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Agnès Walch : Histoire de l’adultère XVIe-XIXe siècle

Fiche : Agnès Walch : Histoire de l’adultère XVIe-XIXe siècle. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  28 Juin 2020  •  Fiche  •  1 196 Mots (5 Pages)  •  34 Vues

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Lectures

Agnès Walch : Histoire de l’adultère XVIe-XIXe siècle

L’auteure a d’abord prêté attention à l’institution du mariage à partir des traités religieux et des ouvrages de morale. Question souvent esquiver, laissant à la littérature le soin de l’évoquer et d’en d écrire les conséquences. Mais pour Walch les auteurs n’ont pas tous, loin s’en faut, le talent de Madame de la Fayette pour démontrer que conserver l’amour dans le mariage, relève de l’exploit, ni celui d’un Flaubert pour comprendre que trop souvent, c’est l’ennui qui conduit à se jeter dans les bras d’un autre partenaire. S’il constitue par ailleurs l’un des principaux ressorts du roman, et plus encore du théâtre, il ne se borne pas au romanesque. Les anglo-saxons puisaient certes leurs sources dans la littérature, mais aussi dans le droit, les affaires de police et de justice ou les faits divers.

Quelques que soient les époques, l’infidélité constitue pour celui ou celle qui est trompé une meurtrissure. Et quand bien même elle ne heurterait pas l’affect ou se dissimulerait à tout jamais dans le silence des cœurs, elle est suffisamment traumatisante pour briser le cours d’une existence, notamment lorsque survient un enfant illégitime. C’est pourquoi la trame des histoires d’amour illégitimes, parallèles et secrètes, enfouies dans les cœurs ou révélées, avec son cortège de conséquences dramatiques, s’inscrit au plus profond de la trame de l’histoire humaine.

L’auteure note cependant, qu’en France l’adultère est un champ délaissé par la recherche. Il est évoqué avec beaucoup de discrétion par les sciences humaines, qui pourtant s’intéressent aux comportements intimes. Il ne retient pas l’attention des sociologues, qui, négligeant l’influence de la législation matrimoniale et soucieux d’éviter les jugements de valeurs, remplacent volontiers la notion d’adultère par celle de « multi-partenariat ».

Pour les historiens, il parait si universellement pratiqué qu’il se déroberait en tant qu’objet historique. Ainsi la littérature qui promeut l’exemplarité du singulier, peut- être lue comme le reflet du système de valeurs de son époque. Elle aide à comprendre les idées les plus communes, les préjugés les plus ordinaires et les réactions les plus courantes.

Selon l’auteur, le mot évoque, la tromperie, la falsification, la trahison, la duperie, le mensonge, le double jeu, quand ce n’est pas le désordre, la corruption, le dévergondage ou le libertinage.

Au XVIe siècle, le terme « minautorisé » est très en vogue désignant le mari trompé. Dans les premières années du XIXe siècle Charles Fourier[1], l’utopiste connu pour avoir imaginé le phalanstère, s’inspirant d’une longue tradition, dresse la liste d’une soixantaine de sortes de « cocus » qu’il qualifie avec un raffinement digne des plus grands grammairiens.

Le XIXe siècle apparait comme le siècle de l’adultère bourgeois.

Etudier l’infidélité, c’est donc étudier la manière dont les individus se soumettent à la loi dans un domaine situé à la frontière du public et de l’intime. (Pour un aristocrate, tromper sa femme est de bon ton, seul le bourgeois, à la vie monotone et laborieuse se soucie du qu’en- dira-t-on. Pour les femmes, l’adultère peut devenir un moyen de franchir les barrières sociales (différence entre Emma Bovary et Jeanne de Lamare).

Avec la révolution le phénomène se démocratise en devenant principalement bourgeois, si bien qu’Emile Zola constate, en 1881 dans un article donné au Figaro, que « l’adultère est la plaie de la bourgeoisie comme la prostitution est celle du peuple ».

Dès le XVIIe siècle, et plus encore au XVIIIe siècle, l’adultère parait la conséquence directe de l’absence de divorce.

 Chapitre IV de l’ouvrage : De l’illicite vers le licite

P.302 : Depuis le début du XIXe siècle, porté par un courant préromantique puis romantique, les sentiments sont valorisés. Peu d’hommes et de femmes sont réticents quand il s’agit de les brandir pour justifier leur conduite. Les tribunaux voient passer des couples illégitimes qui revendiquent haut et fort leur attachement au nom d’un droit à l’amour s’opposant aux conventions. Ils tentent de faire fléchir la justice devant la Souveraineté de la passion, entreprise délicate mais non impossible au fil du temps, car cette tolérance est le fruit d’une évolution. Si l’amour est encore une allégation faible des années 1850 pour justifier des conduites inconvenantes, il s’impose comme raison suffisante dans les deux dernières décennies du siècle.

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