Le colonialisme de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle
Dissertation : Le colonialisme de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar samou31 • 25 Avril 2026 • Dissertation • 2 450 Mots (10 Pages) • 2 Vues
Entre 1884 et 1914, les empires coloniaux s’agrandissent fortement. L’Europe connaît une relative stabilité politique, tandis que les rivalités entre puissances se déplacent vers les territoires extra-européens : l’empire britannique gagne environ 12 millions de km², l’empire français environ 9 millions et l’empire allemand environ 2,5 millions. Au début du XXᵉ siècle, les territoires coloniaux représentent environ un tiers de la surface du globe.
Cette expansion repose largement sur la violence : conquêtes militaires, répression des résistances locales et mise en place d’un système de domination durable sur les populations colonisées. De nombreux historiens parlent ainsi d’un ordre colonial fondé sur une domination sans réel consentement, où la contrainte devient un instrument essentiel pour maintenir le pouvoir. Il faut prendre en compte l’article « colonie » dans le Grand Dictionnaire universel du XIXᵉ siècle, Larousse, 1863-1865, qui parle de la théorie des "races" selon laquelle l’homme blanc est supérieur à l’homme noir. Je cite : « le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l’espèce blanche ». Ainsi, la science justifiera la conquête coloniale et les crimes commis à cette époque.
Ces violences sont connues grâce aux archives et aux travaux des historiens, mais aussi grâce à la littérature, qui permet de les représenter et parfois de les dénoncer.
Pour cet exposé, j’ai fait le choix de ne pas faire de plan mais de vous exposer pourquoi les puissances coloniales ont eu recours de manière récurrente à la violence pour imposer et maintenir l’ordre colonial, à travers quelques cas.
Tout d’abord, nous allons parler de l’Afrique. Les Européens, en général, vont toujours s’emparer des territoires par l’usage systématique de la violence, en soumettant les populations locales. C’est le cas des Français qui le font en Algérie entre 1830 et 1962. Les Français veulent s’imposer en mer Méditerranée pour faire prospérer leur puissance commerciale et militaire. Sous les ordres de Charles X, ils débarquent en Algérie pour coloniser ce pays. Néanmoins, cela va être dur car il y a eu une très forte résistance de la part du peuple algérien. Les Français voulaient également libérer les chrétiens réduits en esclavage là-bas et en faire une colonie de peuplement et d’exploitation agricole.
Face au refus de la population algérienne de se soumettre, les colons vont avoir recours à la violence. Des écrits ont été retrouvés, notamment une lettre du général Saint-Arnaud à M. de Forcade où il narre toutes les violences infligées : la mise à feu de villages entiers, des terres agricoles saccagées pour provoquer la famine. Je cite : « tous les jardins saccagés, les oliviers coupés ». On parle de terre brûlée. Certaines œuvres artistiques ont permis d’illustrer les violences, notamment La grotte du Dahra de Tony Johannot, qui illustre l’asphyxie qui a fait périr une tribu algérienne (1200 personnes) qui refusait de se soumettre et se cachait dans des grottes.
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D’autres types de violences ont pu être découvertes grâce aux témoignages recensés par Farah Khodja, qui a écrit un livre sur la colonisation intitulé Récits d’Algérie, où il y a deux citations qui ont retenu mon attention. Kadri nous dit : « mon père endurait dans le silence car il ne voulait pas nous effrayer ; il avait le visage boursouflé à cause des décharges électriques ». Ici, on voit la torture que pratiquaient les soldats pour avoir des informations sur l’ennemi (les Arabes).
Il y a aussi Shilab qui dit : « si on t’attrapait, tu devais tenir au minimum deux à quatre heures la torture avant de révéler une information importante », sûrement pour laisser le temps de partir aux autres.
On a aussi le livre de Riceputi, Ici on noya les Algériens. Il va narrer dans cet ouvrage la répression subie et la violence. Il dit dans ses écrits que des centaines d’Algériens sont « noyés par balles » dans la Seine. C’était après la mise en place du couvre-feu ; ils manifestaient contre.
Un livre incontournable est celui de Fanon, Les Damnés de la Terre : « La violence est le moyen par lequel le colonisé se libère et retrouve sa dignité. » On voit donc que les colonisés ont lutté. Les Algériens se sont battus et les Kabyles ont été craints par les soldats français qui les trouvaient particulièrement forts.
Nous avons vu deux des méthodes employées sur les victimes par l’armée française : l’électricité et l’asphyxie. Mais il y en avait beaucoup d’autres : le viol avec le plus souvent des objets, les coups et la pendaison (le fait de suspendre en l’air par les poignets maintenus dans le dos jusqu’à ce que ses épaules se disloquent).
Albert Camus est aussi une figure qui, à l’époque, a milité pour les Algériens dans L’Étranger. Il écrit : « le soleil brûlait, la mer respirait, les pierres parlaient. Mais jamais une voix algérienne ; un pays sans habitants, un silence bien organisé ». Il décrit le rêve d’un pays vidé pour qu’un autre puisse s’y croire chez lui.
Pour finir avec l’Algérie, je suis obligé de vous parler du Code de l’indigénat. C’est un ensemble de règles qui permet aux administrateurs des colonies d’appliquer des peines diverses (prison, amendes) aux colonisés, sans procès. Outil majeur de la domination coloniale, symbole de la différence de traitement entre les colons et les habitants locaux, cela est une autre forme de violence. Il est d’abord mis en place en Algérie puis généralisé à l’Afrique et à l’Indochine. Justifié par les autorités comme un moyen d’assurer la sécurité après les révoltes, il n’a disparu officiellement qu’en 1946.
On va maintenant parler du Congo où il va y avoir énormément de travail forcé. Dans les colonies européennes (françaises, néerlandaises, anglaises…), les colonisés sont réquisitionnés pour la "mise en valeur" des territoires. Mal payés, exploités parfois jusqu’à la mort (chantier de la ligne de chemin de fer Congo-Océan, au moins 20 000 décès), ces travailleurs construisent des routes, des voies ferrées, cultivent des champs pour obtenir des produits exotiques tels que le café, le coton, le caoutchouc. Tout cela dans l’intérêt des Européens bien sûr. Certaines personnes sont emmenées dans d’autres colonies pour travailler sur des chantiers à des milliers de kilomètres de chez elles.
Le racisme est toujours présent. Pour les Européens, l’homme noir est par nature paresseux. Il convient donc de le mettre au travail. On sait aujourd’hui que cette "paresse" n’était autre qu’une forme de résistance face au travail forcé, qui ne sera supprimé qu’en 1946 dans les colonies françaises.
Les Européens vont très mal se comporter dans de nombreuses colonies : pillages, massacres, travail forcé, kidnapping d’enfants pour les placer dans les missions chrétiennes. Les missionnaires chrétiens ont également alerté les médias entre 1890 et 1900 pour dénoncer les crimes commis au Congo belge.
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