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Hugo Von Hofmannsthal, Electre.

Chronologie : Hugo Von Hofmannsthal, Electre.. Recherche parmi 234 000+ dissertations

Par   •  24 Avril 2019  •  Chronologie  •  2 565 Mots (11 Pages)  •  104 Vues

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Faucheur Alice                                                         L1 Lettres Modernes

Commentaire composé

Hugo Von Hofmannsthal, Electre.

        

                        

                        Hugo Von Hofmannsthal est un écrivain autrichien né le 1er février 1874 à Vienne et mort le 15 juillet 1929 à Rodaun en Autriche Electre  est écrit en allemand en 1905. Ce texte destiné à être chanté, il se distingue par l’écriture noire du mythe d’Electre, l’action commence au moment où Electre planifie l’assassinat de son beau-père Egisthe et de sa mère Clytemnestre pour venger la mort de son père. Elle se confie à sa sœur Chrysothémis mais elle finira par s’abstenir d’un tel acte. Clytemnestre la mère d’Electre à des rêves qui l’a préoccupe, Electre dans son art de la parole, joue le rôle d’une confidente pour que sa mère lui livre ses peurs.  Arrive alors un étranger (Oreste, le frère d’Electre) avec un homme âgé, il rencontre Electre à l’extérieur du palais et il s’aperçoit qu’elle est sa sœur et qu’elle cherche à venger l’assassinat de son père. Oreste va devenir le complice d’Electre et ils planifient la mort d’Egisthe, celui-ci arrive sur scène et Electre dans une nouvelle performance de manipulation, conduit Egisthe vers Oreste pour que celui-ci le tue. Après la mort d'Egisthe, Electre s’effondre sur scène et la pièce se termine. Cette pièce retrace ainsi toute l’organisation de la vengeance de la mort d’Agamemnon, le père d’Electre.

Electre d’Hofmannsthal est avant tout destiné à l’opéra; celui-ci, décrit comme hors norme dont on a souligné à l’envie la démesure et l’éblouissante fulgurance, Electre se déroule en un seul acte d’une tension extrême, centré autour d’une héroïne dévorée par une soif de vengeance obsessionnelle. Un orchestre mobilisant un des effectifs les plus importants de l’histoire du théâtre lyrique porte jusqu’aux limites du langage tonal un drame qui puise sa part de ténèbres et de démence dans une antiquité primitive marquée par une sauvagerie troublante. Cette adaptation du mythe d’Electre, contemporaine des recherches freudiennes sur l’hystérie, offre une conception nouvelle des personnages qui requiert un langage musical dont la règle principale semble l’excès.

Dans le cadre de notre étude nous nous intéresserons au dénouement de la pièce. Pour ce faire nous nous demanderons dans quelle mesure l’auteur met en relief le personnage complexe d’Electre à travers un dénouement tragique. Nous étudierons d’abord la dimension tragique de ce dénouement et les procédés qui permettent de mettre en forme des personnages qui révèlent toute la force d’une pièce de théâtre destinée à devenir un opéra. Enfin nous analyserons tout particulièrement la psychanalyse du personnage complexe qui est celui d’Electre.

                Réécriture de Sophocle, Electre reste entre les mains de Hofmannsthal une tragédie. Elle permet ici à la protagoniste de mener à bien la vengeance de son père. Le dénouement que nous étudions est en effet représentatif d’une tragédie classique qui reste contemporain avec des différences, comme le fait que Electre d’Hofmannsthal se joue en un seul acte contrairement à une tragédie classique qui se joue en cinq actes. La progression dramatique est mise en relief ici par l’aboutissement de l’héroïne. Ce dénouement nous présente ainsi une fin tragique accompagné de la mort ici elle réécrite d’une manière particulière car dans les l’écriture original de la pièce la protagoniste ne meurt pas. Seulement ici, après la mort de Clytemnestre et celle d’Egisthe - dans la règle de bienséance qui consiste à ne représenter aucun action violente sur scène - c’est l’héroïne qui rends l’âme. Cela permet d’amplifier la dimension dramatique de la pièce car une fois la vengeance assouvie; elle succombe. Cela peut nous mener vers un raisonnement: la pièce est-elle contemporaine? Le fait que la pièce et en particulier le dénouement soit centré sur les femmes rajoute t-il une note contemporaine?

En outre, la pièce d’Hofmannsthal comporte de grands rôles féminins dont la puissance marque et rythme cette pièce. Dans ce dénouement elles ne sont plus que deux femmes unies par les liens du sang s’affrontent dans un grand déchaînement de violence sans pouvoir se comprendre. Avant la mort de Clytemnestre, la mère et les deux filles sont à jamais séparées par le sang de l’époux assassiné, qui reste pour Electre un père dont l’absence est irremplaçable, tandis qu’il n’est pour Chrysothémis qu’un cruel souvenir à oublier pour tenter de vivre.

Rendue inflexible jusqu’à la sauvagerie par son obsessionnelle soif de vengeance, le personnage d’Electre semble d’ailleurs s’apparenter à l’un des cas cliniques décrits par Sigmund Freud et son collègue Josef Breuer dans les Etudes sur l’Hystérie qu’ils publièrent à Vienne en 1895. C’est en tout cas un des rôles les plus écrasants de tout le répertoire lyrique. Electre est une fille aimante qui implore son père avec la faiblesse de la tendresse : « Agamemnon !  Père! Je veux te voir, ne me laisse pas seule aujourd’hui ! Telle une ombre, montre-toi à ta fille là-bas, dans le recoin du mur, comme hier ! ». A cette douceur succède bientôt la violence des imprécations et la joie sauvage à l’idée de la vengeance qui va s’accomplir dans le dénouement de la pièce quand Electre sera emportée dans une transe sauvage, avant de s’écrouler, morte.

A côté d’Electre se tient sa sœur Chrysothémis. Elle ne partage pas la haine de sa sœur, mais craint les conséquences que son intransigeance pourrait avoir. Chrysothémis exprime des sentiments très différents : humaine, attirée par un bonheur maternel simple, elle représente la lumière et la volonté d’apaisement face à l’hystérie d’Electre, nous pouvons le voir dans le dénouement lorsque celle-ci rejoint Oreste; elle choisit la vie: « Qui peut vivre sans amour », « Je dois me tenir auprès de mon frère. » p.195. Dans le contraste avec les paroles d’Electre qui utilise la première personne du singulier, elle, utilise la première personne du pluriel en invitant sa soeur à la rejoindre pour continuer de vivre; elle tente d’apaiser sa soeur « Une vie nouvelle commence pour toi et moi et pour tous les hommes. »; «  Ce sont les dieux débordant de bonté qui nous ont donné cela. Qui d’autre nous a jamais aimées ». Chrysothémis veut que sa soeur soit heureuse mais il est déjà trop tard, Electre est emporté par son hystérie qui va la guider vers la mort. Les derniers mots de la pièce sont remis à Chrysothémis qui implore son frère de venir l’aider car Electre est allongée sans vie sur le sol. Ces dernières paroles nous montre l’attachement à la famille de la soeur d’Electre.

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