Liberté et déterminisme
Cours : Liberté et déterminisme. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar ROB111111 • 8 Février 2026 • Cours • 1 164 Mots (5 Pages) • 15 Vues
La liberté
Introduction
La liberté est l’une des notions centrales de la philosophie et occupe une place majeure dans le programme de terminale. Elle semble à première vue évidente : être libre, ce serait faire ce que l’on veut, quand on le veut. Pourtant, dès que l’on y réfléchit, cette définition simple se complique. Sommes-nous vraiment libres de nos choix ? Nos désirs sont-ils les nôtres ou sont-ils déterminés par notre éducation, notre culture, notre corps ou notre inconscient ? Peut-on être libre en société alors que des lois s’imposent à nous ? Ces questions montrent que la liberté n’est pas seulement une expérience quotidienne, mais aussi un problème philosophique.
Réfléchir à la liberté, c’est donc interroger à la fois notre condition humaine et les fondements de la morale et de la politique. La liberté est-elle une illusion ou une réalité ? Est-elle incompatible avec toute contrainte ou, au contraire, suppose-t-elle certaines règles ? Pour répondre à ces interrogations, nous analyserons d’abord la liberté comme absence de contrainte, puis la question du déterminisme et du libre arbitre, avant d’envisager le rapport entre liberté individuelle et vie en société.
I. La liberté comme absence de contrainte
Dans le langage courant, être libre signifie ne pas être empêché d’agir. On oppose ainsi la liberté à la contrainte, qu’elle soit physique, juridique ou sociale. Un individu enfermé en prison, menacé par la violence ou soumis à une autorité arbitraire n’est pas libre, car il ne peut pas faire ce qu’il souhaite. Cette conception négative de la liberté, comprise comme absence d’obstacles extérieurs, est intuitive et largement partagée.
Le philosophe anglais Thomas Hobbes illustre bien cette idée. Pour lui, la liberté consiste dans « l’absence d’obstacles extérieurs » qui empêchent un individu de faire ce que sa volonté le pousse à faire. Tant que rien ne s’oppose physiquement à mon action, je suis libre. Ainsi, un cours d’eau est libre de couler tant qu’aucun barrage ne l’arrête. De la même manière, l’être humain est libre lorsqu’aucune force extérieure ne l’empêche d’agir selon son désir.
Cependant, cette conception pose rapidement problème. Être libre se réduit-il vraiment à suivre ses désirs ? Si je fais tout ce que je veux, suis-je nécessairement libre ? On peut en douter, car nos désirs eux-mêmes peuvent être le produit de contraintes invisibles : pression sociale, habitudes, peur du regard des autres. De plus, une liberté conçue comme absence totale de règles risque de conduire au conflit : si chacun fait ce qu’il veut, la liberté des uns entre en contradiction avec celle des autres.
II. Le déterminisme et la question du libre arbitre
La réflexion philosophique sur la liberté se heurte rapidement à la question du déterminisme. Le déterminisme est l’idée selon laquelle tout événement a une cause, et que l’état présent du monde résulte nécessairement d’états antérieurs. Appliqué à l’être humain, cela signifie que nos pensées, nos désirs et nos actions seraient déterminés par des causes biologiques, psychologiques ou sociales. Si tel est le cas, peut-on encore parler de liberté ?
Spinoza propose une critique radicale de la liberté conçue comme libre arbitre. Selon lui, les hommes se croient libres parce qu’ils ont conscience de leurs actions, mais ignorent les causes qui les déterminent. Nous pensons choisir librement, alors que nos choix sont le résultat de causes qui nous échappent. L’exemple célèbre de la pierre lancée illustre cette idée : si la pierre avait conscience, elle se croirait libre de voler, alors qu’elle est entièrement déterminée par la force qui l’a projetée.
Cette thèse est dérangeante, car elle semble nier toute responsabilité morale. Si je ne suis pas libre de mes actes, puis-je être tenu pour responsable ? Pourtant, d’autres philosophes cherchent à sauver une forme de liberté. Descartes, par exemple, affirme l’existence du libre arbitre : l’homme est libre parce qu’il peut choisir, même face à des déterminations. La liberté ne consiste pas à être indéterminé, mais à pouvoir se déterminer soi-même par la raison.
Kant ira plus loin en affirmant que la liberté est une condition nécessaire de la morale. Pour que l’on puisse dire qu’un individu doit agir moralement, il faut supposer qu’il est libre, c’est-à-dire capable de se donner à lui-même la loi de son action. Même si la liberté ne peut pas être prouvée scientifiquement, elle doit être postulée pour rendre possible la responsabilité morale.
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