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Analyse de la nouvelle « Comment Wang-Fô fut sauvé » écrit par Marguerite Yourcenar

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Par   •  4 Janvier 2018  •  Commentaire d'oeuvre  •  1 111 Mots (5 Pages)  •  2 874 Vues

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Analyse dela nouvelle « Comment Wang-Fô fut sauvé » écrit par Marguerite Yourcenar

Il s'agit d'un court texte. Le nom de l'oeuvre est étonnant : Wang-Fô n'a pas la consonance occidentale, alors que le texte est extrait du recueil Nouvelles orientales.

Cette nouvelle, écrite par Marguerite Yourcenar, appartient au recueil des Nouvelles Orientales (1938). « Comment Wang-Fô fut sauvé » est un texte bref, qui n'est pas sans évoquer le genre du conte à bien des égards. L'histoire est celle du peintre Wang-Fô, un vieux sage qui parcourt la Chine avec son disciple Ling ; on dit de lui qu'il peut rendre ses peintures vivantes. Un jour, tous deux sont arrêtés par l'Empereur, qui lui promet un châtiment terrible pour avoir peint «"un univers plus beau que le monde réel"». Ling qui essaie de défendre son maître va être décapité froidement. Le peintre est alors condamné à avoir les yeux brûlés et les mains coupées par l'Empereur qui lui ordonne, avant d'être exécuté, de terminer un tableau inachevé. Wang-fo commence à peindre et l’eau de sa peinture envahit progressivement la salle, provoquant la noyade de l’empereur. Le peintre dessine une barque et s'échappe dans son tableau. Wang-fo s'échappe dans son tableau avec son disciple, laissant l'Empereur désarmé et vaincu.

        Wang-Fô est si détaché du monde terrestre et des réalités que même l’attachement qu’il porte aux personnes qui l’entourent est toujours nuancé par la perception qu’il a des couleurs et de la beauté. Ainsi, alors que la jeune femme de Ling vient de se suicider, il «la peignit une dernière fois, car il aimait cette teinte verte dont se recouvre la figure des morts». De même, tandis que la tête de Ling vient d’être coupée, il « admira la belle tache écarlate que le sang de son disciple faisait sur le pavement de pierre verte».

On voit l’oxymore à nouveau: «la belle tache» et «aimait cette teinte verte».

Wang-Fô apparait comme un «sorcier» aux yeux du peuple et comme un «sage» aux yeux des prêtres. Ce dernier qualificatif est particulièrement parlant car il fait de Wang-Fô une figure du philosophe qui voit au-delà de l’apparence des choses et qui fait de la recherche de la beauté («Wang-Fô aimait l’image des choses, et non les choses elles-mêmes»).

Pour exprimer que les femmes ne l’intéressent pas, l’auteur recourt à l’emploi de la métaphore: «la toile est seule maîtresse».

Wang-Fô voit la beauté en tous, il est tracé en particuliare dans un certain nombre d’images, qu’il a montré à Ling: «la beauté des faces de bouveurs estompées par la fumée des boissons chaudes, la splendeur brune des viands inégalement léchées par les coups de langue du feu, et l’exquise roseur des taches de vin persemant les nappes comme des pétales fanés». L’incompabilité des idées (concepts) telles que la beauté et les bouveurs, la splendeur et la viande, l’exqeise et les taches sur les nappes, forme l’oxymore.

Yourcenar joue avec des images dessinées pas Wang-Fô. Il a reproduit Ling en tant que princesse et sa femme en tant que prince.

Ling n’aimait pas sa épouse, et quand elle s’est suicidée, Yourcenar a ajouté une grosse ironie: «Ling broyait les couleurs, et cette besogne exigeait tant d’application qu’il oubliait de verser des larmes». Revenons au passé de Ling: «les parents de Ling poussèrent la discrétion jusqu’à mourir», - ironise l’auteur derechef comme ils ont fait cela exprès pour rester les deux jeunes seuls dans leur maison. Comme j’ai déjà dit, Ling n’aimait pas sa femme, mais il aimait la pensée qu’elle était belle et qu’elle était en la possession de lui.

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