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Education citoyenneté

Dissertation : Education citoyenneté. Recherche parmi 240 000+ dissertations

Par   •  16 Avril 2019  •  Dissertation  •  1 295 Mots (6 Pages)  •  91 Vues

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L’éducation à la citoyenneté reçoit un intérêt croissant ces dernières années, jusqu’à être définie par l’Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture comme l’un de ses principaux objectifs en matière d’éducation (UNESCO, 2015). Même si l’approche de l’UNESCO vise toutes les catégories d’âge, il semble intéressant d’étudier les pratiques de cette éducation chez les jeunes en particuliers car ils représentent les citoyens de demain. Mais comment les pratiques d’éducation à la citoyenneté affectent-elles les jeunes ? Ce travail se veut répondre à cette question à travers l’analyse de deux textes particulièrement intéressants pour le sujet. Le premier, celui de Becquet publié en 2013 qui s’intitule, « Analyser la contribution d’un dispositif public à la socialisation politique des jeunes : L’exemple du service civil volontaire en France ». Dans cet article, Becquet base son analyse sur les résultats d’une enquête au sein de l’association Unis-Cité regroupant des volontaires âgés de 18 à 25 ans en 2008-2009. Le deuxième, celui de Dostie-Goulet et Guay publié en 2013: « La politique positive : un levier pour susciter l’intérêt envers la politique chez les jeunes. »  Les auteurs se penchent sur les résultats d’une enquête auprès de 700 jeunes montréalais issus de quatre écoles secondaires de la ville en 2008. Le travail consistera d’abord à analyser les effets des pratiques d’éducation à la citoyenneté sur les connaissances, représentations et orientations politiques des jeunes et ensuite, à analyser les effets de ces pratiques sur l’engagement politique des jeunes.

 La qualité de la formation aux valeurs civiques, a un effet sur les connaissances politiques des jeunes mais moins voire nul effet sur leurs représentations et orientations politiques. En sociologie, la citoyenneté est polysémique se référant autant à un statut de reconnaissance national qu’à un ensemble de pratiques telles que le bénévolat, la participation à des partis politiques ou à des mouvements sociaux (Forest, 2018). Ces pratiques découlent d’un long processus de socialisation que Becquet définit comme « la transmission de compétences politiques, à savoir les connaissances, les préférences et les pratiques nécessaires à l’exercice du ‘métier’ de citoyen. » Mais elle peut s’étendre « aux droits et devoirs résultant du statut de citoyen » et aussi à « d’autres dimensions comme l’engagement ou le vivre-ensemble. » (Becquet, 2013, p. 39-40). Un des dispositifs utilisés par l’association Unis-Cité est la formation aux valeurs civiques. Le terme « valeurs civiques » ici fait référence aux « qualités morales » dont les citoyens devraient avoir à travers « la légitimation et l’inculcation de connaissances et de comportements normés. » (Becquet, 2013, p.50) L’association Unis-Cité privilégie une méthode de formation active qui intègre le vécu et l’expérience des jeunes. Aussi, le contenu des modules de formation se base non seulement sur la transmission de connaissances mais aussi sur les réflexions et échanges sur les « représentations sociales et leur inscription dans la vie quotidienne. » (Becquet, 2013, p.53). L’analyse des questionnaires post-expériences, montre que la formation permet non seulement aux jeunes de renforcer leurs connaissances sur les institutions et d’améliorer la compréhension des faits sociaux, économiques et politiques mais aussi d’acquérir un regard critique ce qui est indispensable à la construction d’un citoyen (2013). Cependant, cette acquisition de connaissance ne va pas nécessairement modifier leurs comportements voire leurs représentations vis-à-vis de ces institutions notamment en ce qui concerne la confiance. En effet, il ne suffit pas de connaitre mieux le fonctionnement d’une institution pour en voir une représentation plus positive (Becquet, 2013). Enfin, la formation citoyenne a peu d’influence sur les orientations politiques des jeunes. En fait, les résultats de l’enquête montre que les jeunes maintiennent leur position initiale qu’ils soient déjà positionnés pour un parti politique ou ne soient pas du tout positionnés ou ayant refusés de se positionner avant l’expérience (Becquet, 2013).

L’expérience associative vécue et la construction sociale de la politique ont une influence sur l’engagement politique des jeunes. Un autre dispositif utilisé par l’association Unis-Cité est les missions d’intérêt général où les volontaires sont assignés à la réalisation de plusieurs projets au sein de plusieurs types d’associations. Le résultat de l’enquête par questionnaire après l’expérience montre que la qualité et le déroulement des projets réalisés auprès de l’association entraîne une représentation positive de la vie associative et suscite l’envie de s’y investir chez les jeunes (Becquet, 2013). Cependant, seules les associations bénéficient de cet intérêt d’engagement. Les partis politiques et syndicats suscitent toujours de la méfiance. En ce sens, Becquet affirme que la « contribution effective [d’un dispositif de socialisation politique] varie en fonction des socialisations politiques antérieures qui ont déjà construit des représentations et des pratiques. » (2013, p.62) Cela pourrait vouloir dire que la représentation négative de la politique ou de l’institution  politique nuirait à l’engagement des jeunes. Dostie-Goulet et Guay nuancent cette vision. En effet, selon ces auteurs et d’après les résultats de l’enquête auprès des jeunes montréalais, la vision négative, qui est souvent associée aux termes « conflit » ou « corruption », ne nuit pas forcément à l’engagement s’il y a intérêt. Cette position peut présumer une « posture de contestation associée à une volonté de changement » (2013, p.83). Par contre, l’absence d’intérêt combinée avec une forte vision négative réduit la probabilité d’engagement à quasi-nulle. Ces auteurs rappellent aussi l’importance de la construction d’une image positive de la politique. En effet, au-delà de l’intérêt qui représente un  important prédicteur de l’engagement, une vision positive de la politique (souvent liée aux termes « biens communs » ou « partage » ou « coopération ») peut avoir un effet non négligeable (2013). Cette image que font les jeunes de la politique est souvent façonnée par les agents de socialisation (école, médias, famille,…) qui ont un rôle déterminant dans l’intériorisation « des manières d’être, d’agir, de sentir et de penser » des individus (Denis et al., 2013, p. 93). C’est pour cela que Dostie-Goulet et Guay parlent de « construction sociale » (2013, p.73). C’est également ce qu’Emile Durkheim fait référence dans la notion de  « représentations collectives » qui renvoie aux « manières de voir, de comprendre, ou de vivre ensemble d’une société. » (Forest, 2018) Ainsi, la représentation que font les jeunes de la politique reflète la représentation faite de celle-ci par la société dans laquelle ils vivent.

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