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Persuasion-jane Austen

Note de Recherches : Persuasion-jane Austen. Recherche parmi 233 000+ dissertations

Par   •  20 Juillet 2014  •  10 175 Mots (41 Pages)  •  560 Vues

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Jane Austen

PERSUASION

(1818)

Traduit de l’anglais par Mme Letorsay

Table des matières

CHAPITRE PREMIER 4

CHAPITRE II 11

CHAPITRE III 16

CHAPITRE IV 23

CHAPITRE V 27

CHAPITRE VI 37

CHAPITRE VII 46

CHAPITRE VIII 53

CHAPITRE IX 61

CHAPITRE X 67

CHAPITRE XI 76

CHAPITRE XII 82

CHAPITRE XIII 93

CHAPITRE XIV 99

CHAPITRE XV 105

CHAPITRE XVI 110

CHAPITRE XVII 116

CHAPITRE XVIII 124

CHAPITRE XIX 134

CHAPITRE XX 139

CHAPITRE XXI 146

CHAPITRE XXII 159

CHAPITRE XXIII 170

CHAPITRE XXIV 183

À propos de cette édition électronique 187

CHAPITRE PREMIER

Sir Walter Elliot, de Kellynch-Hall, dans le comté de Somer-set, n’avait jamais touché un livre pour son propre amusement, si ce n’est le livre héraldique.

Là il trouvait de l’occupation dans les heures de désœuvre-ment, et de la consolation dans les heures de chagrin. Devant ces vieux parchemins, il éprouvait un sentiment de respect et d’admiration. Là, toutes les sensations désagréables provenant des affaires domestiques se changeaient en pitié et en mépris. Quand il feuilletait les innombrables titres créés dans le siècle dernier, si chaque feuille lui était indifférente, une seule avait constamment pour lui le même intérêt, c’était la page où le vo-lume favori s’ouvrait toujours :

Famille Elliot, de Kellynch-Hall :

Walter Elliot, né le 1er mars 1760 ; épousa, le 15 juillet 1874,

Élisabeth, fille de Jacques Stevenson, esquire de South-Park, comté de Glocester, laquelle mourut en 1800. Il en eut :

Élisabeth, née le 1er juin 1785,

Anne, née le 9 aoust 1787,

Un fils mort-né le 5 novembre 1789,

et Marie, née le 20 novembre 1791.

Tel était le paragraphe sorti des mains de l’imprimeur ; mais Sir Walter y avait ajouté pour sa propre instruction, et pour celle de sa famille, à la suite de la date de naissance de Marie :

« Mariée le 16 décembre 1810 à Charles Musgrove, esquire d’Uppercross, comté de Somerset. »

Puis venait l’histoire de l’ancienne et respectable famille : le premier de ses membres s’établissant dans Cheshire, exerçant la fonction de haut shérif ; représentant un bourg dans trois parle-ments successifs, et créé baronnet dans la première année du règne de Charles II. Le livre mentionnait aussi les femmes ; le tout formant deux pages in-folio, accompagné des armoiries et terminé par l’indication suivante : « Résidence principale : Kel-lynch-Hall, comté de Somerset. »

Puis, de la main de Sir Walter :

« Héritier présomptif : William Walter Elliot, esquire, ar-rière-petit-fils du second Sir Walter. »

La vanité était le commencement et la fin du caractère de Sir Elliot : vanité personnelle, et vanité de rang.

Il avait été remarquablement beau dans sa jeunesse, et à cinquante-quatre ans, étant très bien conservé, il avait plus de prétentions à la beauté que bien des femmes, et il était plus satis-fait de sa place dans la société que le valet d’un lord de fraîche date. À ses yeux, la beauté n’était inférieure qu’à la noblesse, et le Sir Walter Elliot, qui réunissait tous ces dons, était l’objet cons-tant de son propre respect et de sa vénération.

Il dut à sa belle figure et à sa noblesse d’épouser une femme très supérieure à lui. Lady Elliot avait été une excellente femme, sensée et aimable, dont le jugement et la raison ne la trompèrent jamais, si ce n’est en s’éprenant de Sir Walter.

Elle supporta, cacha ou déguisa ses défauts, et pendant dix-sept ans le fit respecter. Elle ne fut pas très heureuse, mais ses devoirs, ses amis, ses enfants l’attachèrent assez à la vie, pour qu’elle la quittât avec regret.

Trois filles, dont les aînées avaient, l’une seize ans, l’autre quatorze, furent un terrible héritage et une lourde charge pour un père faible et vain. Mais elle avait une amie, femme sensée et respectable, qui s’était décidée, par attachement pour elle, à ha-biter tout près, au village de Kellynch. Lady Elliot se reposa sur elle pour maintenir les bons principes qu’elle avait tâché de don-ner à ses filles.

Cette amie n’épousa pas Sir Walter, quoique leur connais-sance eût pu le faire supposer.

Treize années s’étaient écoulées depuis la mort de lady El-liot, et ils restaient proches voisins et amis intimes, mais rien de plus.

Il n’est pas étonnant que lady Russel n’eût pas songé à un se-cond mariage ; car elle possédait une belle fortune, était d’un âge mûr, et d’un caractère sérieux, mais le célibat de Sir Walter s’explique moins facilement.

La vérité est qu’il avait essuyé plusieurs refus à des de-mandes en mariage très déraisonnables. Dès lors, il se posa comme un bon père qui se dévoue pour ses filles. En réalité, pour l’aînée seule, il était disposé à faire quelque chose, mais à condi-tion de ne pas se gêner. Élisabeth, à seize ans, avait succédé à tous les droits et à la considération de sa mère.

Elle était fort belle et ressemblait à son père,

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