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Analyse stylistique un Coeur simple

Commentaire de texte : Analyse stylistique un Coeur simple. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  14 Octobre 2019  •  Commentaire de texte  •  1 217 Mots (5 Pages)  •  325 Vues

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Extrait : « Cette maison, revêtue d’ardoises, se trouvait entre un passage et une ruelle aboutissant à la rivière. Elle avait intérieurement des différences de niveau qui faisaient trébucher. Un vestibule étroit séparait la cuisine de la salle où Mme Aubain se tenait tout le long du jour, assise près de la croisée, dans un fauteuil de paille. Contre le lambris, peint en blanc, s’alignaient huit chaises d’acajou. Un vieux piano supportait, sous un baromètre, un tas pyramidal de boîtes et de cartons. Deux bergères de tapisserie flanquaient la cheminée en marbre jaune et de style Louis XV. La pendule, au milieu, représentait un temple de Vesta ; – et tout l’appartement sentait un peu le moisi, car le plancher était plus bas que le jardin. Au premier étage, il y avait d’abord la chambre de « Madame », très grande, tendue d’un papier à fleurs pâles, et contenant le portrait de « Monsieur » en costume de muscadin. Elle communiquait avec une chambre plus petite, où l’on voyait deux couchettes d’enfants, sans matelas. Puis venait le salon toujours fermé, et rempli de meubles recouverts d’un drap. Ensuite un corridor menait à un cabinet d’étude ; des livres et des paperasses garnissaient les rayons d’une bibliothèque entourant de ses trois côtés un large bureau de bois noir. Les deux panneaux en retour disparaissaient sous des dessins à la plume, des paysages à la gouache et des gravures d’Audran, souvenirs d’un temps meilleur et d’un luxe évanoui. Une lucarne, au second étage, éclairait la chambre de Félicité, ayant vue sur les prairies. »

INTRODUCTION:

Avec des mots simples, des phrases sans fioritures, plutôt concises et directes, Gustave Flaubert compose le portrait d'une femme à partir de scènes quotidiennes, tout en se jouant du temps qui passe, inexorablement. Dans cette intrigue somme toute banale, l'auteur va à l'essentiel : une cuisinière femme de chambre qui ne vaut pas grand-chose aux yeux de Mme Aubain. Et tout cela dans un univers pour le moins plombant, une atmosphère étrangement calme et mélancolique.

Dans l’extrait sur lequel on travaillera, le narrateur décrit la maison de Madame Aubain en accentuant sa description sur le premier étage. Avant la mort de son mari Madame Aubain était une femme bourgeoise. Or à la mort de son mari, elle dû vendre la plupart de ses biens mais certains restèrent dans l’enceinte de la maison. Ceux-ci permettant l’identification de son ancienne classe sociale.

Le narrateur fait un mouvement continu en décrivant chaque partie de la maison à l’imparfait, amenant l’histoire dans un cas d’énonciation de récit. Cette description est coupée de la situation d’énonciation : des faits, des actions sont rapportés, mais le narrateur s’efface de l’énoncé. Le lecteur, également, n’est pas explicitement sollicité dans le texte.

Problématique : Comment Flaubert, dans une œuvre réaliste arrive-t-il à construire un portrait original ?

  • Ambivalence du conte , incipit du conte, laisse-t-elle le lecteur en suspens quant à la signification du conte

Dans un premier temps nous étudierons la description du luxe évanouie puis dans un deuxième temps, nous analyserons la description de l’ascension spirituelle de Félicité.

Dès le début de cet extrait, le lieu semble sans vie, la précision temporel et spatiale « tout le long du jour, assise » concernant Mme Aubain, contraste avec la phrase suivants. D’une part, les adjectifs qualificatifs des différents mobiliers montrent un certain niveau de vie. Le numératif des chaises « huit » et la précision « acajou » supposent que la maison recevait plusieurs invités, donc qu’il y avait de l’action, ce qui n’est plus. Cet effet d’action passé est souligné par présence d’un « piano » qui croule sous le poids d’affaires. De plus, la précision « Louis XV » et « jaunies » accentue l’aspect ancien du lieu. Au milieu de cet extrait, une expression ressort plus que les autres, celle relatant l’état de la maison de manière général : « et tout l’appartement sentait un peu le moisi, car le plancher était plus bas que le jardin ». La précision sur le niveau de la maison, peut être perçu à deux niveaux différents. La première sémantique vient faire référence à l’âge de la maison et à la détérioration des sols, donc la maison semble s’être enfoncée sous le poids des années. D’autre part, un deuxième degré sémantique peut être interprété, cette précision peut également faire référence à la descente d’un « niveau » social élever de Mme Aubin, qui est passé de femme mariée et bourgeoise à veuve endetté.

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