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L'humanisme de la Renaissance

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Par   •  4 Mars 2013  •  Cours  •  1 906 Mots (8 Pages)  •  452 Vues

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L'HUMANISME DE LA RENAISSANCE

Renaissance, humanisme et Réforme.

Certains ont pu avancer que ce que cherchait la Renaissance, c'était l'antiquité classique en son art, alors que ce que cherchait l'humanisme c'était l'antiquité classique en ses idées. [1] La réalité paraît avoir été différente et on peut dire que Renaissance et humanisme se confondent ; et cela dès l'origine dans la personne même, du premier des humanistes italiens : Pétrarque. Érudit, curieux des mœurs et de la nature, archéologue et philologue, passionné d'auteurs comme Cicéron et Virgile, promoteur de l'étude du grec, Pétrarque voulait créer ce monde moderne où, avec la foi chrétienne, la morale et la philosophie de l'antiquité se confondraient réconciliées.

Ce qui est intéressant, c'est de constater la chronologie d'une évolution, d'abord parallèle puis divergente, de l'humanisme et de la Réforme. Au moment où Calvin publia son « Institution Chrétienne », le mouvement français de la Réforme était déjà vieux d'un quart de siècle, car son origine se confondait presque avec celle de l'humanisme de la Renaissance française. L'humaniste ne se contentait pas de s'inspirer de la forme des œuvres des maîtres de l'antiquité, il affirmait sa conviction que l'étude des lettres antiques rendrait l'humanité plus civilisée. L'idée centrale de l'humaniste c'était que l'homme était pour l'homme le plus digne des sujets d'étude. Les humanistes français, comme Étienne Dolet, exprimaient clairement leur ambition pour une réussite dans cette vie. « ... Pendant que je puis, je goutte un bonheur mortel ; après la mort j'en connaîtrai peut-être un plus grand [2] ? »

On saluait alors le culte nouveau des sciences et des langues. En même temps, l'humanité retrouvait l'Évangile, comme elle avait retrouvé l'Iliade. Marguerite d'Angoulême publiait « Le Miroir de l'âme pécheresse » en 1531, c'était l'époque où la Renaissance rapprochait tous les hommes nouveaux. Malheureusement, après 1534, les persécutions les diviseraient. Après 1550, Calvin et le Concile de Trente rivaliseraient, pour consacrer la rupture entre humanisme et Réforme.

La Renaissance en substituant le libre examen au respect de l'autorité, avait ouvert la voie à l'évangélisme. Par là se profilait l'idée d'aller à la recherche de la vérité à l'aide des seules lumières de la raison individuelle. En outre, en proposant à l'étude les mêmes textes grecs, latins, hébreux... l'humanisme créait l'idée de l'universalité de la culture, du moins entre Européens. Enfin la Réforme, en poussant à l'éducation des enfants pour leur permettre de lire l'Écriture, favorisait leur accès à la culture humaniste par la lecture d'ouvrages profanes.

Mais la doctrine calviniste en prescrivant de ne croire qu'à l'Évangile et de n'attendre de salut que de la grâce divine, annonçait la fermeture des esprits et le divorce entre humanisme et Réforme. Pour un humaniste, la libre critique était en droit de s'appliquer à tout ce qui était à la portée de l'intelligence et de la volonté humaines, sans limitation par aucune autorité extérieure ou supérieure. Les Réformés par contre, excluaient du libre examen la Bible, qu'il était interdit de mettre en question. Alors que pour les humanistes, la Bible n'était qu'un livre.

Parmi les humanistes, beaucoup ne se contentaient pas de revenir au christianisme primitif, ils remontaient aux philosophes de l'antiquité, reprenant des philosophies qui ne niaient pas le moi, mais au contraire glorifiaient son libre et complet épanouissement, considérant la vertu comme un mérite de l'individu et non comme une grâce reçue de Dieu.

Enfin et surtout les humanistes croyaient à l'unité de la nature et à la conformité de l'homme avec la nature ; ils voulaient penser l'homme en tant qu'élément de la nature. Les humanistes se partageaient entre l'épicurisme satisfait de Montaigne et le stoïcisme joyeux de Rabelais.

Ainsi l'humanisme de la Renaissance non seulement s'éloignait de la religion, mais en ruinant le dogme du péché originel il tendait à devenir contraire au christianisme.

Les Grandes idées des Humanistes de la Renaissance

Par réaction contre le dénigrement de l'humain dans la culture judéo-chrétienne, conséquence de la culpabilisation liée au mythe du péché originel, la Renaissance a osé relever la dignité de l'homme, le réhabiliter et le mettre en valeur, en s'inspirant de l'antiquité gréco-latine.

Quelques idées philosophiques fortes se dégagent des écrits des humanistes de la Renaissance.

La première idée à retenir est celle de l'approfondissement de la connaissance de la nature de l'humain, de son corps comme de son esprit, qui était pour les Humanistes le point de départ de toute philosophie. Pétrarque se demandait à quoi servirait de connaître la nature et toutes ces choses, qui ne serviraient à rien au bonheur de la vie si l'on ignorait la nature de l'homme. La connaissance de soi devait, selon Marsile Ficin, permettre à l'âme de donner signification à la matière. Pic de la Mirandole reprenait à son compte ce jugement d'un Arabe affirmant qu'il n'y a rien de plus admirable que l'homme, et celui du Trismégiste admirant cette grande merveille qu'est l'être humain.

Dans cet esprit ils allaient à la recherche d'un fonds universel, commun à tous les humains, qui serait plus ancien et plus profond que toutes les religions ou philosophies, et qui permettrait de relier les hommes au-delà de leurs différences ; quelque chose comme une tradition immémoriale, enfouie au plus profond de la conscience humaine. Pétrarque voulait réconcilier la philosophie de l'antiquité avec la foi chrétienne. Marsile Ficin affirmait que les platoniciens auraient pu être chrétiens. Pic de la Mirandole allait plus loin ; il cherchait, au-delà de toutes les doctrines théologiques, à dégager leur unité au sein même de leur altérité, pour en dépasser les contradictions dans la recherche d'une concorde universelle.

De la prise de conscience de ce fonds commun à toute l'humanité, devait découler aussi une pacification des sociétés humaines, par la tolérance pour des idées

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