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La volonté peut-elle être libre ?

Commentaire d'arrêt : La volonté peut-elle être libre ?. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  10 Mai 2026  •  Commentaire d'arrêt  •  1 557 Mots (7 Pages)  •  5 Vues

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Dissertation : La volonté peut-elle être libre ?

Combien de fois nous sommes-nous dit "j'aurais dû faire autrement" après avoir pris une décision ? Ce regret suppose qu'on aurait pu choisir différemment, donc qu'on était libre. Pourtant, quand on y réfléchit bien, nos choix ne sont-ils pas toujours influencés par quelque chose : notre éducation, nos envies, notre caractère ? Le sujet "la volonté peut-elle être libre ?" nous pousse à nous demander si cette liberté qu'on ressent tous les jours est réelle ou juste une impression.

Le terme "volonté" désigne notre capacité à décider et à agir. « Être libre », signifie, ne dépendre de rien d'autre que soi-même. "Peut-elle" suggère une interrogation sur la possibilité même de cette liberté. Mais est-ce possible ? Si tout a une cause, comment nos décisions pourraient-elles échapper à cette règle ? Et si nous ne sommes pas vraiment libres, Pourquoi est-ce que nous nous sentons responsables de nos actes ?

Nous allons d'abord voir que nos choix semblent toujours déterminés par des causes extérieures. Ensuite, nous montrerons qu'il existe tout même une forme de liberté dans notre volonté. Enfin, nous essaierons de comprendre ce que signifie être vraiment libre.

I. Nos choix semblent toujours déterminés par quelque chose

A. Notre cerveau et notre corps nous contrôlent

Lorsque l’on prend une décision, nous avons l'impression de choisir librement. Mais en réalité, c'est notre cerveau qui travaille, et celui-ci obéit aux lois de la biologie et de la physique. Spinoza, dans l'Éthique, explique cela avec une image simple : si une pierre qui tombe pouvait penser, elle croirait tomber librement alors qu'en fait c'est juste la gravité qui l'attire. Pour lui, l’homme est pareil : nous croyons être libre parce que nous ne voyons pas toutes les causes qui nous poussent à agir.

Des expériences de Benjamin Libet, scientifique pionnier dans le domaine de la conscience humaine ont montré que notre cerveau "décide" avant que l’on en soit conscient, quelques fractions de seconde avant que l’on se dise "je vais lever le bras", l'activité du cerveau a déjà commencé. Notre sentiment de liberté serait donc une illusion qui arrive après coup.

B. Notre passé et notre environnement nous façonnent

Au-delà de notre biologie, il y a tout notre vécu, notre histoire personnelle et notre environnement social qui influencent nos choix. Freud nous a appris que l'inconscient joue un rôle majeur dans nos décisions : "Le moi n'est pas maître dans sa propre maison". Des choses que nous avons vécues enfant, des peurs refoulées, tout cela continue de nous influencer sans que nous nous en rendions compte. Nous croyons choisir librement, alors que c'est notre inconscient qui nous guide.

Et puis il y a notre milieu social. Nous ne choisissons pas nos goûts, nos valeurs ou nos ambitions de manière totalement libre. Tout cela vient de notre famille, de nos amis, de notre éducation. Bourdieu montre bien que nos "choix personnels" reflètent souvent notre origine sociale. Par exemple, les études que nous voulons faire ou les métiers qui nous attirent dépendent largement du milieu d'où l’on vient.

C. Nos désirs sont plus forts que notre volonté

Nos passions et nos désirs nous gouvernent souvent malgré nous. Comme le souligne le philosophe Blaise Pascal, "le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point". C'est ce qu'Aristote appelle l'akrasie, c’est-à-dire la faiblesse de la volonté : nous pouvons vouloir une chose tout en faisant son contraire. L'exemple classique est celui du fumeur qui souhaite arrêter mais qui n'y parvient pas. De même, nous nous disons parfois : "demain, je révise sérieusement", avant de finalement passer du temps à faire défiler des vidéos sur les réseaux sociaux. Nos désirs et nos habitudes semblent alors plus forts que notre volonté.

Si notre volonté était entièrement déterminée par nos désirs, comment expliquer le sentiment persistant de liberté que nous éprouvons, ainsi que notre capacité, parfois, à leur résister ?

II. La volonté comme pouvoir de liberté

  1. L’expérience immédiate du sentiment de liberté

Descartes affirme, dans les Méditations métaphysiques, que la liberté de la volonté est l’une des notions les plus évidentes que nous possédions. En effet, nous faisons tous l’expérience directe de notre capacité à choisir : lorsque nous hésitons entre plusieurs possibilités ou que nous prenons une décision, nous avons le sentiment d’être libres. Cette expérience vécue de la liberté est si forte qu’elle ne peut être une illusion. Le fait de douter de notre liberté suppose déjà son exercice, puisque douter, c’est encore choisir.

Par ailleurs, le sentiment de responsabilité que nous éprouvons montre que nous sommes libres. Si nous nous sentons coupables ou fiers de nos actes, c’est parce que nous savons que nous aurions pu agir autrement. Si nous n’étions pas libres, il n’y aurait aucune raison d’éprouver de tels sentiments. Cette capacité à regretter ou à se réjouir prouve que notre volonté n’est pas entièrement déterminée.

  1. La liberté comme capacité de commencement

Selon le philosophe Emmanuel Kant, l’être humain appartient à deux mondes en même temps : le monde de la nature, où tout est soumis à des lois causales, et le monde de la raison, dans lequel il est capable d’agir librement. Cela est propre à l'homme : il peut commencer quelque chose de nouveau, et ne pas se contenter de réagir comme un animal ou un robot.

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