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Ivanov Commentaire De Texte

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Par   •  14 Novembre 2011  •  3 436 Mots (14 Pages)  •  1 321 Vues

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Commentaire composé : Scène IX à XI de l’Acte IV

Les trois dernières scènes d’Ivanov semblent avoir été les plus retravaillées de toute l’œuvre. Nous comptons ainsi, trois versions totalement différentes de ces dernières, écrites entre 1886 et 1889 et proposant des alternatives tout à fait différentes même si menant au même état de fait. Ceci s’expliquant peut être par les remarques faîtes à Tchekhov vis-à-vis de l’incompréhension qu’avait suscité la mort d’Ivanov à la fin de la scène XI. L’auteur écrira, à ce propos, dans sa correspondance à son frère Alexandre ( 20 novembre 1887) : « Le public refroidi et fatigué ne comprend pas cette mort ».

Ces trois scènes prennent place après la tentative, plus ou moins réussie (selon les versions) de détourner Sacha du mariage qu’il juge néfaste pour la jeune femme, ainsi qu’à la suite du premier dénouement qui s’exprime à travers le refus de Chabelski d’épouser Babakina. C’est également au tour d’Ivanov de chuter, prenant sa place dans la réaction en chaîne instaurée lors des scènes précédentes.

Nous avons choisi de diviser cet extrait en trois parties. Nous nous trouvons face à la partition suivante : de « Papa, pour l’amour de dieu » (Sacha, acte IV -scène IX) à «je ne comprend pas » (Lébédev, Acte IV- scène X). En effet, ici Ivanov fait face à un duo père-fille tout à fait efficace. Lébédev soutient Sacha devant le raisonnement et la décision définitive qu’a pris Ivanov et que rien ne semble pouvoir détourner. Sacha et Lébédev ne font plus qu’un face au troisième personnage, ce qui nous donne une image de duo et de duel simultanément. 

La seconde partie débuterait de « Ecoute mon pauvre vieux » (Ivanov, Acte IV-Scène X) à « Qu’il me ramène à la maison » (Ivanov, Acte IV- Scène X). A ce moment précis, Ivanov se lance dans une tirade qui tiendrait plus du monologue, un soliloque où il tente de mettre des mots sur ce qu’il éprouve, échouant encore une fois. La présence de Lébédev semble s’effacer et les traces de dualité et de duo s’estompe comme s’il ne restait plus qu’Ivanov sur scène. Il est seul face à lui-même, Lébédev lui-même devient spectateur.

La troisième partie commencerait de : «  Le témoin du marié est arrivé » (Une voix, acte IV-scène X) et prendrait fin au terme de la pièce. Nous remarquons ici un changement de ton radical. En effet, nous sommes en pleine cérémonie de mariage et Borkine apporte une illusoire touche de vie dans la pesanteur qui semble affecter le reste de l’extrait avec son entrain naturel. Arrive Lvov et la cacophonie reprend. Ivanov qui avait pu s’exprimer dans la partie précédente se retrouve encore une fois submergée par le nombre des interventions. Nous nous retrouvons devant un « débat parlementaire » et le propriétaire terrien perd la parole encore une fois avant qu’un ultime sursaut de vie ne l’affecte.

Nous verrons que le déséquilibre initié dans les scènes précédentes devient chute en présence d’Ivanov, ceci dans une dynamique de la spirale, de l’enfoncement et de l‘enclavement.

Nous étudierons dans un premier temps en quoi cet extrait est le témoin d’une profonde fracture symbolisée par des effets de contrastes et de paradoxes qui crée des discordances. Puis nous nous pencherons sur le cas d’Ivanov en essayant de percevoir les traits mélancoliques mis à jour dans ces dernières scènes puis nous essaierons de cerner en quoi ce passage est caractéristique d’une tragédie moderne.

Cet extrait est caractérisé par de diverses fractures qui mène à un sentiment de discordance. Fractures dans les thèmes abordés, dans le ton, dans l’attitude des personnages, au sein du comportement d’un même personnage et cela est tout d’abord traduit par des didascalies. En effet, ces dernières, au cours dans cet extrait se montrent particulièrement paradoxales. En effet, elles se retrouve en contradiction avec ce qui est dit. Ainsi Borkine apparaît : « ( entrant avec un bouquet) » Il est le seul encore à penser au mariage, de même quand Ivanov répond à Lvov « Il rit » alors que plus rien n’a d’importance pour lui et qu’il prend enfin conscience de ce qu’il est devenu. Ce rire est dérisoire, c’est la dernière trace de ce qu’il a pu être.

Cet état de fait est également traduit par sa structure en dent de scie qui amplifie la dissonance entre les personnages et au sein d’Ivanov lui-même.

« la lassitude (comme le confirmera M. Bertenson) ne s’exprime pas seulement par les jérémiades ou la sensation d’ennui. La vie d’un homme fatigué ne peut être représentée ainsi :

Elle est très inégale. Tous les hommes fatigués ne perdent pas la capacité de s’exciter au plus haut degrés, mais pour très peu de temps. » (Tchékhov - Correspondance »

« Où ça « partons » ? Attends, je vais en finir très vite avec tout ça ! Ma jeunesse c’est réveillée en moi, C’est l’ Ivanov d’avant qui parle ! » (Acte IV, scène XI)

Ici nous assistons au dernier sursaut, l’ultime trace de vie d’Ivanov avant que la mort ne l’emporte. Cela s’exprime de manière sporadique par des interventions brèves mais de tonalité exclamative : « Ivanov (en riant) : Ce n’est pas un mariage, c’est un débat parlementaire. », « Laissez moi ! ». Notons que dans la première version, Ivanov semble « guéri », : « Mon oncle cher oncle, je souris et je ris comme le plus heureux des mortels » (Acte IV, scène IV). L’enfoncement progressif arrive ici à son paroxysme, c’est une tentative désespérée d’échapper à un destin funeste puisqu’il avoue à Chabelski qu’il est « j’ai l’impression que je suis prêt à tomber d’un moment à l’autre…C’est comme si, je ne sais pas, ça me lançait dans tout le corps » (Acte IV, scène IV). La mort est déjà là malgré les ébrouements du personnage pour y échapper. Il est enfermé, pris dans le cœur d’une spirale qui n’aura de cesse qu’à sa mort (Peter Stein).

Le bataille pour la vie se caractérise également dans la scène XI où deux groupe de personnages s’affrontent. D’un coté Borkine avec son bouquet de fleurs fraiches et sa fleur jaune à

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