commun qui réussissent dans la voie du vice : la terrible Mme de Merteuil, dans Les Liaisons dangereuses de Laclos, finit sa vie défigurée, ruinée financièrement et socialement, mais après avoir longtemps imposé sa toute-puissance par ses intrigues libertines et son cynisme machiavélique. Vautrin, chez Balzac, satisfait sa volonté de puissance, sa frénésie de ­conquête au mépris de toutes les valeurs morales et « réussit » dans ses stratagèmes diaboliques.

2. La réussite fait accéder le personnage à l'existence

Pourquoi la réussite est-elle essentielle dans l'accession du personnage à l'existence ?

Le lecteur satisfait avec le roman son goût pour les destinées et les personnages hors norme ; à la base de cette attirance, se trouve le besoin d'éprouver de l'admiration. Le héros, comme le personnage des contes pour enfants, est capable de surmonter les épreuves, d'aller jusqu'au bout de sa quête, qu'il s'agisse du bien ou du mal. Celui qui réussit se place au-dessus de l'humanité moyenne, il est nimbé d'une aura qui fascine, qu'il s'agisse d'un héros exemplaire comme Fabrice dans La Chartreuse de Parme de Stendhal ou de l'inquiétant Raskolnikov qui, dans Crime et Châtiment de Dostoïevski, se situe « au-delà du bien et du mal ».

Le personnage qui réussit donne au lecteur une image de ses potentialités : il réalise ce que le lecteur voudrait être et s'imprime dans son esprit comme l'image d'une compensation à la vie qu'il n'aura pas. Si Rastignac reste l'un des personnages les plus mémorables de Balzac, c'est parce que, jeune homme idéaliste, aux qualités de cœur et d'esprit prometteuses, il accepte de jouer sans scrupule le jeu qu'impose la société à ceux qui veulent réussir. Son triomphe a fait rêver des générations de jeunes ambitieux.

Enfin, comme dans la tragédie, le personnage qui réussit est la concrétisation de ce que le lecteur craindrait d'être : à défaut de pouvoir assouvir ses passions, le lecteur prend plaisir à voir un Vautrin arriver à ses fins les plus immorales et le personnage acquiert une telle existence que son nom est désormais devenu un nom commun.

3. La réussite comme moteur de l'intrigue

Les personnages qui réussissent assurent aussi la progression du récit, et parfois son suspense : c'est autour d'eux que se construit l'intrigue, et, de leur fonction dramatique, ils reçoivent en retour l'existence parce qu'ils sont ceux par qui naît le roman et par qui le rythme est donné. Julien Sorel donne, par ses différents succès, sa progression et sa vie au Rouge et le Noir : sans lui, le roman manquerait de rythme, n'existerait presque pas, ce qui est bien la preuve de l'intensité de l'existence du personnage.

II. Les personnages qui ne réussissent pas existent aussi

Est-ce à dire que seuls les personnages

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