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Domestic, Ou Comment Tuer Une Poule En Famille : Critique Cinéma

Mémoire : Domestic, Ou Comment Tuer Une Poule En Famille : Critique Cinéma. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  25 Janvier 2014  •  527 Mots (3 Pages)  •  279 Vues

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Domestic, ou comment tuer une poule en famille

Le cinéma roumain a déjà fait ses preuves au FIFF, et notamment Adrian Sitaru (Coliva, Lord), avec deux Bayard d’Or pour ses courts-métrages. Et son nouvel opus Domestic a toutes ses chances en 2013. Un thème fort, traité avec autant de légèrté et de doigté que d’originalité et d’intelligence. A voir absolument !

Que dire à propos de cet ovni cinématographique qu’est le troisième long-métrage du réalisateur roumain Adrian Sitaru ? Après Picnic (2008) et Meilleures intentions, présenté en compétition officielle au FIFF en 2011 et couronné de deux prix au festival de Locarno la même année, il revient sur les écrans namurois avec un nouvel opus complètement différent. La très brève description qu’on en trouve sur la page facebook du film est intrigante : « une comédie douce amère sur les humains qui mangent les animaux qu’ils aiment et sur les animaux qui aiment les humains, inconditionnellement ».

Les animaux, omniprésents à l’écran, semblent effectivement occuper une place prépondérante dans la vie des habitants de l’immeuble, lieu central de l’histoire. On dénombre un chien, une poule, un lapin, un pigeon, un chat et un canari, qui prennent place au sein de différentes familles et influencent leur vie l’espace d’un instant, voire bien plus durablement. Les relations qu’ils entretiennent avec les membres de ces familles sont complexes : à la fois désirés et indésirables, les enfants les tuent ou les dorlotent, les parents les mangent ou les caressent. C’est à travers eux que survient à l’improviste, entre la fenêtre de la cuisine et la porte de la salle de bain, le fantôme de la mort, à la fois drôle, absurde et terriblement réel.

La mort est en effet partout. De façon insidieuse, elle passe inaperçu sur la table du repas de Noël, sous la forme d’un ragoût ; inexplicable et quasi mystique dans le rêve de Bono ; anecdotique dans l’accueil d’un pigeon malade par un gamin ; mais réelle et douloureuse dans le drame de la mort de la petite Mara qui suivait son chat sur la route. Les situations comiques, absurdes, empreintes d’humour noir et pourtant touchantes façonnent ce film quelque peu surréaliste mais douloureusement réel. Cette imbrication banale de la vie et de la mort au sein des foyers est d’autant plus palpable dans les titres des deux parties : « Mort domestique » et « Vie domestique » ou dans la rencontre, tendre et atroce à la fois, des parents orphelins de leur fille qui décider de jouer à « on disait que Mara était déjà au lit... ».

Le tout de ces histoires, articulées par une étrange veillée funèbre onirique ou par un Ah ! vous dirai-je, maman lent et lugubre pianoté distraitement par une fillette après l’enterrement de Mara, est tourné dans un décor domestique étrangement stylisé et coloré. Le dynamisme des excellents acteurs, souvent déjà fidèles à Sitaru qui les dirige de main de maître, est contenu dans des plans souvent fixes qui donnent l’impression au spectateur d’observer par le trou d’une serrure un monde qui ressemble au sien : quotidien, banal, rythmé, comique et dramatique.

Sarah Meurisse

Domestic, de Adrian Sitaru (Roumanie, 2013, 85 min)

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