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Géo-économie du commerce international

Fiche : Géo-économie du commerce international. Recherche parmi 258 000+ dissertations

Par   •  29 Août 2021  •  Fiche  •  4 997 Mots (20 Pages)  •  31 Vues

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Travail final: La géo-économie

  1. Potentiel de marché et d'investissement des pays de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale 

Introduction

 

Depuis les années 1990, nous assistons à une résurgence de l’intérêt accordé au processus d’intégration régionale. Ce regain d’intérêt s’est accentué, dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, avec le débat sur la mise en place des accords de partenariat économique et les gains tirés de la mondialisation.

L’intégration régionale peut être considérée comme le regroupement de plusieurs économies d’une région dans le but de réaliser des projets économiques ayant une portée commune. Elle vise donc l’intensification des échanges régionaux en offrant un marché plus vaste aux entreprises et des opportunités d’investissement. Elle offre un cadre propice au développement des économies d’échelle, considérées dans la nouvelle théorie du commerce international comme l’une des principales sources d’avantages comparatifs. Elle permet aux différents membres de bénéficier des avantages commerciaux sans que la clause de la nation la plus favorisée de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) n’en soit évoquée par d’autres pays. 

Toutefois, malgré les avantages théoriques escomptés, la plupart des travaux sur les intégrations sous-régionales des pays en développement montrent que celles-ci n’ont pas permis d’atteindre les objectifs économiques en termes d’accroissement de la compétitivité internationale, de construction des avantages comparatifs, de diversification des exportations, d’allocation efficiente des ressources ou de stimulation significative de la production et de l’investissement (Foroutan, 1993; Nogues et Quintanilla, 1993; Oyejide et Njinkeu, 2003). Des études empiriques montrent dans le cas des pays de l'Afrique subsaharienne que la mise en place de régimes préférentiels d’échanges n’ont pas d’impact en termes de création de commerce (Ariyo et Raheem, 1991 ; de Melo et al., 1992). 

S’agissant de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), zone économiquement intégrée qui regroupe en son sein six pays (le Cameroun, la

République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad), il ressort que malgré les avantages théoriques qu’offre une intégration économique régionale et ceux liés au potentiel économique qui se caractérise par l’abondance en dotation des ressources naturelles (pétrole, bois, manganèse, uranium, etc.), les échanges entre les pays sont insignifiants (1,4% en moyenne) et leur part de marché dans l’économie mondiale est marginale et ne cesse de diminuer dans le temps (Moussone, 2010). Ce faible flux des échanges reste préoccupant, même si pour certains auteurs elle s’explique en partie par la part non négligeable des échanges informels (Foroutan et Pritchett, 1993 ; Agbodji, 2007). 

Le caractère exceptionnel de la faible intensité des échanges intra-régionaux de la CEMAC comparée à celle des autres regroupements régionaux suscite l’interrogation suivante : quels sont les facteurs qui limitent les effets positifs de l’intégration régionale en terme d’opportunités de marché et d’investissements de la zone CEMAC ? 

Nous voulons montrer dans le cadre du présent papier que les faibles résultats enregistrés en terme de gains à l’intégration régionale en zone CEMAC s’expliqueraient par : l’existence d’une offre des biens concurrents et essentiellement constituée des matières premières, la non prise en compte de l’évolution de la demande régionale et la demande mondiale des biens et services, un climat des affaires peu attractif. Aussi, le manque de dynamisme actuel de cette sous-région traduirait-il l’existence d’un fort potentiel d’opportunités d’affaires. 

Ainsi, au regard de la configuration actuelle des échanges des pays de la CEMAC, nous montrerons que son potentiel économique est sous-exploité (première partie). Nous ferons un essai de recommandation des opportunités à développer, ainsi que les réformes indispensables (Deuxième partie).

 

 

I- La CEMAC, un espace économique au potentiel sous-exploité

Nous montrerons, à la lumière des effets attendus d’une intégration régionale, que la CEMAC est un espace économique sous-exploité en termes de production et d’investissement. Le caractère non dynamique de la structure d’offre s’explique par des facteurs endogènes et exogènes. 

  1. A – Les avantages attendus de l’intégration régionale 

Une importante littérature économique dégage des effets vertueux attendus d’une intégration régionale. Nous pouvons retenir dans le cas de la présente étude au moins deux avantages : l’intensification des échanges et l’attractivité des investissements directs à l’étranger (IDE). a – Intégration régionale et intensification des échanges 

Pour répondre aux exigences de performance de la mondialisation de l’économie, la plupart des pays ont constitué des regroupements régionaux, connus sous le nom d’intégration régionale. C’est le cas de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), créée en 1994. 

Une intégration économique régionale regroupe plusieurs pays qui souhaitent constituer un espace économique autonome dans lequel les obstacles et les disparités se réduisent, voire disparaissent (Guillochon et Kawecki, 2003). Selon les travaux de Balassa (1965), il existe cinq niveaux d’intégration économique que l’on peut classer selon l’ordre croissant suivant : zone de libre échange, union douanière, marché commun, union économique ou marché unique, union économique et monétaire. Cette classification peut renvoyer à deux types d’intégration économique régionale (Agbodji, 2007) : l’intégration commerciale composée de la zone de libre échange et de l’union douanière ; l’intégration par les marchés constituée du marché commun, du marché unique, de l’union économique et monétaire. 

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