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COMMENTAIRE CENDRILLON de POMMERAT

Commentaire de texte : COMMENTAIRE CENDRILLON de POMMERAT. Recherche parmi 240 000+ dissertations

Par   •  7 Mars 2019  •  Commentaire de texte  •  1 359 Mots (6 Pages)  •  1 055 Vues

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Dramaturge contemporain, Joël Pommerat (1963) crée Cendrillon en 2011. Fondateur de la compagnie Louis Brouillard, il écrit ses pièces à partir d’une recherche sur le plateau. Cendrillon est un spectacle qui constitue une réécriture du compte populaire repris par Perrault au XVIIe siècle et par les frères Grimm au 19e. L’ouverture constituée de deux scènes commence par un monologue ; une très jeune fille connaît un très grand malheur, celui de perdre sa mère. La deuxième scène est un échange ; la très jeune fille au chevet de sa mère, tente de comprendre l’annonce de sa mort en vain. On peut alors se demander comment cette exposition exprime avec humour le deuil et la difficulté de communication entre les êtres. Après avoir montré l’originalité de l’exposition qui mêle genres et registres, on examinera pourquoi cette relation mère-fille rend compte des difficultés d’une famille.

L’exposition mêle les genres et les registres en mettant tout d’abord un conte en scène. La présence d’une narratrice « la voix de la narratrice » et plus particulièrement du son de sa voix, rappelle la narration du compte durant l’enfance. Dès la première réplique, on reconnaît un début de conte par la formule inaugurale « je vais vous raconter une histoire il y a très longtemps ». La fin de la réplique donne un cadre spatio-temporel indéfinissable : « un pays lointain »,  « un jour ». S’y ajoute la reprise des intensifs «tellement » et «très » qui donne un effet exagéré, hyperbolique à la scène. De même, les personnages n’ont pas de nom : « la très jeune fille », « la mère ». Néanmoins, la voix de la narratrice laisse penser qu’elle pourrait compter sa propre histoire : « je ne me rappelle plus si c’est de moi qu’il s’agit bien de quelqu’un d’autre. » Les contes sous-entendent l’annonce d’une fin heureuse, et c’est le cas ;  « les mots ont failli avoir des conséquences catastrophiques sur la vie d’une très jeune fille » annonce que quelque chose fera en sorte que les mots n’aient pas de conséquences. Le mot  « failli » nous l’indique.  La première scène met aussi en évidence une morale,  une leçon à tirer écrite avec un présent de vérité générale : «  les mots sont très utiles, mais ils peuvent aussi être très dangereux. Surtout si on les comprend de travers. » Pourtant, s’il adopte certains codes du conte, le texte se présente aussi comme un texte de théâtre : un monologue et un échange de répliques entrecoupées de didascalies. Aussi, les limites traditionnelles de la scène sont respectées car la didascalie « il entraîne sa fille vers la sortie », soit la sortie d’un personnage, clôt la scène 2. Le genre du conte est donc associé au genre théâtral.

         L’exposition dessine c’est un mélange de tragédie de comédie. Pommerat mêle d’abord les registres de langues et un comique de situation avec le malentendu au sens premier entre la mère et sa fille : « excuse moi, j’entends pas maman ce que tu dis. » S’y ajoute un comique de répétition fondé sur le quiproquo, procédé traditionnel de la comédie : «  envie de dormir/je vais bientôt mourir » ; «  je vais m’en aller/t’es fatigué » ; «  pour toujours/tu dors le jour ». Mais le comique prend une dimension tragique car il y est question de la mort de la mère ; la très jeune fille est alors prise au piège du deuil et de la culpabilité. Depuis le début on savait cependant que la scène serait tragique, car « la mère de cette très jeune fille était atteinte d’une maladie mortelle. » La tragédie et la comédie sont donc étroitement liées, car dans une même scène et même une réplique on retrouve les deux dimensions. Pommerat crée aussi un comique de caractère avec une très jeune fille qui est « presque une enfant » au moment de la mort de sa mère. Donc un être innocent, parfois têtu qui veut souvent avoir raison. Grâce à un mélange équilibré des gens et des registres, Pommerat parvient à mettre en scène un conte aux tonalités différentes.

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