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La décadence de la notion d'Etat sous les Mérovingiens et les Carolingiens (fin Ve – 987)

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Par   •  29 Mars 2026  •  Cours  •  9 410 Mots (38 Pages)  •  14 Vues

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LEÇON 2 – LA DÉCADENCE DE LA NOTION D’ÉTAT SOUS LES MÉROVINGIENS ET LES CAROLINGIENS (fin Ve – 987)

Le nouveau monde qui s’ouvre au Ve siècle est habité par différentes forces divergentes, qui tendent à limiter, à compromettre la croissance et la cohésion de l’État. Cela va se vérifier sur plusieurs siècles : sous la dynastie mérovingienne, et aussi sous la carolingienne. Finalement, on assiste à une dislocation progressive de l’État.

SECTION 1 – La dynastie mérovingienne : une conception personnelle du pouvoir (fin Ve-751)

• Constatons que dans le dernier tiers du Ve siècle, l’Europe et la Gaule en particulier vont subir de profonds bouleversements politiques, qui sont liés à l’affrontement et à l’expansion des peuples barbares. Concrètement, l’Europe occidentale se répartit en différents royaumes ou principautés indépendantes. Le territoire de la Gaule subit exactement le même sort.

o Au Nord et au Nord-Est, on trouve deux royaumes :

 Celui des Francs

 Un reste de l’Empire romain (poche de résistance), dirigé par Syagrius

o À l’Est et au Sud-Est, on trouve deux autres royaumes :

 Celui des Alamans

 Celui des Burgondes

o Enfin, dans la partie Sud-Ouest et en Provence, on trouve le royaume des Wisigoths.

• Parmi les différentes tribus franques, l’entité la plus importante de ces royaumes barbares est incarnée par les Francs saliens. C’est cette entité qui prendra bientôt possession de toute la Gaule. Ils sont organisés sous la forme d’une monarchie héréditaire, dans laquelle les rois se succèdent de pères en fils. Il s’agit de la famille des Mérovingiens, qui tient son nom de celui qui est considéré comme ayant été le deuxième roi des Mérovingiens : c’est Mérovée. Le fils supposé de Mérovée est Childéric Ier, qui va s’imposer pendant son règne (457 - 481) comme le plus puissant des rois Francs. Pour autant, au regard de l’ensemble des royaumes barbares, les Francs saliens demeurent en retrait par rapport aux autres rois barbares présents en Gaule.

• En 481, Childéric Ier meurt. Il est remplacé par son fils, Clovis. Avec l’arrivée au pouvoir de Clovis, on assiste véritablement au point de départ de la dynastie mérovingienne. En quelques décennies, Clovis va conquérir et réunir sous son autorité presque tous les royaumes barbares du territoire de la Gaule. Il va parvenir à ce résultat de deux façons :

o Clovis parvient à ce résultat grâce à ses victoires militaires. Trois moments importants à noter :

 En 486, à Soissons, il remporte une victoire contre Syagrius.

 En 496, à Tolbiac, il bat les Alamans. Selon la légende, c’est à ce moment-là que Clovis aurait une révélation divine le poussant à se convertir au christianisme.

 En 507, il remporte une victoire à Vouillé contre les Wisigoths, bataille au cours de laquelle Alaric II est exécuté.

Après toutes ses victoires, Clovis va fonder le royaume des Francs, qui donnera ensuite la France. Ce royaume franc qui se met en place a deux caractères principaux :

 Il devient chrétien à la suite du baptême de Clovis.

 Il est marqué par la tradition barbare, mais aussi par l’héritage romain.

o Clovis est parvenu à ce résultat aussi par son talent politique. En effet, Clovis était un stratège, ce qui lui a permis d’instaurer durablement son autorité au sein des territoires conquis, en posant les fondements du royaume franc. Concrètement, Clovis est à l’origine de la naissance d’une dynastie. Il va, parallèlement à cela, fonder une alliance entre l’autorité royale et l’Église (entre le trône et l’autel).

• À la mort de Clovis en 511, ses fils vont parachever son œuvre. La Gaule, pendant plusieurs siècles, va être gouvernée par la même autorité. Plus précisément, les Mérovingiens vont diriger un royaume jusqu’en 751 où coexistent sur un même territoire des peuplades, des ethnies dont les traditions juridiques et politiques sont différentes. Au regard de cette situation, les Mérovingiens font faire face à un problème : celui de la stabilisation de cet ensemble territorial. Pour résoudre ce problème, ils vont mettre en place une royauté, qui va consacrer une conception personnelle du pouvoir.

o On constate alors que, parmi les éléments constitutifs du pouvoir royal, des caractères sont par essence francs, barbares.

o On se rend compte également que d’autres éléments constitutifs, en revanche, découlent de l’héritage romain et chrétien.

Le contenu de ce pouvoir est clairement identifié.

§ 1 – Une conception imprégnée des traditions franques

Les Francs développent une conception relativement simple du pouvoir, qui est héritée de leur culture barbare. On peut en déduire que leur conception du pouvoir est très en retrait par rapport à l’idée romaine de res publica. Elle n’a donc pas grand-chose à voir avec la notion d’État. Plus précisément, ces traditions barbares se manifestent à travers deux choses :

• La persistance d’un lien personnel entre le roi et ses sujets (A) ;

• Le caractère patrimonial de la royauté (B).

A – Le lien personnel

Le pouvoir royal Mérovingien/Franc repose sur ce que l’on appelle des liens de fidélité personnelle. Ce pouvoir présente trois caractères principaux :

1) Il n’y a pas d’autorité publique instituée, ni de permanence dans l’administration. – Cette réalité va entraîner une fragilité structurelle du pouvoir royal, de l’autorité monarchique. Lorsque les rois Mérovingiens/Francs sont faibles, c’est le pouvoir royal dans son ensemble qui s’affaiblit à son tour.

2) L’allégeance au roi se porte nécessairement vers la personne de celui qui commande. – L’obéissance ne se fait pas en faveur d’une « « chose publique » (res publica). À l’époque mérovingienne, la res

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