On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset
Commentaire de texte : On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar cobra73 • 22 Juillet 2026 • Commentaire de texte • 2 856 Mots (12 Pages) • 19 Vues
Musset : scène d' exposition
Com linéaire
Introduction
Alfred de Musset est l’un des principaux représentants du romantisme français,
C’est un écrivain qui oscille toute sa vie entre deux facettes : celle d’un écrivain brillant et travailleur, et celle d’un homme débauché et alcoolique. Musset, c’est aussi l’homme passionné qui vécut une relation orageuse avec l’écrivaine George Sand pendant 2 ans, relation qui l’inspira par ses éclats et ses déceptions pour écrire On ne badine pas avec l’amour.
En 1830 Alfred de Musset propose sa première pièce sur scène, La Nuit vénitienne.
C’est un échec total qui le conduit à une décision radicale : il continuera d’écrire pour le théâtre mais publiera en revue et en volumes. C’est ainsi qu’en 1834 paraît la deuxième livraison du Théâtre dans un fauteuil qui contient On ne badine pas avec l’amour une pièce qui ne sera crée sur scène qu’en 1861, après sa mort.
Dans cette scène d’exposition, un choeur présente un personnage : Maître Blazius. Il présente lui-même son maître, Perdican en un portrait particulier où l'on voit déjà d'une part les marques du comique qui va traverser toute la pièce mais aussi et surtout les grands traits du caractère de Perdican, fier, et même orgureilleux, qui va jouer un rôle central dans toute la pièce.
Problématique
Nous nous demanderons donc en quoi cette scène d’exposition, donne les informations nécessaires au futur déploiement de l’intrigue tout en installant l’atmosphère de la comédie.
Plan
Pour mener cette analyse linéaire de l’acte I scène 1 de la pièce On ne badine pas avec l’amour, nous suivrons le premier mouvement du texte, c'est à dire l'échange entre le chœur et Maître Blazius et la tirade de présentation de Perdican par Blazius du début de la scène à la sortie de Maître Blazius en gardant à l'esprit que la scène entière à été écrite par Musset en deuxtemps, avec ensuite, l'échange entre le chœur et Dame Pluche et la présentation de Camille par Dame Pluche.
1: la didascalie et le choeur
Une didascalie précède la première intervention du chœur : « Une place devant le château ». Elle situe, bien que sans précision, le lieu de l’action. Il s’agit d’un univers aristocratique mais l’époque n'est pas précisée.
Un chœur intervient d’abord, ce qui est surprenant. Le chœur est un personnage collectif caractéristique de la tragédie antique. Son rôle est de commenter l’action. Ici, il est composé de villageois, sujets du baron qui vivent à proximité du château.
La première tirade du chœur décrit l’arrivée d’un personnage dénommé « Messer Blazius ».
Le nom lui-même a de quoi étonner : « messer » est un terme vieilli qui évoque le moyen âge et à la fois le latin ( -ius) et l’argot « blase », qui signifie « nez » ou « nom ». Il y a quelque chose de ridicule dans ce personnage : « Monsieur nom », ou « Monsieur nez » !
Il arrive « doucement bercé sur sa mule fringante » : c’est une monture modeste, qui n’indique pas le grand seigneur. On peut deviner la paresse d’un personnage qui se laisse conduire.
L’entrée en scène commentée par le chœur apparaît donc comme un moment comique et un peu caricatural : on a affaire au portrait d’un personnage tout en rondeur, ce que montre sa description, paresseux et gourmand, qui récite des prières et ne pense qu’à boire.
Les comparaisons utilisées ridiculisent Blazius : il est « comme un poupon » donc renvoyé à la toute petite enfance et « pareil à une amphore antique ». La forme ovale des vases antiques (destinés à contenir le vin) donne une image comique de Blazius et souligne son penchant pour le vin.
On peut relever Le champ lexical de l’assoupissement : « oreiller », « yeux à demi fermés ». Cela renforce le caractère paresseux du personnage : « Doucement bercé sur sa mule fringante ». Blazius se laisse vivre et ne dépense pas d’énergie inutile… On peut aussi remarquer que la présentation de Blazius par le chœur fait entendre une d’allitération en /p/, /b/ et /m/, des sonorités douces qui vont bien avec un personnage tranquille, somnolant et apaisé.
Enfin, Blazius « s’avance dans les bluets fleuris » : outre le choix d’une consonance ancienne (« bluet » plutôt que « bleuet », qui redouble le choix de « messer » ), le décor se précise. Il est bucolique. (La poésie pastorale, ou poésie bucolique, est un genre poétique dont l’objet est de représenter la vie champêtre et les mœurs des bergers, d’après la nature souvent idéalisée..)
2: La première intervention de Blazius
La première intervention de Blazius consiste à demander avant toute chose « un verre de vin frais » : l’ivrognerie comique du personnage est confirmée. En échange, il promet « une nouvelle d’importance » qui éveille l’intérêt des spectateurs visés par la double énonciation. (= le message de Blazius s'adresse aux personnages et aux spectateurs qui attendent également de savoir de quoi il s'agit puisqu'e c'est le tout début de la pièce et que le spectateur est en quête d'informations pour comprendre ce qu'il voit.)
3: la réplique du choeur
Le chœur se montre accueillant en présentant sa « plus grande écuelle », superlative quant au volume mais l'objet est très famillier et pas digne d'un hôte : Sa gentillesse apparaît donc comme un peu moqueuse.
Maître Blazius est invité à boire d’abord et parler ensuite. Sa parole est donc l’objet d’une mise en scène et d’une attente auxquelles répond l’emphase du précepteur.
Nous apprenons en effet dans la tirade de Blazius ce qui justifie son titre de « maître » : il est le « gouverneur » du « jeune Perdican, fils de notre seigneur » « depuis l’âge de ses quatre ans ». À ce titre, il se montre paternel envers le chœur qu’il appelle « mes enfants ».
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