Le malade imaginaire : L’impromptu de Cléante et Angélique, Acte II, scène 5
Commentaire de texte : Le malade imaginaire : L’impromptu de Cléante et Angélique, Acte II, scène 5. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar marie loriot • 25 Avril 2026 • Commentaire de texte • 2 149 Mots (9 Pages) • 0 Vues
L’impromptu de Cléante et Angélique, Acte II, scène 5 | |||
1 5 10 15 20 25 | CLEANTE. Belle Philis, c’est trop, c’est trop souffrir, Rompons ce dur silence, et m’ouvrez1 vos pensées, Apprenez-moi ma destinée, Faut-il vivre ? Faut-il mourir ? ANGELIQUE répond en chantant. Vous me voyez, Tircis, triste et mélancolique, Aux apprêts de l’hymen1 dont vous vous alarmez, Je lève au ciel les yeux, je vous regarde, je soupire, C’est vous en dire assez. ARGAN. Ouais, je ne croyais pas que ma fille fût si habile, que de chanter ainsi à livre ouvert3, sans hésiter. CLEANTE. Hélas ! belle Philis, Se pourrait-il que l’amoureux Tircis, Eût assez de bonheur, Pour avoir quelque place dans votre cœur ? ANGELIQUE. Je ne m’en défends point, dans cette peine extrême, Oui, Tircis, je vous aime. CLEANTE. Ô parole pleine d’appas4, Ai-je bien entendu, hélas ! Redites-la, Philis, que je n’en doute pas. ANGELIQUE. Oui, Tircis, je vous aime. CLEANTE. De grâce, encor, Philis. ANGELIQUE. Je vous aime. CLEANTE. Recommencez cent fois, ne vous en lassez pas. ANGELIQUE. Je vous aime, je vous aime, Oui, Tircis, je vous aime. Vocabulaire : 1. M’ouvrez : confiez-moi 2. Les apprêts de l’hymen : les préparatifs du mariage. 3. A livre ouvert : déchiffrer la partition du 1er coup. 4. Appas : attrait | 28 30 35 40 45 50 55 | CLEANTE. Dieux, rois, qui sous vos pieds regardez tout le monde, Pouvez-vous comparer votre bonheur au mien ? Mais, Philis, une pensée, Vient troubler ce doux transport, Un rival, un rival... ANGELIQUE. Ah ! je le hais plus que la mort, Et sa présence, ainsi qu’à vous M’est un cruel supplice. CLEANTE. Mais un père à ses vœux vous veut assujettir5 ANGELIQUE. Plutôt, plutôt mourir, Que de jamais y consentir, Plutôt, plutôt mourir, plutôt mourir. ARGAN. Et que dit le père à tout cela ? CLEANTE. Il ne dit rien. ARGAN. Voilà un sot père que ce père-là, de souffrir6 toutes ces sottises-là, sans rien dire. CLEANTE. Ah ! mon amour... ARGAN. Non, non, en voilà assez. Cette comédie-là est de fort mauvais exemple. Le berger Tircis est un impertinent, et la bergère Philis, une impudente7, de parler de la sorte devant son père. Montrez-moi ce papier. Ha, ha. Où sont donc les paroles que vous avez dites ? Il n’y a là que de la musique écrite ? CLEANTE. Est-ce que vous ne savez pas, Monsieur, qu’on a trouvé depuis peu l’invention d’écrire les paroles avec les notes mêmes ? ARGAN. Fort bien. Je suis votre serviteur, Monsieur ; jusqu’au revoir. Nous nous serions bien passés de votre impertinent d’opéra. CLEANTE. J’ai cru vous divertir. ARGAN. Les sottises ne divertissent point. 5. Assujettir : soumettre 6. Souffrir : supporter 7. Impudente : insolente |
L’impromptu de Cléante et Angélique, Acte II, scène 5
Introduction : Présenter la pièce rapidement.
Situation du texte : Dans la scène 5 de l’acte II, il lui présente Thomas Diafoirus, fils de médecin amené à succéder à son père. Cléante s’est introduit en se faisant passer pour le maître de musique d’Angélique. Le père Diafoirus a fait réciter des compliments à son fils, et à présent, Argan demande à Angélique de montrer ses talents musicaux. Cléante fait donc de cette leçon de musique un stratagème pour communiquer avec Angélique et l’interroger sur ses sentiments. C’est donc une scène amoureuse et comique à la fois puisqu’Argan est dupé par la déclaration d’amour faussement vraie de Cléante et Angélique.
Plan linéaire :Première partie : l’impromptu de Cléante
A. lignes 1 à 27 : Cléante et Angélique s’avouent comiquement leur amour par le détour d’une chanson
B. lignes. 28 à 39 le dialogue chanté prend un tour excessivement dramatique et tragique à l’évocation des obstacles, le rival et le père
Deuxième partie.lignes 40 à 59 : La réaction tardive d’Argan
(Problématique : comment la mise en abyme théâtrale permet de faire surgir la vérité des sentiments de manière plaisante ?)
Première partie : l’impromptu de Cléante Et Angélique
...