Lecture linéaire de la prose du transsibérien
Commentaire de texte : Lecture linéaire de la prose du transsibérien. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar cobra73 • 9 Septembre 2026 • Commentaire de texte • 1 888 Mots (8 Pages) • 10 Vues
Prose du Transsibérien
Lecture linéaire
Introduction
La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France est un poème en vers libres écrit durant les premiers mois de 1913 par Blaise Cendrars.
Ce poème dont je vais commenter un extrait s'inscrit dans le percours associé aux Cahiers de Douai, « émancipations créatrices » car il montre un jeune homme qui s'émancipe des canons traditionnels de la poésie pour créer quelque chose d'original et provocateur, tant par la forme que par le sens de son titre.
- ici lecture-
La Prose du Transsibérien relate le voyage d’un jeune homme, Blaise Cendrars lui-même, dans le Transsibérien allant de Moscou à Kharbine (Harbin) en compagnie de Jehanne, « Jeanne Jeannette Ninette » qui au fil des vers et du trajet se révèle être une fille de joie. La Prose du Transsibérien fait partie d’une série de textes que Cendrars écrit à la même époque concernant la thématique du voyage et la rêverie poétique qui l’entoure.
C’est une œuvre pionnière de la modernité poétique dans laquelle il réfléchit aussi sur la création poétique elle-même : qu’est-ce que la poésie, finalement ?. L’extrait étudié ici ouvre le poème par un autoportrait, Cendrars se dépeint en adolescent ardent, traversé de mystères et d’élans.
Ce poème peut s'étudier en deux mouvements:
- le premier d'abord du vers 1 au vers 9 qui montre le désir de fuite et de liberté de l'adolescent
- Le second ensuite du vers 10 au vers 24 dans lequel le poète parle de lui et de son écriture au travers de ses souvenirs et de ses descriptions.
1er mouvement
Dans les premiers vers nous avons un retour en arrière qui lie son adolescence avec l'enfance et la naissance. Mais on peut remarquer que cette adolescence : « en ce temps là j'étais »... est séparée d' « enfance » et « naissance » puisqu 'il y a un vers qui les sépare et qui se termine par le contre-rejet « je ne me souvenais déjà plus ». C'est comme si il y avait une sorte de rejet de l'enfance de la part de l'adolecsent qui veut s'émanciper. On peut aussi remarquer que ce premier vers est un alexandrin : Cendrars s'amuse avec les codes de la la poésie classique pour ensuite s'en éloigner
On peut également noter un rytme particulier assez heurté, avec des répétitions « ence, ance, ance » aj'avais/j'étais ainsi que l'homophonie lieues/lieu qui peut imiter le rythme particulier du train à vapeur qui enmème l'adolescent loin de son enfance.
Enfin, Cendrars se donne 16 ans, et on peut penser à Rimbaud et l'un de ses vers les plus célèbres : « on n'est pas sérieux quand on a 17 ans ». Mais on peut aussi réfléchir aux « 16 000 lieues » imaginaires : il n'y a pas cette distance entre le suisse et Moscou ; Cendrars l'a donc choisie à la fois pour la rime avec 16 mais peut-être aussi en résonnance avec le très célèbre « 20 000 lieues sous les mers » de Jules Verne.
On sait que Cendrars aime jouer avec ses propores écrits mais aussi avec ceux des autres : voir la Légende de novgorod ou « Kodak » cf Gustave le Rouge
Cendrars place ainsi son poème sous le signe du voyage mais aussi de l'imaginaire, de la poésie et de la fiction
L'émancipation de l'enfance se poursuit par l'émancipation de l'ancienne Europe puiqu'au vers cinq nous passons brutalement à Moscou, comme par un voyage instantané. (Rappel : à cette époque – 1913- La Russie est très méconnue, et perçue comme beaucoup plus exotique qu'elle ne l'est encore aujourd'hui...) La ville est présentée en chiasme « mille et trois clochers et tours encadrant les sept gares. D'une part ce chisame entoure ainsi les gares, donc les trains, symboles de modernité et d'émancipation mais d'autre part il permet aussi de mettre en valeur les nombreux chiffres présents dans ces deux vers, et qu'il faut regarder de près.
Ici les chiffres
Malgré le caractère hyperbolique de cette évocation, ce n'est pas assez !: « je n'avais pas assez », vers 6. Et il va expliquer pourquoi dans les vers suivants, qu'il introduit par l'indication de la cause de cette insatisfaction avec la conjonction de coordination « car » au vers suivant. Cendrars présente alors son adolesence comme un moment de liberté et d'excès presque absolus avec l'anaphore de l'adverbe d'intensité « si » et l'association des adjectifs « ardente » et « folle » qui donne le sentiment de quelque chose d'incontrôlable. Cette impression est renforcée ensuite par les champs lexicaux de la lumière et du feu « ardente, brûlait, rouge, soleil.. » qui tranforment la strophe de 4 vers en une sorte de brasier plein d'énergie.
Par ailleurs, cette énergie déborde de partout puiqu'il veut preque englober dans son cœur le monde entier en associant deux lieux très éloignés : « le temple d'éphèse » et « la Place rouge » et deux périodes très éloignées, l'antiquité grecque et la modernité russe. La référence au temple d'éphèse ne doit rien au hasard bien sur : il s'agissait d'une des sept merveilles du monde antique, dédiée à Artémis, déesse des animaux sauvages. Le premier mouvement se termine donc par une évocation que l'on peut associer à la liberté.
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