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Module 5, situation de communication

Cours : Module 5, situation de communication. Recherche parmi 263 000+ dissertations

Par   •  7 Janvier 2013  •  Cours  •  1 923 Mots (8 Pages)  •  3 757 Vues

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La situation que j’ai choisi de développer et d’analyser s’est déroulée en octobre 2007 durant mon premier stage, dans une unité de soin de longue durée. C’est une situation de communication que j’ai vécue en terme de difficulté. Elle concerne une femme âgée de 85 ans traitée pour une démence Alzheimer évoluée. Afin de respecter le secret professionnel je l’appellerai Madame Lilas.

Dans un premier temps je présenterai la situation en précisant le lieu, le moment de la journée et les protagonistes. Je décrirai par la suite les émotions et sentiments ressentis en m’appuyant sur mes connaissances théoriques et sur les recherches spécifiques effectuées. Enfin j’analyserai de façon moins personnelle la situation en me positionnant en tant que future professionnelle de la santé.

La situation que je vis ce jour m’implique de façon directe. Je suis en fin de deuxième semaine de stage dans une unité de soin de longue durée. La collation de l’après midi vient d’être servie. Je passe donc de chambre en chambre pour m’assurer que tous les résidents ont pris leur café, et leur demande s’ils ont besoin d’aide. A ce moment, je suis seule, les aides-soignants commencent le nursing dans une autre partie du service Je finis par la chambre 01 dans laquelle se trouvent trois femmes. Je rentre et salue les résidentes. Tout parait calme et détendu.

Soudain, Madame Lilas, 85 ans traitée pour une démence Alzheimer évoluée se lève en déclarant : « le café était bon, je m’en vais, je rentre chez moi. Je dois prendre le car place Gambetta ». Je connais très bien Madame Lilas car cela fait deux semaines que je la prends en soin quotidiennement pour la toilette. Elle a perdu ses repères spatio-temporels. De façon régulière elle parle de son souhait de rentrer chez elle. Elle ne comprend pas où elle se trouve et surtout pourquoi. Je m’asseois près d’elle en tentant de la faire s’asseoir en lui prenant les mains avec le plus de douceur possible. Elle refuse de s’asseoir. Je lui demande si elle sait où elle se trouve. Elle me répond que oui, elle est à Pont L’Abbé. Je continue à lui poser des questions. « Savez vous où vous vous trouvez exactement ? » Son regard se tourne vers ses deux voisines de chambre, elle balaye du regard la pièce et me répond « je ne sais pas, je ne comprends, pas je veux rentrer à la Pointe (La Pointe est le quartier de Léchiagat où elle vivait avant son hébergement) je dois prendre le car, je vais être en retard ». Elle se lève et se dirige vers la porte. Je la suis en poursuivant mes questions, en tentant de lui faire comprendre qu’elle est au long séjour à Pont L’Abbé. Elle avance toujours dans le couloir. Elle ignore que nous nous trouvons près de la sortie. A cet endroit sont disposés des fauteuils. Je lui propose de s’asseoir pour se reposer un peu car elle n’a pas bon équilibre et se fatigue très vite à la marche. Elle accepte volontiers.

Après une courte pause elle recommence à parler du car qu’elle doit prendre. Je lui explique que désormais elle vit ici que pour elle ce n’est plus envisageable de vivre seule chez elle et que toute l’équipe s’occupe d’elle. Elle continue malgré tout à vouloir partir. Elle se lève, je la prends par le bras en essayant de la retenir et subitement elle se met en colère, vocifère : « mais je suis en prison ici ! » puis éclate en sanglot. Devant sa souffrance, je tente de la consoler lui dis que je sais que c’est difficile de se séparer de sa maison mais que nous nous efforçons de l’aider au mieux. Les larmes, les sanglots s’amplifient. « Je ne comprends rien je veux rentrer chez moi. Je n’en peux plus. Mais où je suis alors si je ne suis pas chez moi et qui m’a amené ici et pourquoi ? » Je lui demande alors ce qui lui manque le plus elle ne me répond pas, les larmes coulent sur son visage. A ce moment j’aperçois l’infirmière dans le couloir et d’un geste de la main je sollicite son aide. Madame Lilas pleure toujours quand l’heure de ma fin de service arrive mais l’infirmière et une aide soignante ont réussi à la reconduire à sa chambre.

Cette situation m'a beaucoup déstabilisée car elle stigmatise les craintes que j’avais quant à la prise en soin de la personne âgée. J'étais consciente que mon manque de connaissances et d’expérience pouvaient être source de difficultés mais je n'en mesurais pas encore les conséquences psychologiques, Mes connaissances concernant la maladie d'Alzheimer se limitaient à quelques articles dans les journaux, quelques documentaires à la télévision et non à une maladie chronique, neurodégénérative conduisant progressivement à une perte de la mémoire et des fonctions cognitives, J’avais idéalisé mon futur métier. Je voulais tellement bien faire, être utile, soulager mais le regard professionnel m'a fait défaut.

La première fois que Madame Lilas exprime son désir de partir, je me sens capable de gérer. J’ai pris le temps d’observer l’équipe la resituer, lui parler posément avec patience. Je prends donc exemple et applique ce que j’ai vu faire. J’ai manqué d’humilité. Mais quand mes paroles ne rassurent pas Madame Lilas je commence à me sentir mal à l’aise. Je sens que la situation m’échappe et je culpabilise de ne pas réussir à calmer son angoisse. Je me rends compte à quel point la communication avec une personne démente ne répond à aucune des règles que je connais. Je pensais que prendre le temps, être calme, disponible, que faire preuve de douceur et de gentillesse désamorceraient l’envie de Madame Lilas, de partir. Or « Vouloir redonner aux déments un statut de sujet était une idée généreuse, croire que comme par miracle ils s’animent sur une aussi agréable sollicitation et sortent de leur marasme intellectuel était une illusion.» Mon attitude n’était pas agressive, je n’ai

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