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Commentaire du roman Bel-Ami de Maupassant

Rapports de Stage : Commentaire du roman Bel-Ami de Maupassant. Recherche parmi 234 000+ dissertations

Par   •  16 Décembre 2012  •  1 283 Mots (6 Pages)  •  616 Vues

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L’angoisse et le vertige de la page blanche, ce”vide papier que sa blancheur défend“, pour reprendre l’expression du poète Mallarmé, restent certainement parmi les expériences les plus douloureuses de tout écrivain, et c’est peut-être pour les avoir connues que Maupassant, dans cet extrait de Bel-Ami, roman publié en 1885, se plaît à en évoquer les étapes par l’intermédiaire de son personnage, Georges Duroy, alors que celui-ci fait ses débuts dans le journalisme. Cette incapacité d’écrire prend ici une allure plus tragique, car seul cet article pourrait donner à Bel Ami l’occasion d’échapper à la misère qu’il connaît depuis son arrivée à Paris. Il lui faut saisir la chance qui lui est offerte ou se résigner pour toujours à la pauvreté.

Si la description que fait Maupassant de son dénuement nous fait comprendre l’enjeu de cette rédaction, en revanche l’évocation minutieuse des difficultés rencontrées par le personnage révèle une certaine ironie, qui différencie clairement Duroy et Maupassant, le journaliste apprenti et l’écrivain, l’arriviste et l’artiste.

La misère dans laquelle vit Duroy nous est décrite par le personnage lui-même. Maupassant choisit la focalisation interne, comme l’indique le verbe de perception:”il aperçut“. Après les splendeurs de la maison des Forestier, Bel Ami prend davantage conscience de sa pauvreté: l’utilisation des adjectifs possessifs “son lit“, “ses habits“, voire “ses murs” permet de bien mesurer l’étendue de cette misère qui est la sienne.

Misère sensible d’abord par la présentation du mobilier, peu important: “un petit lit de fer“, “une chaise de paille“. A la banalité des matériaux (fer et paille), s’ajoutent l’étroitesse, marquée par l’adjectif “petit“, et l’usure, rendue visible par le “creux” du matelas, l’empreinte de son corps au fil du temps.

La description de ses vêtements appuie cette impression de pauvreté: l’accumulation des adjectifs: “jetés là, vides, fatigués, flasques, vilains“, accentuée par le jeu des allitérations en v et f, elles-mêmes construites en chiasme, révèle la situation du personnage qui les porte: misère, laideur, mais aussi laisser-aller, habitude, résignation, autant d’attitudes qui conduisent à la déchéance: la comparaison avec les “hardes de la Morgue” suggère à quel point l’existence de Duroy n’était jusque là qu’une mort déguisée. Le “chapeau de soie“, symbole de luxe, ne résiste pas à cet environnement qui le contamine, l’aumône apparaissant bien comme l’étape ultime à laquelle le personnage risque d’être réduit si sa vie ne change pas.

Mais le regard s’élargit aux murs, et par leur mention Maupassant nous donne l’impression d’un enfermement: la chambre de Bel Ami apparaît comme une sorte de prison dont il doit s’échapper. A la banalité du papier peint, ” gris à bouquets bleus“, à la froideur de ses couleurs, s’ajoute l’évocation des taches qui le parsèment, ce qui accentue l’aspect sordide du logement. Après les avoir qualifiées “d’anciennes“, le romancier précise “suspectes” et développe encore avec l’expression “dont on n’aurait pu dire la nature“, ce qui laisse le lecteur imaginer le pire! Maupassant propose de fait quelques explications, et quelles explications! “Bêtes écrasées ou gouttes d’huile, bouts de doigts graissés de pommade ou écume de la cuvette projetée pendant les lavages“, autant de détails sordides, appuyés par les allitérations en b, d, p, c, qui semblent matérialiser les taches en question. Il s’agit bien de la misère “en garni de Paris“, l’image d’une longue tradition de crasse et d’hygiène douteuse dans un appartement meublé qui a vu défiler de trop nombreux locataires. A cet égard, Duroy n’est qu’un parmi tant d’autres, et le comprendre lui est pénible, comme en témoigne sa réaction finale: la violence du vocabulaire, “exaspération“, “soulever” vient appuyer la nécessité , marquée par la répétition de l’expression “il fallait“, ainsi que l’urgence rendue par les précisions temporelles “tout de suite“, “dès le lendemain“. Ainsi la rédaction ce ce fameux article semble être la seule solution: Bel Ami doit remplir cette page blanche, métaphore de la nouvelle vie qu’il doit se créer.

De

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