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La religion n'est-elle qu'une superstition ?

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Par   •  10 Avril 2021  •  Cours  •  770 Mots (4 Pages)  •  503 Vues

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La religion n’est-elle qu’une superstition ?

Commençons par définir la superstition : que nous disent les dictionnaires ? « Forme élémentaire et particulière des sentiments religieux consistant dans la croyance à des présages tirés d’évènements matériels fortuits.

C’est un comportement irrationnel vis-à-vis du sacré ; attitude religieuse considérée comme vaine.

(Fortuit : hasardeux, contingent ; élémentaire : basique, simple ; irrationnel : ce que la raison ne peut pas comprendre)

La superstition est d’une façon générale une attitude irrationnelle, qui ne relève donc pas d’un raisonnement logique et démonstratif, parce qu’essentiellement fondée sur la peur. L’interprétation d’éléments fortuits auxquels nous prêtons un sens et auxquels nous donnons une valeur de prédiction, une valeur annonciatrice d’événements heureux ou malheureux.

La superstition relève donc essentiellement de la croyance. Il s’agit d’une croyance dont la garantie objective est très faible, bien que l’on puisse avoir une conviction très forte. Or croire n’est pas savoir.

Une fois ces définitions posées, peut-on considérer la religion comme une simple superstition, peut-on réduire la religion à une superstition ?

Si la religion relève bien de la croyance et non de la connaissance objective, la religion ne démontre rien, elle est, en un sens, irrationnelle parce qu’elle a pour objet de croyance des entités qui dépassent les possibilités de connaissance de la raison humaine. Son objet est transcendant, il dépasse l’expérience humaine, et non immanent comme c’est le cas pour les faits scientifiques et naturels observables par les sens et la raison. Ne pouvant faire l’objet d’une connaissance rationnelle, l’objet de la religion est donc forcément lié à une croyance. Mais cette croyance révèle-t-elle uniquement de la superstition et de la magie ? Peut-on réduire la religion à une pratique irrationnelle et dépourvue de sens ? Ne faut-il pas s’inquiéter de l’usage que les Hommes font de la religion si celle-ci est réduite à une attitude superstitieuse ? N’est-ce pas alors un indice que la pratique religieuse est détournée de sa véritable fonction ?

  1. L’objet de la religion est irrationnel parce qu’inconnaissable par la raison.
  • La foi et la raison. La foi relève d’une croyance subjectivement très forte et objectivement très faible. Elle ne peut donc pas supputer l’existence d’une entité surnaturelle, en éprouver le sentiment intime sans jamais apporter la preuve de l’existence concrète de cette entité. L’Homme peut juste témoigner par sa pratique et sa piété, le respect des obligations religieuses.
  • Croire est-il réductible à la superstition ? Si on reprend les éléments de définition établis plus haut, il faut réunir des conditions psychologiques qui conditionnent la relation aux événements du réel pour qu’il y ait de la superstition : notamment la crainte…
  • Spinoza indique très clairement : c’est parce que les Hommes sont dans l’incertitude de l’avenir qu’ils tombent facilement dans la superstition.
  1. Faux culte et superstition religieuse : l’emprise sur les Hommes, négation de la religion.
  • Kant dénonce l’emprise des autorités religieuses qui maintiennent les Hommes dans l’hétéronomie, c’est-à-dire la minorité intellectuelle, les empêchant d’avoir un rapport libre et rationnel à la religion.
  • En utilisant la religion à des fins de régulation sociales, police et son intérêt égoïste.
  • Pour éviter de transformer la religion en superstition, il faut admettre la libre critique des dogmes et des pratiques. Il faut admettre la possibilité de remettre en question, par la doute critique. La pratique de la raison dans son usage public, dit Kant, est un gage de progrès des Lumières pour les Hommes et la société. Nul n’est détenteur d’un sens unique et définitif des textes sacrés : ceux-ci doivent pouvoir faire l’objet d’une lecture et d’une critique rationnelle.
  1. La religion peut faire l’objet d’une pratique rationnelle et remplir une fonction psychologique et sociale essentielle.
  • La religion ne peut être réduite à de la superstition : elle remplit des fonctions essentielles pour l’Homme.
  • Selon Freud, par exemple, cette fonction est d’abord psychologique. Elle permet de trouver une certaine assurance psychologique, voire une fonction consolatrice. L’immaturité affective de l’Homme l’amène à croire en une entité divine susceptible de le protéger contre les incertitudes de l’existence humaine. Dieu assimilé à un père tout puissant et protecteur serait donc en mesure de rassurer l’Homme face aux vicissitudes de l’existence.
  • C’est d’ailleurs dans cette fonction que la religion peut le plus facilement dériver vers la pratique superstitieuse.
  • Enfin la religion joue un rôle central dans l’organisation et la structuration des communautés humaines. Par un partage des mêmes croyances et des mêmes rituels, elle permet de souder les individus dans les communautés qui leur permettent de partager le même sentiment d’appartenance, voire de se sentir une identité commune.
  • La religion donne donc des repères. Elle institue des règles morales qui guident les Hommes dans leur action.

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