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La responsabilité du président Kennedy dans la guerre du Vietnam

Étude de cas : La responsabilité du président Kennedy dans la guerre du Vietnam. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  12 Mars 2026  •  Étude de cas  •  1 935 Mots (8 Pages)  •  236 Vues

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Le Vietnam à reculons

Quelles sont les responsabilités de Kennedy dans l’engagement américain au Vietnam ?

A l’automne 1951, Kennedy a effectué un tour du monde. Il se préparait pour la campagne sénatoriale de l'année suivante et avait senti - et sa famille comme lui - qu'il devait se faire la main en matière de politique étrangère. l'Indochine était sur son itinéraire. Il considérait cette étape comme l'une des plus importantes de son voyage, Kennedy atterrit donc en Indochine avec son frère Robert et sa sœur Patricia à l'automne 1951.

A cette époque, le pays est en guerre: d'un côté, les Français; de l'autre, le Vietminh. Les combats sont dans l'impasse, mais les perspectives militaires de la France sont sombres, et bien que l'action principale se déroule dans le nord, au Tonkin, la région de Saigon (aujourd'hui Ho Chi Minh-Ville) est ravagée par la guerre: les terrasses des restaurants de la ville sont protégées par des filets anti-grenade. Mais cette guerre coloniale française est alors en train de prendre un tour nouveau. Depuis 1949 en effet, la Chine est devenue communiste et le Vietminh au nord est puissamment aidé par les Chinois. Cette guerre de décolonisation devient donc un enjeu de guerre froide. Kennedy comprend cela.

Ce qu'il a vu lors de cette brève visite en 1951 l'a profondément marqué (voir texte). Cette visite a partiellement conditionné son opposition farouche, au départ, à l'envoi de l'armée de terre au Sud-Vietnam. Il craignait que les troupes américaines ne soient englouties dans la jungle, comme l'armée française avant elles. La défaite humiliante de Dien Bien Phu, en 1954, reste à l'esprit du président.

Mais il a d'autres exemples en tête. Les États-Unis ont assisté, impuissants, à la perte de la Chine devenue communiste en 1949, après la victoire de Mao Zedong. Il ne veut pas que son nom soit associé à la perte du Vietnam.

Autre événement historique toujours présent dans son esprit: les accords de Munich, où, en septembre 1938, les démocraties occidentales avaient accordé à Hitler l'annexion des Sudètes contre une promesse de paix, On sait ce qui s'ensuivit. Cette politique d'« apaisement» fut une reculade honteuse qui en réalité avait ouvert la voie à la Seconde Guerre mondiale, Kennedy restera partagé entre les doutes et l'impossibilité de céder devant le communisme.

L’opinion de Kennedy évolue sur le Vietnam entre l'époque où il était député, sénateur, puis candidat à la présidentielle de 1960. Dès le tout début de sa carrière - alors qu'il a une trentaine d'années, et qu'il est membre du Congrès -, il pose des questions très clairvoyantes sur le rôle que peut jouer l'Occident dans un monde en voie de décolonisation. Il comprend mieux que la plupart des démocrates et des républicains à Washington que les États-Unis risquent de se trouver du mauvais côté de l'histoire s'ils tentent de recourir à la force militaire pour écraser la nouvelle ferveur nationaliste qui se répand dans les colonies. «Nous devenons de plus en plus colonialistes dans l'esprit des gens», écrit-il dans son journal intime lors de sa visite en Indochine en 1951. Les États-Unis doivent comprendre que l'ennemi n'a pas pour seul nom le communisme, mais aussi« la pauvreté et le besoin, les maladies bénignes ou graves », ainsi que « l'injustice et l'inégalité».

En ce qui concerne l'Indochine, il demande en 1951 aux représentants du gouvernement français et aux membres de la légation américaine sur le terrain de lui expliquer ce qui se passe réellement et s'il est effectivement possible d'agir, A cette époque, il est même sceptique. Ce détail rend les événements historiques postérieurs d'autant plus intéressants, et tragiques.

Car il devient président dix ans plus tard et, malgré ce profond scepticisme qu’ il a conservé, il décide l'intensification de l'engagement américain. C'est lui qui devient l'un des architectes de la guerre menée par les États-Unis au Vietnam, guerre dont lui-même doute qu'elle puisse être gagnée par voie militaire. Là se situe la contradiction. L'une des raisons de son changement d'attitude et de sa pleine acceptation d'une implication militaire élargie des États-Unis après la défaite des Français en 1954 tient bien moins à la conviction qu'il faut maintenir un bastion anticommuniste au Sud-Vietnam qu'au sentiment que, s'il veut devenir président, il ne peut être le démocrate qui a assisté en silence à la perte du Vietnam. Son engagement en faveur de la guerre du Vietnam est aussi une question de géopolitique internationale et de politique intérieure.

Après la signature des accords de Genève, en 1954, le Vietnam est coupé en deux, le Nord étant administré par le Vietminh communiste. Les troupes françaises se retirent peu à peu. Eisenhower affirme son soutien au gouvernement du Sud-Vietnam, dirigé par Ngo Dinh Diem, un président que Kennedy connaît bien. De 1958 à janvier 1961, les États-Unis s'impliquent de plus en plus au Sud-Vietnam, militairement et économiquement. Le Sud-Vietnam n'aurait pas existé sans l'aide appuyée des États-Unis. Et, en 1959, les premiers Américains sont tués au Sud-Vietnam lors de l'attaque de la base militaire de Bien Hoa par des soldats du Vietcong.

Kennedy lors de la campagne présidentielle, parle comme un soldat de la guerre froide déterminé à combattre la menace communiste. On entend quelqu'un qui ne pose plus les difficiles questions qu'il soulevait en 1951. Il déclare désormais que les États-Unis sont lancés dans une lutte à mort contre l'Union soviétique. Aucune région du globe ne peut échapper à cet affrontement, pas même ce coin reculé qu'est l'Asie du Sud-Est où doit être maintenue une influence occidentale. Il affirme que Diem est un allié qu'il faut continuer de soutenir contre le Vietcong. Il conservera ce discours pendant toute sa présidence: «Je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment que nous devons nous retirer, déclare-t-il dans un entretien télévisé en septembre 1963. Ce serait une grave erreur» Malgré ces déclarations dignes d'un faucon, les doutes ne quittent jamais le président. Derrière les apparences, il ne veut pas que la guerre devienne une guerre américaine.

Kennedy est donc responsable de l’ouverture du conflit. C'est lui qui fournit sa puissance de feu à l'armée sud-vietnamienne, même si l'envoi d'un nombre d'armes grandissant commence dès les années 1950 sous la présidence d'Eisenhower. Washington expédie de plus en plus d'équipement, de techniciens pour en assurer le fonctionnement, puis des conseillers, qui, de nouveau, jouent un rôle croissant dans le soutien opérationnel de l'ARVN (Armée de la République du Vietnam). Au milieu de l'année 1963, plus de 16 000 conseillers militaires sont présents au Sud-Vietnam, contre moins de 1 000 lorsque Kennedy arrive au pouvoir.

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