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Analyse linéaire lettre 10 Lettres d'une Péruvienne

Cours : Analyse linéaire lettre 10 Lettres d'une Péruvienne. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  24 Juin 2026  •  Cours  •  1 979 Mots (8 Pages)  •  8 Vues

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Séquence 2 : Un récit d’aventure écrit par une femme : Françoise de Graffigny, Lettres d’une péruvienne OI – Séance 3 : analyse linéaire, lettre 10 – Oral bac :

Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

OI : Françoise de Graffigny, Lettres d’une péruvienne, Classiques et Cie, Hatier, 3,20 €.

Lecture.

Faites une introduction : 

Œuvre : Lettres d’une Péruvienne (1747, réédition 1952) est un roman épistolaire publié anonymement qui connaît un immense succès. Il trouve son inspiration dans Les lettres persanes de Montesquieu.

Enlevée à son Pérou natal par des conquistadors espagnols, Zilia est conduite de force en Europe où Déterville, un jeune Français, la prend sous sa protection et entend l’épouser. Dans des lettres adressées à Aza, son fiancé resté au pays, la jeune Inca confie ses peurs et ses émerveillements face à une société qu’elle ne comprend pas et qui parfois la révolte.

Auteur : Françoise de Graffigny – 1695 (Nancy) – 1758 - Née d'Issembourg du Buisson d'Happoncourt, dans une famille de petite noblesse, elle est mariée à 17 ans à un officier brutal et dépensier dont elle a trois enfants avant d’obtenir d’en être séparée de corps (1723). Veuve, son père décédé en 1733, elle commence à écrire.

Elle laisse un roman remarquable redécouvert au début des années 1970.

Texte : Le situer, résumer l’extrait :

Lettre 10 : Zilia arrive en France. Elle est étonnée et émerveillée et compare avec son pays dans cette lettre où elle livre ses premières impressions.

Genre : Argumentation indirecte.

Question : Comment la romancière dans son récit de voyage montre-t-elle suite à la découverte d’une ville française la progression de la réflexion de l’héroïne ?

Mouvements :

Mouvement 1 : La sidération devant l’inconnu : l 1 à 5.

Mouvement 2 : Le regard sur l’autre : l 6 à 17.

Mouvement 3 : Les réflexions désabusées de Zilia : l 18 à 23.

Analyse linéaire de l’extrait :

Premier mouvement : La sidération devant l’inconnu : l 1 à 5.

1 Je suis enfin arrivée à cette Terre, l’objet de mes désirs, mon cher Aza, mais je n’y vois encore rien qui m’annonce le bonheur que je m’en étais promis, tout ce qui s’offre à mes yeux me frappe, me surprend, m’étonne, et ne me laisse qu’une impression vague, une perplexité stupide, dont je ne cherche pas même à me délivrer ; mes erreurs répriment mes jugements, je demeure incertaine, je doute presque de 5 ce que je vois.[pic 1]

  • L 1 « cette Terre» = périphrase qui désigne Marseille (probablement), pas de nom précisé car c’est un endroit inconnu pour Zilia / + « l’objet de mes désirs » = autre périphrase : Son rapport à l’Europe est marqué par la confusion et la désillusion = elle avait placé beaucoup d’espoirs dans ce voyage / + « mon cher Aza » = adresse à son fiancé Aza = forme de la lettre.
  • L 1-2 : « mais je n’y vois encore rien qui m’annonce le bonheur que je m’en étais promis » = négation partielle « n’ rien » + plus-que-parfait = déception de Zilia par rapport à ses attendus.

-         L 2-3 : énumération (accumulation) avec gradation des verbes avec leurs COD « me » qui renvoient à Zilia montrant son étonnement : « me frappe, me surprend, m’étonne, et ne me laisse » + l 3 à 4 : champ lexical de l’incertitude et adjectifs : « impression vague, une perplexité stupide, je demeure incertaine » : insistance sur son désarroi et la perte de repères de Zilia confrontée avec un univers inconnu et incompréhensible.

On découvre donc immédiatement les émotions de la jeune femme.

- Phrase entière = mvt : une seule phrase longue, avec 14 verbes = 14 propositions juxtaposées sans lien logique = pensée de Zilia avec un esprit confus et troublé.

Dans ce premier mvt, Zilia est désorientée et loin d’être émerveillée par ce nouveau monde. L’entrelacement des champs lexicaux provoque chez le lecteur un effet de confusion et d’instabilité, il partage alors le désarroi de la jeune Péruvienne.

Deuxième mouvement : Le regard sur l’autre : l 6 à 17.

À peine étions-nous sortis de la maison flottante, que nous sommes entrés dans une ville bâtie sur le rivage de la Mer. Le peuple qui nous suivait en foule, me paraît être de la même Nation que le Cacique, et les maisons n’ont aucune ressemblance avec celles des villes du Soleil : si celles-là les surpassent en beauté par la richesse de leurs ornements, celles-ci sont fort au-dessus par les prodiges dont elles sont 10 remplies.

En entrant dans la chambre où Déterville m’a logée, mon cœur a tressailli ; j’ai vu dans l’enfoncement une jeune personne habillée comme une Vierge du Soleil ; j’ai couru à elle les bras ouverts. Quelle surprise, mon cher Aza, quelle surprise extrême, de ne trouver qu’une résistance impénétrable, où je voyais une figure humaine se mouvoir dans un espace fort étendu !

15 L’étonnement me tenait immobile les yeux attachés sur cette ombre, quand Déterville m’a fait remarquer sa propre figure à côté de celle qui occupait toute mon attention : je le touchais, je lui parlais, et je le voyais en même temps fort près et fort loin de moi.

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