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Fiche de lecture - Histoire de la guerre d'indépendance algérienne (Sylvie Thénault ), 2005

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Par   •  27 Décembre 2016  •  Fiche de lecture  •  4 195 Mots (17 Pages)  •  458 Vues

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Histoire de la guerre d’indépendance algérienne

Flammarion, 2005 - 303 pages

L’auteur : Sylvie Thénault est membre du Centre d'histoire sociale du XXe siècle. Ses travaux portent sur le droit et la répression légale pendant la guerre d'indépendance algérienne. Elle a en particulier étudié des mesures ponctuelles, comme les couvre-feux en région parisienne et les camps d'internement français entre 1954 et 1962. Ses recherches s'orientent vers l'étude de l'internement à la période française dans son ensemble, dans le champ de l'étude de l'administration coloniale en Algérie : structures, législation, personnel, pratiques. Sa maîtrise d'histoire, en 1991, portait sur La Manifestation des Algériens à Paris le 17 octobre 1961 et sa répression. Sa thèse soutenue en 1999 traitait de La Justice dans la guerre d'Algérie.

Introduction : La recherche de Sylvie Thénault répond à plusieurs objectifs : une tentative de « banalisation » c’est-à-dire d’objectivation du conflit, l’indépendance étant considérée comme un fait dont la légitimité n’est plus à prouver, sans occulter ce qu’il eut de traumatisant mais sans s’enfoncer dans la culpabilité. Ne pas s’en tenir à une analyse militaire mais y intégrer les acteurs civils et politiques. Enfin tenter de trouver un équilibre dans l’analyse de cette histoire afin d’en éclairer les deux versants, français et algérien.

I. 1954 DANS LA LONGUE DUREE

  • L’Algérie française, une occasion manquée ?

La guerre d’indépendance ne vient pas sanctionner un échec de la France dans une assimilation possible des algériens qui aurait fondé une Algérie française stable et durable mais bien le processus colonial de domination à sa racine même.

L’idéal français était de faire des indigènes des français à part entière, mais sous prétexte de respecter leurs coutumes locales cette assimilation était incomplète (élections locales, emplois interdits ; processus de naturalisation pour, de « français musulman », devenir « français »). La population se divisait donc en trois statuts : français, juifs – juridiquement citoyens mais soumis au racisme – et musulmans.

Ex : Ferhat Abbas, figure de proue des assimilationnistes dans l’entre-deux-guerres, écrivait en 36 dans un article du Temps : « L’Algérie en tant que patrie est un mythe. » Pourtant, confronté à l’impossibilité des réformes donnant plus de droits citoyens aux algériens musulmans il défendra ensuite successivement le fédéralisme - l’idée d’une nation algérienne fédérée à la France sur le modèle du Commonwealth -, puis l’indépendantisme. Il sera le premier président du GPRA, gouvernement provisoire de la République algérienne. Cette trajectoire suggère que l’Algérie française aurait pu perdurer si l’égalité avait été accordée aux Algériens.

Cependant la plupart des indigènes voyaient d’un mauvais œil toute assimilation. Avant le démantèlement de l’Empire Ottoman (après 1918) ils espéraient leur délivrance par leurs frères de l’oumma, la communauté des croyants. Dès lors se crée en réaction à la présence française une conscience nationale qui se superpose à la conscience religieuse et qui perdure notamment dans les coutumes sociales et familiales. Les rapports amicaux entre européens et africains ne pouvaient masquer les inégalités économiques, sociales et politiques entre deux sociétés vivant côte-à-côte.

  • 1945-1955 : dix ans d’entrée en guerre ?

Si la révolte de Sétif indique l’état de dégradation auquel est arrivée l’Algérie en 1945, la guerre ne commence vraiment qu’en 1955, lorsqu’après la création du FLN la population à son tour entre en lice.

Dans les années 40 les Algériens ont vu la faiblesse de la France, les Américains ont répandu des discours anticolonialistes, des mouvements indépendantistes tels que les AML (amis du manifeste et de la liberté) de Ferhat Abbas ou le PPA (Parti du Peuple Algérien) de Messali Hadj se sont formés.

Ex : La révolte de Sétif, le 8 mai 1945. On fête la victoire alliée comme celle de la liberté, liberté que la foule demande pour Messali Hadj. Quand un scout porteur du drapeau algérien est abattu par la police des assassinats sauvages font une centaine de morts parmi les européens. La répression française fait entre 15 et 20 mille morts. Conséquences : les deux communautés se replient sur elles-mêmes, les idées nationalistes sont répandues.

L’insurrection du 1er novembre 1954 marque le début de la guerre et consacre la naissance du FLN (Front de Libération Nationale) et de l’ALN (Armée de…) Cette violence résulte de l’apparition d’une génération qui préfère l'action à la politique, et veut permettre la résolution des conflits (origines berbères vs arabo-islamisme, légalisme vs clandestinité) entre indépendantistes par l’activisme. Après les 70 attentats du 1er novembre, d’autres sont réalisés dans les mois qui suivent, forçant la France à envoyer l’armée et à déclarer l’état d’urgence dans tout le pays. Le 20 août 1955 (30 morts européens dont dix enfants – répression disproportionnée) semble un second 8 mai mais cette fois la population est dirigée par le FLN qui veut, de groupuscule qu’il était, augmenter sa légitimité et sa puissance. Le débat nord-africain est porté à l’ONU. Des deux côtés le conflit se radicalise. Du côté algérien de nombreuses divisions subsistent mais le camp a l’avantage militaire.

  • Les idées fixes de la IVème République

La mise en place de l’État d'urgence, qui permet de mettre hors la loi les insurgés sans leur accorder avec l’état de guerre l’appartenance à un autre pays, inaugure une double politique : action à la fois politique et militaire où le maintien de l'ordre (police, justice, préfecture) et la guerre (croissance exponentielle des effectifs armés) coexistent ; association de la répression, réclamée par les Français d'Algérie face à des attentats qui se multiplient, et des réformes économiques, sociales et administratives, qui visent d'une autre manière à conserver l'Algérie Française. Réformes et répression sont menés grâce aux pouvoirs spéciaux que le gouvernement de Guy Mollet obtient de l'Assemblée en mars 1956.

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