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Commentaire sur le roman Manon Lescaut de l'Abbé Prevost

Note de Recherches : Commentaire sur le roman Manon Lescaut de l'Abbé Prevost. Recherche parmi 234 000+ dissertations

Par   •  13 Juin 2012  •  1 535 Mots (7 Pages)  •  1 841 Vues

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Manon Lescaut

L'Abbé Prévost

La mort de Manon

De "Pardonnez, si j’achève en peu de mots..." à "...la mener jamais plus heureuse."

Extrait étudié :

     Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue. Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple. Toute ma vie est destinée à le pleurer. Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur, chaque fois que j'entreprends de l'exprimer. 

     Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit. Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil. Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes. Je les approchai de mon sein, pour les échauffer. Elle sentit ce mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible, qu'elle se croyait à sa dernière heure. Je ne pris d'abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations de l'amour. Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. N'exigez point de moi que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte ses dernières expressions. Je la perdis ; je reçus d'elle des marques d'amour, au moment même qu'elle expirait. C'est tout ce que j'ai la force de vous apprendre de ce fatal et déplorable événement. 

     Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva point, sans doute, assez rigoureusement puni. Il a voulu que j'aie traîné, depuis, une vie languissante et misérable. Je renonce volontairement à la mener jamais plus heureuse.

Extrait de la deuxième partie de Manon Lescaut - L'abbé Prévost

Situation : Dénouement de l’histoire.

Thème : La mort de Manon.

Composition et type dominant : Récit très court (résumé) s’adressant à l’auditeur et au lecteur (à la manière d’une autobiographie).

Sobriété du récit : Un récit très court, indicible. Champ lexical du corps souffrant pour une agonie. Euphémismes.

Registre pathétique : 

- Champ lexical de la mort 

- Tendresse des gestes réciproques. 

- L’acceptation de Manon. 

- Hyperboles pour traduire l’excès de souffrance 

- Allitérations en « s ». 

- Adresses à Renoncourt (pris à témoin) : phrases injonctives = prières, excuses. 

- Passage du « nous » au « je ».

Registre tragique : 

Le poids du destin (vocabulaire : malheur, infortune, misérable).

            Voir : Fiche de révision sur les registres

Visée de l’auteur : Une mort exemplaire par attitude pleine de dignité de la part de Manon (à l’opposé de la Manon libertine que nous avons connu dans le roman => Une autre Manon => Personnage mystérieux.

Sens de la mort : Souci de vraisemblance. Moralité de l’histoire. Punition de Manon ? Rédemption du personnage par cette fin édifiante ? Malédiction des amants ? Plusieurs hypothèses…

Commentaire littéraire :

En fuite dans le désert après le duel entre des Grieux et Synnelet laissé pour mort, les deux amants épuisés se couchent en se donnant des soins réciproques (elle panse sa blessure, il lui confectionne un lit en se dépouillant de ses habits) qui marquent l’apogée de leur tendresse. C’est à ce moment d’union parfaite qu’intervient la mort de Manon. Ce passage constitue un moment stratégique du récit de des Grieux puisqu’il en est le vrai dénouement. 

I. La sobriété du récit :

A) Les caractéristiques de la narration : 

Toute la scène est racontée du point de vue de des Grieux et témoigne de la réalité de son chagrin. 

Le discours (le commentaire) l’emporte sur le récit : Le narrateur multiplie les adresses à son interlocuteur (« Pardonnez » ; « Je vous raconte » ; « n’exigez »). Des Grieux exprime ses sentiments, sa difficulté à s’exprimer ; la souffrance vécue à nouveau à l’évocation de cette mort. Il y a des hyperboles (« Un récit qui me tue » ; « Un malheur qui n’eut jamais d’exemple »). 

Pas de longue scène : manifestations de l’agonie. Seuls quelques signes corporels révèlent à des Grieux l’approche de la mort : mains « froides et tremblantes » ; « Voix faible

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